L’histoire du label de disques Tamla Motown (4)

Publié le par Daniel LESUEUR

L’histoire du label de disques Tamla Motown (4)

Durant dix ans, la force de Tamla-Motown fut son originalité et son punch. A partir de 1970, tout en restant de grande qualité, les productions ont perdu de leur couleur

Les seventies, certes, commencent bien avec « la » révélation fin de siècle, les Jackson Five du « petit » Michael Jackson. Mais au même moment Diana Ross quitte les Supremes, tirant un trait sur la fabuleuse carrière du trio. Simultanément le côté « pop sautillant » des tubes des années 60 (en « deux minutes 35 de bonheur) fait place à des morceaux beaucoup plus longs, davantage destinés aux boîtes de nuit qu’aux radios. Des titres comme « Get Ready » de Rare Earth peuvent durer un quart d’heure voire vingt minutes. Or, Tamla se consommait dans l’urgence de chansons courtes et percutantes.

Les Temptations, de la soul psychédélique

La nouvelle orientation du groupe avait de quoi surprendre : avec « Ball of confusion » (n°3 aux Etats-Unis en 1970) le groupe se transformait profondément. Au moment où nous écrivons ces lignes, et malgré le décès de la plupart des membres fondateurs, le groupe (fondé en 1961) a publié son 48ème album ! Ils s'appelaient en 1959 les Distants ; au moment de signer pour Tamla, ils optèrent pour les Elgins... mais le nom était déjà pris par une autre formation. C'est un certain Bill Mitchell qui trouva "Temptations".

Les Supremes chantaient “Stop In The Name Of Love”.

On ne sait pas vraiment si c’est au nom de l’amour, mais les Supremes… stoppent ! En cinq ans, les Primettes se sont transformées en une machine à tubes grâce aux compositions et à la production Eddie et Brian Holland et de Lamont Dozier. Et grâce à la personnalité de Diana Ross qui, finalement, ne chantait pas mieux que Florence Ballard ou Mary Wilson mais "collait mieux" au look de la jeune Américaine : Diana conserve une image de frêle jeune fille alors que ses consœurs ont déjà des voix de femmes mûres. Durant un an ou deux, le public assista à la transformation : d’abord « The Supremes », puis « Diana Ross with the Supremes » et enfin la séparation. Les Supremes sans Diana n’y résisteront pas. Quel gâchis, si l’on se souvient de leurs hits : "Where Did Our Love Go", The Happening” (n°1 aux Etats-Unis, le dernier présenté sous le nom générique de Supremes), "Reflections ", n°2 aux Etats-Unis) et surtout « You Keep Me Hangin' On », énorme succès de l’hiver 1966-1967.

Une curiosité…

En 1969 sort “Someday We'll Be Together” au titre évocateur. Bien que n°1 aux Etats-Unis en novembre, c’est le dernier de "Diana Ross and the Supremes", et il aurait dû être le premier disque en solo de Diana (d'ailleurs, c'est elle seule qui chante).

1969, Marvin Gaye eu top mondial

Avec « I heard it through the grapevine » Marvin ravit tous les suffrages. Ecrit et composé par Barrett Strong, enregistré une première fois par Smokey Robinson and the Miracles (mais leur version sortira... 30 ans plus tard), puis par les Isley Brothers. Mais il faut attendre 1967 et la version de Gladys Knight and the Pips pour que le titre grimpe au sommet du hit-parade américain, passant néanmoins totalement inaperçu dans le reste du monde. Cette conquête du reste du monde se fera en 1969 grâce à la version de Marvin Gaye, n°1 simultanément en Angleterre et aux Etats-Unis. Creedence Clearwater Revival en délivre une version étirée et langoureuse sur leur album “Cosmos Factory” (1970). En France, on découvre le titre bien plus tard : dans les années 80, l’interprétation de Marvin Gaye sert de support à la publicité pour les jeans Levi’s. Vu à la télé !

On fait du neuf avec du vieux

De nombreuses chansons de Tamla-Motown n’avait pas connu un succès immédiat, mais elles étaient réengistrées quelques temps plus tard par d’autres artistes-maison. C’est le cas de « Ain't No Mountain High Enough” que nous découvrîmes en Europe avec trois ans de retard : Ashford & Simpson composèrent le titre avec l'idée de le faire enregistrer par Dusty Springfield. En fait c'est Tammi Terrell qui l'enregistre, mais sa version reste dans les tiroirs ; c'est en duo avec Marvin Gaye que sort le 45 tours qui se classe 19ème aux USA mais passe totalement inaperçue dans le reste du monde... Reste du monde qui, en 1970, croit donc découvrir une "nouvelle" chanson lorsque Diana la hisse à la première place américaine et 6ème en Angleterre.

En 1970 s’ouvre une ère nouvelle

C’est l’année de la découverte des Jackson Five avec une brochette de hits : « ABC », « I want you back » et « The love you save ». Mais ce qui s’annonçait comme un renouveau est en réalité un début d’éclatement : les principaux artistes (Michael jackson, stevie Wonder, Diana Ross) vont voler de leurs propres ailes, fondant leur propre firme ou abandonnant totalement Motown : les millions de disques de michael Jackson étaient sur Epic, par sur Motown. Ce fut vraiment une mauvaise idée de la part de berry Gordy de quitter Detroit dans le Michigan pour s’installer au soleil de la côte ouest ! (à suivre en cliquant ICI).

Publié dans musique, COLLECTIONS

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