L’histoire du label de disques Tamla Motown (2)

Publié le par Daniel LESUEUR

L’histoire du label de disques Tamla Motown (2)

En 1965, Tamla Motown envahit les hit-parades

La firme américaine de soul-r’n’b accumule les succès internationaux

Durant quatre ans (1965-1968) le petit label devenu grand vendit des millions de disques… et les adaptations françaises avaient du mal à résister !

Sorti fin 1964, « Baby Love » par les Supremes séduisit enfin le public français. La version française d’Annie Philippe se vendit correctement, mais pas autant que la VO (Version Originale). Au bout du compte, le seul qui parviendra à rivaliser avec la VO sera Claude François… et également un certain Monty aujourd’hui un peu oublié. Survol des grands succès Tamla de cette période ô combien riche !

Un verre de whisky…

Concurrence déloyale : durant l’été 1964, « Je suis sous... » (en fait, « Je suis saoul ») est un gros succès populaire pour Claude Nougaro et Philippe Clay. Apologie de l’alcool. On est cependant surpris que le titre passe aussi fréquemment à la radio car « Un Verre De Whisky » par Monty (diffusé massivement par Europe n°1, dont certains annonceurs sont des marques de whisky) fait l'objet d'une interdiction de diffusion sur la radio d'Etat. Pour protéger la population de ce fléau qu'est l'alcoolisme ? Il semble plutôt que la demande émane des lobbies vinicoles français, par protection envers la boisson américaine plutôt que par souci de protéger la santé de nos concitoyens. Quoiqu4il en soit, Monty est grand gagnant part rapport à la VO de Marvin Gauye, « Can I get a witness ».

Dancing in the street (Martha and the Vandellas)

Cette composition de Marvin Gaye aujourd'hui sur toutes les lèvres faillit bien être condamnée à l'échec. L'interprétation du trio féminin noir Martha and the Vandellas, sortie une première fois en 1964, fut considérée à tort comme un appel à la violence : les Etats-Unis, en effet, connaissaient à l'époque d'innombrables émeutes raciales un peu partout sur le territoire, et une chanson engageant à "descendre dans la rue" incitait les programmateurs de radio à la plus grande prudence. Le véritable message, pourtant, est tout autre, comme s'en explique la chanteuse Martha Reeves : "C'est tout à fait au contraire que nous voulons inciter les foules. Notre message est clair : All we need is music, sweet music… Nous voulons que chacun descende dans la rue pour danser et fraterniser, et non pas se battre." Malgré la censure d'un certain nombre de stations radiophoniques, le titre se placera à la deuxième place des hit-parades américains.

Sa carrière était loin d'être achevée

Cinq ans plus tard, à l'occasion d'une vague de rééditions de 45 tours anciens et épuisés, "Dancing in the street", toujours dans sa version originale par Martha and the Vandellas, grimpe à la 4e place des hit-parades anglais en février 1969. Il lui avait fallu cinq ans pour traverser l'Atlantique ! C'est, depuis, un classique du rhythm'n'blues repris par d'innombrables artistes blancs : les Kinks, les Righteous Brothers, Grateful Dead, les Mamas and Papas, Van Halen et l'incroyable duo Mick Jagger - David Bowie.

1965 : les Miracles publient “Shop Around” et « You Really Got A Hold On Me".

Ces deux chansons n’ont pas séduit la France. Le premier a été composé en vingt minutes par Smokey Robinson à l'intention de Barrett Strong, qui avait eu un tube avec "Money". Le second, "You Really Got A Hold On Me", Smokey l’écrivit en s'inspirant de "Bring It On Home To Me" de son ami Sam Cooke. Le titre fut repris par les Beatles qui adoraient la production Tamla (George, particulièrement fan de Robinson, publiera "Pure Smokey" sur l'album "Extra Texture").

Sylvie Vartan et Claude François reprennent les Four tops

Les Four Tops sont un très vieux groupe est s’appelaient les Four Aims (constitués en 1954). Devenus les Four Tops en 1956, ils publient quelques obscurs 45 tours avant de signer pour Tamla en 1962. " I Can't Help Myself" n'est pas, en France, un tube immédiat : on le découvre grâce à la version de Sylvie Vartan, "Garde-Moi Dans Ta Poche", face cachée du EP "Par Amour, Par Pitié". Les tubes des Four Tops seront innombrables, leur carrière hyper-longue, et leur marque dans l'Histoire de la musique restera indélébile : le membre fondateur Renaldo "Obie" Benson (décédé en 2005) cosignera une partie de l'album "What's Goin' On" de Marvin Gaye. Mais la voix principale et légèrement éraillée des 4 Tops, c'était celle de Levi Stubbs (décédé en 2008).

Four Tops : It's The Same Old Song.. Et c'est la même chanson !

Au printemps 1967, Sylvie Vartan enregistre « Moi je danse » qui est l’adaptation de « It's The Same Old Song » mais Claude François aura encore plus de succès en 1971 avec des paroles différentes, plus proches de la VO : « C’est la même chanson ». Mais c’est surtout en 1967 que Clo-Clo passe sans cesse sur les ondes avec « J’attendrai », la reprise de « Reach out I’ll be there » un N°1 mondial pour les Four Tops fin 1966.

Reach out… dernier tube des Four tops ?

Un tube qui a bien failli, en effet, être le dernier : impressionnés par la voix de Tom Jones, Eddie et Brian Holland et Lamont Dozier se mirent à composer pour lui tandis que des tractations étaient conduites pour que Tom devienne chez Tamla. Mais sa firme d’alors, Decca, n'a pas plié. Si cela avait été le cas, c'est Tom Jones qui aurait enregistré "Reach Out, I'll BeThere", "Standing In The Shadow Of Love" et "Bernadette"... à suivre en cliquant ICI.

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