Schnock, la revue qui décoiffe les moumoutes

Publié le par Daniel LESUEUR

Schnock, la revue qui décoiffe les moumoutes

Vite, courez acheter le n°16 qui vient tout juste de sortir.

Est-ce un livre ou un magazine ?

Si vous avez plus de 80 ans, il vous est déconseillé de vous abonner, ou alors mettez l'abonnement au nom d'un descendant. Ce n'est ni Spirou ni Tintin, il n'y a pas d'histoires à suivre, forcément : on sera mort avant la fin de l'abonnement !

Il était temps de réhabiliter les vieux, les vrais, pas ceux qui enfoncent leurs doigts dans les camemberts et les avocats pas mûrs et, en douce, se goinfrent de cerises dans les grandes surfaces en faisant semblant de les goûter... pas ceux qui doublent dans les files d'attente simplement parce qu'ils sont vieux alors qu'ils n'ont rien d'autre à faire de la journée qu'attendre.

Etre vieux n'est pas une question d'âge mais une question d'état d'esprit.

On peut être âgé et déborder d'humour.

C'est à ceux, de 27 à 87 ans, qui gardent le sourire que s'adresse "Schnock", et pas aux pisse-froid, quel que soit leur âge.

"On n'a pas besoin d'être vieux et con pour aimer Schnock ! En revanche on pourrait le devenir si on ne le lit pas", nous dit un lecteur de cet article.

"Rencontre du Troisième Age »

Radio France proposa « France Info Seniors : des seniors pas comme les autres », rubrique consacrée aux seniors « qui veulent rester actifs et entreprennent des démarches concrètes pour donner un sens à leurs vies ». Cela manquait d'audace et surtout d'humour. N'eut-il pas été plus grand public de proposer une rubrique consacrée aux seniors « qui veulent profiter de leur retraite pour être totalement inactifs et surtout ne rien faire qui puisse donner un sens à leurs fins de vies».

Jean Yanne, avant de mourir, (et, hélas, pas de rire), n'avait-il pas dit aux ambulanciers "Maintenant laissez-moi me reposer" ? C'est quand même plus vivant, ça a tout de même plus de panache que, dans une maison de retraite, s'endormir chaque après-midi devant l''Inspecteur Derrick (14h05, pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore).

Les insomniaques -elles sont rares- tiennent jusqu'à Julien Lepers (18h), mais c'est juste une affaire de libido.

France 3 fait beaucoup pour endormir la France profonde.

Vieux, mes frères, relevons la tête et comme dans la scène d'ouverture du Sens de la vie des Monty Python, transformons nos immeubles de bureaux en vaisseaux pirates.

Marre du jeunisme !

Les vieux -pardon, les âgés- d'aujourd'hui eurent de bons exemples à la tête de l'Etat :

- de Gaulle, vieux chêne qui avait fait la guerre...

- Giscard d'Estaing, qui jouait de l'instrument le plus vieux qui existe, l'accordéon...

- Pompidou, si vieux qu'il fit un quinquennat à l'époque du septennat.

Et brusquement, avant d'avoir un Président tombeur d'actrice, les âgés se retrouvèrent avec un président de la République tombeur de chanteuse, qui faisait du jogging en plein soleil les dimanches après-midi, quitte à en claquer ; de quoi nous faire regretter Churchill qui disait : "Quand j'ai envie de faire du sport, je retourne vite me coucher".

Bref, de quoi nous faire devenir un schnock, par réaction.

Comme le chantait Brassens, "quand on est con, on est con" ; ce n'est pas une question d'âge. Et quant à l'âge, qu'on remplace "troisième âge" par "sénior", c'est pas ça qui permet d'éviter les problèmes de prostate.

Mais on n'est plus sans défense ; le viagra et les lunettes permettent de continuer à pratiquer les activités physiques et intellectuelles. C'est de la seconde catégorie que nous parlons avec la mise en kiosque de ce magazine.

Ni rétrograde, ni passéiste...

Cette revue a pour mission d’explorer la culture populaire, au sens le plus large et d’en faire revivre aussi bien les œuvres les plus respectables (mais parfois oubliées) que les personnages les plus iconoclastes.

Pourquoi lancer pareille entreprise ?

Ses possibles lecteurs ont peut-être l’envie d’échapper à l’hystérie de l’époque en faisant un pas de côté, histoire de revisiter le passé en prenant son temps.

Leur slogan : "Nous aimons les «Schnocks»

Extrait de la présentation : Ces figures d’un autre temps sont forts en gueule, élégants débraillés, râleurs en boucle, maltraitant la bienséance et une certaine idée du «bon goût», s’affranchissant des modes et de l’air du temps. Ce sont, à un moment où nous-mêmes commençons à subir les ravages du temps et à cultiver avec délice une certaine morgue à l’encontre des générations qui nous succèdent, nos «résistants» à nous…

Est-il est possible de tourner le dos au jeunisme qui nous entoure, sans devenir des vieux c… pour autant ?

On a beau avoir notre mort en ligne de mire, ça n'empêche pas d'avoir envie de rigoler. On a l'âge de son cerveau, pas de ses artères.

Si le canard vaut le coup, ce sera 14,50 € de moins pour nos héritiers.

Publié dans MEDIAS

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