Comme un avion sans ailes…

Publié le par Daniel Hubinon

Comme un avion sans ailes…

A Sherkhan.

Issue d’un père labrador et d’une mère berger des Pyrénées tu aurais eu treize ans dans quelques mois, avec ta tendresse, ta fidélité et ta rage de vivre.

Dès ta première année à nos côtés nous t’avons inscrite dans un club canin, pour des leçons d’éducation et d’obéissance, ou nous allions le samedi avec un bonheur partagé.

Tu y étais la star toujours à faire plus vite et mieux que les autres au point que le maître chien m’a souvent conseillé de persévérer pour te lancer dans les concours de dressage.

Pour moi tu étais plus heureuse lors de nos longues sorties en forêt que sur les podiums des compétitions.

Le temps a passé, trop vite, avec notre complicité dans le partage, et mes faiblesses… je n’ai jamais résisté à ton regard même quand "elle" te refusait une friandise, sous prétexte de quelques kilos en trop.

Ces dernières années, avec ton arthrose, nous partions moins souvent et moins loin.

Nos jeux au jardin et sorties au ruisseau pour aller chercher la fraicheur, par temps chaud, sont des souvenirs inoubliables malgré "elle" et ses réprimandes quand nous rentrions crottés et trempés.

Hélas l’été dernier, lors d’un toilettage, on a découvert une grosseur anormale sur ton flanc gauche... le vétérinaire a diagnostiqué une tumeur.

Il a déconseillé la chirurgie et prescrit un traitement pour te garder en forme sans douleurs.

Ces derniers mois je t’ai dorlotée et choyée à l’excès, sans doute, et nous avons continué à partager tant de merveilleux moments de complicité.

Début octobre tu as commencé à moins manger restant souvent couchée à l’ombre dans la fraicheur du jardin.

Nos séances de jeu sont devenues plus rares et plus courtes... et le 16 octobre la tumeur a eu raison de ta rage de vivre, couchée à mes pieds, tu est partie, sans t’en rendre compte, comme un bougie qui s’éteint heureusement sans souffrir.

De mes projets j’ai rayé celui de partir sur les chemins de Saint Jacques… il me serait impossible de le faire sans toi.

De la terrasse plein sud je vois, au loin, la forêt qui nous a vus tant de fois marcher et courir jusqu’au coucher du soleil.

Ton itinéraire préféré était le sentier escarpé pour monter du ruisseau vers la crête.

Je l’avais renommé "la route du ciel" en souvenir du Connemara.

Au dernier tournant avant le sommet le vieux chêne gardera, pour toujours, ton nom gravé dans son écorce.

Maintenant je sais que je n’y retournerai jamais.

"Tu viendra longtemps marcher dans mes rêves… toujours du côté ou le soleil se lève."

Comme un avion sans ailes…
Comme un avion sans ailes…
Comme un avion sans ailes…

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