Les débuts de Queen et Freddie Mercury (live 13-9-1973)

Publié le par Daniel LESUEUR

Les débuts de Queen et Freddie Mercury (live 13-9-1973)

On regrette le vinyle... N'empêche que, grâce au CD, à l'internet et au DVD, des collectionneurs ont pu faire ressurgir des documents que l'on croyait perdus à jamais. Des centaines d'enregistrements (audio et vidéo) que l'on croyait à jamais perdus car on pensait, à tort, qu'ils n'avaient été conservés par personne...

Il est à la fois fascinant et étrange d'écouter un concert de Queen dépourvu de "Bohemian Rhapsody", "We will rock you" ou "We are the champions" (à écouter en cliquant ICI)

Parmi ces documents, l'un des plus passionnants est celui qui tournait dans le milieu des collectionneurs sous le titre "Golders Green Hippodrome, London; September 13, 1973"

Il semble que ce soit le plus ancien témoignage live du groupe, au moins en bonne qualité sonore : c'est la B.B.C. qui l'enregistra à l'époque. Y entendre 5 titres de rock'n'roll (Stupid Cupid / Be Bop A Lula /Jailhouse Rock / Big Spender / Bama Lama Bama Loo) nous ramène aux tout débuts de Freddie Bulsara, dit Freddie Mercury ; en 1958, avec quatre amis (Derrick Branche, Bruce Murray, Farang Irani et Victory Rana), il monta son premier groupe de pur rock'n'roll, les Hectics, nom que la formation a inventé à partir de l'adjectif hectic aux multiples significations. La traduction la plus fidèle serait Les Survoltés, car hectic porte la notion de mouvement, d'excitation, ce qui semble bien correspondre à la personnalité de Freddie, que l'on peut supposer leader discret de la jeune formation.

Les Hectics se produisent autant que faire se peut, dans le cadre, notamment, de fêtes scolaires. Freddie se tient au piano et interprète les standards d'Elvis, Fats Domino ou Little Richard tandis que les filles hurlent comme elles l'ont entendu faire par les jeunes Américaines du milieu des années soixante.

À l'époque, Freddie est timide, discret et effacé {hectic signifie également rougi de façon naturelle, par exemple pour cause de timidité), au point d'être heureux de laisser la place à Bruce sur le devant de la scène. Ça changera…

1971... Freddie se débarrasse de son nom Bulsara, beaucoup trop exotique, et choisit Mercury. Dès lors, le phénomène Queen est sur les rails : le groupe publie ses premiers enregistrements (critiqués ou ignorés) en 1973. Fine mouche, et peut-être pas totalement confiant quant à l'avenir du groupe, Mercury publie un 45 tours, « I Can Hear Music », prétendument en solo bien qu’il soit accompagné par ses acolytes Brian May et Roger Taylor sous le nouveau pseudonyme de Larry Lurex. Impossible de ne pas voir dans cette entreprise l'intention, pour Freddie, de tirer la couverture à lui, et ce premier disque en tant que vedette à part entière conforte ceux qui le disent par trop arriviste et égocentriste.

C’est Freddie qui propose "Queen" comme nom pour la formation qu’il cofonde

Le terme Queen désigne aussi bien une reine qu'un travesti ; il adoptera d'ailleurs, au faîte de sa gloire, une tenue de scène "chic et choc" que son habilleuse Diane Moseley qualifia de "robe napoléonienne impériale" : un ensemble de soie, une cape de velours rouge à bord d'hermine, et une couronne ! On ne peut pas faire plus "queen". Le costume de Freddie pesait dix kilos. Seuls ceux d'Elvis, en fin de carrière, auraient pu rivaliser en pesanteur (autre point commun de "Queen" avec "le King" : le groupe loua son avion, le Lisa Marie - prénom de la fille de Presley - pour traverser l'Atlantique). Freddie aimait beaucoup les vêtements, le shopping en règle générale... et les œuvres d'art. Il se ruinait chez Asprey, Sotheby's, Christie's, Harrods ou dans la boutique londonienne du bijoutier Cartier. Il se rendait fréquemment dans les grandes galeries du monde entier, au Japon notamment

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