Les canons à eau, c'est QUE contre les Bretons... et les lacrymo, QUE contre les avocats ?

Publié le par Daniel LESUEUR

Les canons à eau, c'est QUE contre les Bretons... et les lacrymo, QUE contre les avocats ?

Nul n'a oublié la violence des répliques policières durant les affrontements qui ont eu lieu à NANTES en ce début d'année. Pourtant, de mémoire, ce n'était que des vieux pneus qui brûlaient. Peut-être auraient-ils pu être éteints de manière plus... "cool". Mais les lances à eau, également nommées canon à eau, ont fait leur preuve. Alors, pourquoi, en Isère, ne pas les avoir utilisées cette semaine pour éteindre ce qui, de plus, ne relevait pas de la manifestation qui dégénère, mais du banditisme et de l'émeute ? Le préfet et le ministre de l'Intérieur l'ont promis : les coupables seront punis... si l'on parvient à les identifier ; ça fait une belle jambe aux victimes ! N'eut-il pas été logique d'empêcher les malfaiteurs d'agir, plutôt que de laisser faire avec l'improbable espoir d'un jour les confondre ?

Pour qui a un "certain" âge, on se dit que nos forces de l'ordre sont en souffrance. Dans les années soixante-dix, votre serviteur se tapait 2 ou 3 contrôles d'identité par jour en raison de la longueur de ses cheveux. C'est vrai que nous, les baba cool, on n'était pas bien effrayants, on ne faisait pas peur aux forces de l'ordre.

C'était l'âge d'or des forces du maintien de l'ordre... puisque, d'ordre, il n'y en avait pas véritablement à maintenir, après mai-68. En 1944, De Gaulle avait inventé les CRS qui, peinards, passaient alors leurs journées dans les cars à jouer aux cartes et boire de la bière dans les beaux quartiers de Paris, un temps chauds (Boulevards Saint-Michel et saint-Germain) et pour se dégourdir les jambes, emmerder de temps à un autre ces tapettes, ces pédés de hippies ... haro sur le cheveu long . Ah, c'était l'bon temps, 1970 !

Et quarante-cinq ans plus tard, ces "forces de l'ordre" qui ne peuvent plus aller en toute liberté dans de nombreux quartiers sous peine d'être caillassés, ne sont plus que "faiblesses de l'ordre" : le gourou n'a pas tenu sa parole de nettoyer tout ça au karsher. Mais 'faut bien justifier ses appointements : les hippies non-violents étaient faciles à humilier, de même qu'aujourd'hui, à Toulouse, furent faciles à réprimer les avocats, gazés au lacrymo. C'est pas bien glorieux ni courageux, tout ça...

Manque de moyens, vraiment... ou répartition des moyens incohérente ?

Un dispositif allégé devant les bureaux de Charlie Hebdo, une petite escouade pépère en observation en Isère... et un déploiement de force grotesque et barbare à Toulouse (on a vu une avocate à moitié étranglée, évènement que La Dépêche qualifie de "légères échauffourées" : cliquer ICI)

J'invite ceux et celles qui liront cet article à temps de visionner l'émission C dans l'Air du 22 octobre en rediffusion : il est clairement expliqué que la passivité des forces de l'ordre n'était pas sans rapport avec le fait que les émeutiers pouvaient être armés. De la part d'un simple quidam, c'est la plus élémentaire prudence. De la part de ceux qui ont pour mission de faire respecter l'état de droit, certains pourraient trouver cela pleutre... quand on voit le traitement infligé à d'autres. C'est vrai que des avocats, eux, ils ne doivent pas être armés ; des mecs en robe, ça fout pas la trouille...

Publié dans Société et modes

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