La santé de l'édition culturelle en France en 2015. Première partie : la Bourgogne

Publié le par Daniel LESUEUR

Madame VAILLANT... qui restera fidèle aux Salons du livre
Madame VAILLANT... qui restera fidèle aux Salons du livre

Le monde de l'édition se porte-t-il bien en 2015 ? Pour le savoir, un petit retour en arrière s'impose (nous décortiquerons dans un prochain article, celui paru dans Paris Match du 16 novembre 2006 : Gallimard y décrétait qu'il y "ayait trop de petits éditeurs en France"... mais a-t-on déjà vu un boutiquier ne pas se plaindre d'une concurrence légitime qui rogne son chiffre d'affaires ?). En effet, la France, longtemps réputée comme un pays de râleurs (ce qui, finalement, n'est pas si mal que ça, ça prouvait que les Français avaient de l'énergie ! ) semble devenu un pays de geignards et de plaintifs.

... à trop bénéficier d'aides de toutes sortes depuis près de 35 ans (RMI, subventions, emplois aidés, etc) tout un chacun, de l'intermittent du spectacle au PDG qui pleure lorsqu'il n'a pas son parachute doré, tout le monde se plaint. Et pourtant tout le monde est toujours là !

L'une des recettes les plus efficaces pour s'en sortir, on l'a complètement oublié, consiste à... bosser, mouiller sa chemise, souvent pour une poignée de cacahuètes mais, lorsqu'on aime son métier et qu'on y croit, mieux vaut continuer à le pratiquer, certes parfois dans des conditions difficiles mais avec l'espoir de jours meilleurs, plutôt que... s'allonger par terre, pleurer, attendre la mort et les subsides de l'Etat... et faire chier tout le monde !

Des exemples concrets

Les récents salons du livre de Migennes et de Monéteau (Yonne), fort bien organisés, ont malheureusement imposé une évidence : le public, même lorsqu'il vient nombreux, n'achète pratiquement plus aux éditeurs. La baisse du chiffre d'affaire est cette année monstrueuse. Faut-il pour autant cesser de fréquenter les Salons qui, c'est évident pour de nombreux éditeurs, ne sont plus rentables et même, dans certains cas, sont très nettement déficitaires. Autour de nous, deux éditeurs :

- les éditions VAILLANT, présentes en permanence en Bourgogne, en Bretagne, sur la Côte d'Azur, à Paris... et dans toute la France :

"Oui, il faut continuer à être présent dans les salons, même si c'est à perte : un Salon du livre, c'est une vitrine, et si l'on n'y va plus, on perd une place qu'on n'est pas sûr de retrouver... Et aussi parce que leur objectif est d'accueillir le public de façon agréable et efficace -ils sont aussi là pour cela- et dans l'espoir de le fidéliser en attendant les jours meilleurs, ceux des achats. Dans ce même cadre, la maison d'éditions s'active à mettre en place des événementiels tels que concours de poésie, livres collectifs ou distribution de plaquettes gratuites (à Paris : Salon Russkaya Literatura) malgré les frais et le travail supplémentaire que cela implique".

en un mot comme en cent, résister, ne pas baisser les bras.

- Les Editions de Bourgogne, elles, au contraire ont pris la décision de plier bagage, à regret, on s'en doute, et elles l'expliquent fort bien :

" Ce fut une belle aventure ! Fondées en 2005, les Editions de Bourgogne ont contribué pendant dix ans, à l'aune de leurs moyens, à animer la vie éditoriale et littéraire bourguignonne. A raison de trois à quatre publications par an, nous avons édité des livres de qualité, écrits par des auteurs talentueux, et nous en sommes très fiers. Certains de ces ouvrages ont été des succès à l'échelle de la Bourgogne. Voir tous ces livres disparaître est évidemment un crève-cœur, et une perte pour le patrimoine culturel bourguignon. Mais sans aide extérieure, hélas, une petite maison d'édition régionale ne peut plus vivre de sa seule production. Les imprimeries ferment, les points de vente se raréfient (sept librairies dijonnaises ont disparu depuis sept ans), les salons du livre disparaissent...

Le monde change. La bataille pour le livre continue... et notre série d'articles aussi (à suivre en cliquant ICI)

Publié dans Société et modes

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