Cliveden et la dynastie des Astor : Bobbie Shaw et Bill Astor alias Sir William Waldorf Astor

Publié le par Daniel LESUEUR

Cliveden et la dynastie des Astor : Bobbie Shaw et Bill Astor alias Sir William Waldorf Astor

Dans le livre Sexpionnage à Londres, la City du crime désorganisé (cliquer ICI), on découvre une fascinante galerie de portraits : Christine Keeler, Mandy Rice-Davies, Mariella Novotny, Stephen Ward, etc. Tous ces personnages glauques de croisaient au début des années 60 à Cliveden...

Cliveden et la dynastie des Astor

Cliveden est un cottage enserré dans le domaine d’un château du Buckhinghamshire, dans la campagne de la vallée de la Tamise, à une cinquantaine de kilomètres de Londres. Un domaine dont hérita Bill Astor qui devint lord en 1952 et chef de famille en 1953 à la mort de son père...

La richesse des Astor, qui s’appelaient à l’origine Astorga, du nom d’un boucher espagnol qui avait émigré en Allemagne, avait été édifiée au cours du XVIIIè siècle. Le père avait envoyé ses fils faire fortune à l’étranger, et ils y étaient parvenus : deux étaient devenus facteurs d’instruments de musique à Londres, et le troisième les importait à New York.

Tout ce petit monde roulait sur l’or !

Au vingtième siècle, entre les deux guerres, Cliveden devint un fastueux lieu de rencontre et de plaisir et les aristocrates pardonnaient volontiers à Lady Astor ses prises de position en faveur du régime nazi. Le petit peuple, lui, n’appréciait guère ces gens « venus d’ailleurs » qui étalaient leur richesse devant eux avec un peu trop de complaisance. Les Astor recevaient simultanément à leur table 50 à 60 convives, dont des rois, des reines, des ducs et des duchesses, de riches industriels, des ambassadeurs, des acteurs et des actrices en vogue et des ténors du monde politique.

En 1945, Bill Astor avait épousé Sarah Grantley, fille d’un magnat du cinéma et amie de Kathleen Kennedy, soeur du futur président des États-Unis. Ils divorcèrent huit ans plus tard. Désavantagé par un visage poupin et plutôt disgracieux, Bill ne pouvait guère compter sur son charme pour tomber les filles.

Bill Astor avait un demi-frère, Bobbie Shaw. Il serait exagéré de dire que Bobbie était né sous une mauvaise étoile, mais, de la famille, c’était certainement lui le plus mal loti : né du premier mariage de Lady Nancy Astor, il n’aurait jamais accès aux droits de succession de la richissime dynastie de son beau-père... ni à la tendresse de son père, Robert Gould Shaw, un alcoolique pour qui il n’existait même pas.

Par réaction, sa mère le couvrit d’attentions. Trop, beaucoup trop...

Bobbie un jour en aurait marre d’être couvé et s’engagerait comme soldat lorsque la Première Guerre mondiale éclaterait. Dans les tranchées, il commença à perdre les pédales. En 1929, alors âgé de 31 ans, il fut radié de la compagnie royale des Horse Guards pour cause d’ébriété. Deux ans plus tard, il fit quatre mois de prison pour flagrant délit d’homosexualité. Il se suicidera peu après la mort de sa mère;

William Waldorf Astor dit « Bill » n’était guère mieux dans sa peau. Leur mère Nancy devenait en vieillissant de plus en plus possessive et de plus en plus méchante, l’addition des deux culminant à l’encontre des femmes qui s’approchaient de ses fils ; elle s’appliqua d’ailleurs à ruiner les mariages du second.

Malgré des études effectuées dans ces prestigieux établissements que sont Eton et Oxford, Bill en sortit timide, peu sûr de lui. Pour s’endurcir, il s’engagea dans la Marine royale au début de la Seconde Guerre mondiale. Ses aptitudes le firent verser au service du Renseignement.

Les liens de Bill Astor avec le monde du Renseignement étaient tout sauf ténus : sa première femme, Sarah Kathleen Elinor Norton, fut en grand secret traductrice à Bletchley, là où l’on décodait et déchiffrait les messages secrets allemands, et la deuxième, Philippa, était la fille du lieutenant-colonel Henry Hunlocke, agent du MI5 en poste à Jérusalem durant la Seconde Guerre mondiale (la troisième, Janet Bronwen Alun Pugh, qu’il épousa en 1960, était, elle, bien loin de tout cela puisqu’elle était mannequin et fut la muse de Pierre Balmain (à suivre).

Publié dans Histoire

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