La place des rock critics dans la chaîne du show business

Publié le par Daniel LESUEUR

La place des rock critics dans la chaîne du show business

Une prise de bec avec un ami journaliste m'a incité à me pencher sur l'importance des médias sur la carrière des artistes.

En règle générale, les rocks critics français sont boursouflés d'orgueil, persuadés qu'ils ont "fait" les stars du rock. Il n'y a rien de plus faux, les rock critics sont au contraire des parasites qui ont se sont engraissés sur le dos des artistes qu'ils sont persuadés d'avoir aidés à accéder à la notoriété.

La radio

Il y a 50 ans, lorsqu'il n'existait que Radio Luxembourg (RTL), Europe 1 et France inter (les deux autres, Monte Carlo et Sud Radio, n'étaient que des stations régionales), une poignée de programmateurs avaient indiscutablement un certain pouvoir. Lucien Morisse poussait sa maîtresse Dalida, et Daniel Filipacchi promouvait chaque semaine le "chouchou" de Salut les Copains. Mais ce temps-là est révolu : les grandes radios ont perdu de leur superbe et, d'ailleurs, pour nombre d'entre elles (Europe 1, RMC, etc.) ne passent plus de musique. A-t-on jamais entendu dire un programmateur de France musique qu'il avait "fait" Mozart ? Avec le paysage radiophonique actuel, on aurait du mal à croire qu'une radio de quartier du Plessis-Bouchard ou de Thonon-les-Bains a pu "lancer" Jean-Jacques Goldman ou Céline Dion. Avant la fameuse "crise du disque", les majors pouvaient "arroser" les rock critics, elles gagnaient tellement de fric que cela leur permettait de payer moins d'impôts. Mais en 2015, ils ne reçoivent même plus de disques gratuits en Service de presse. or s'ils avaient vraiment un impact sur le marché, on continuerait à les abreuver. Georges Lang, des Nocturnes de RTL, le confiait à David Baerst (tome 2 de Hexagone blues : cliquer ICI) :

- Maintenant on me demande de travailler avec rien, avec du vent. Je suis d’une autre génération et je pense que les gens qui écoutent de la musique sont sensibles à tout ce qu’il y a autour du son. Maintenant ce n’est même plus du son mais des fichiers, tout cela me fait peur. Personnellement je n’ai pas d’IPod, je ne sais même pas transformer un MP3 et je ne vais pas télécharger, ça ne m’intéresse pas. Il me faut un disque, déjà que le cd est réducteur, petit, que le boîtier casse et qu’il faut une loupe lire les crédits.

Que les rock critics soient aujourd'hui délaissés par les maisons de disques est bien la preuve de leur vacuité... et de leur vanité.

La presse écrite...

La réponse est contenue dans le qualificatif : "écrite". à moins d'avoir une plume exceptionnelle, comment voulez-vous rendre compte de ce qui S'ENTEND par l'écrit ? Les majors qui ont encore un peu de pognon (ne pleurons pas trop sur leur sort : inventer le CD était évidemment une grosse connerie à moyen terme, mais à long terme c'était l'occasion exceptionnelle de revendre à prix d'or des fonds de catalogue qui ne se vendaient plus en vinyle)... Les majors qui ont encore un peu de pognon, dis-je, se contenteront d'acheter un encart publicitaire "Achetez mon disque" jumelé avec l'incontournable "Vu à la télé" mais ne se risqueront plus à les faire chroniquer. trop peur qu'on dise que c'est de la daube (tiens, à propos, le nouveau disque de Renaud... Y a eu une promo monumentale AVANT... mais depuis qu'il est sorti, quelqu'un a eu le courage de l'écouter ?).

Restent les fanzines...

Comme leur nom l'indique, ce sont des opuscules à très petit tirage (beaucoup, d'ailleurs, n'ont plus les moyens de réaliser un tirage papier). Alors, un canard qui tire à 50 exemplaires, il a vraiment les moyens de nous catapulter un nouveau PRESLEY, des nouveaux BEATLES au sommet des hit-parades ?

Publié dans musique, MEDIAS, radio

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