James Brown : une vie et une mort hors-normes (2è partie)

Publié le par Daniel LESUEUR

James Brown : une vie et une mort hors-normes (2è partie)

James Brown : Une petite entreprise qui ne connaît pas la crise

Au plus fort du succès, James possédait trois stations de radio, un show télé, sa propre maison de disques avec un nombre impressionnant de sociétés d'édition musicale, et un avion. Il n'accepte d'être payé qu'en espèces, et se trimballe avec des valises bourrées de dollars, ce qui lui permet de graisser la patte aux animateurs radio des villes qu'il honore de sa visite. Le délinquant juvénile, en utilisant des procédés par toujours catholiques, était devenu en 1970 un multimillionnaire du disque.

Comment gagner des millions de dollars en quelques minutes ? Brown y était parvenu... mais il n'avait pas la recette !

« Sex Machine » avait été écrit en quelques minutes, un soir, à la fin d’un concert, au dos d’une affiche. Enthousiasmé par ce qu’il venait d’écrire avec Bobby Byrd, James se précipita au studio d’enregistrement. La même nuit, « Sex Machine » -dont le titre complet est « Get Up (I Feel Like Being A) Sex Machine » était achevé. Et il devint un tube mondial.

C’était indiscutablement le 45 tours de James Brown le plus funky d’une production fort riche au demeurant.

Mais Brown avait mangé son pain blanc

Avec l’arrivée progressive du disco, les disques funky se vendront de moins en moins. Malgré un rythme régulier d’un nouveau 45 tours tous les deux ou trois mois, aucun ne retrouve le succès de « Sex Machine ». Découragé par cinq années de vains efforts, James enregistre un remake de son tube, mais ce « Sex Machine 1975 » n’entre même pas dans le Top 50, pas plus qu’en 1979 la réédition de la version originale.

Pour compléter le tableau, il se retrouve à l’hôpital pour cause de surmenage, son fils aîné, Teddy, se tue en voiture, et le fisc lui réclame 4 millions et demi de dollars.

Alors qu’on le croyait fini, le grand public le redécouvre

Un miracle dû à son apparition cataclysmique dans le film des « Blues Brothers », en 1980. James était prêt, comme le Phénix, à renaître de ses cendres : on lui fait à nouveau d’intéressantes propositions.

La (nouvelle) chance de sa vie lui est offerte par le producteur Dan Hartman qui l’invite à enregistrer la chanson « Living In America » à destination de la bande originale du film « Rocky IV », quatrième volet de la vie du célèbre boxeur incarné par Sylvester Stallone.

1985 : Brown figure au Rock And Roll Hall Of Fame

Cette manifestation typiquement américaine rend hommage aux plus grands noms du monde du disque. Malheureusement (et bien qu'il se défende d'y avoir jamais touché), la drogue passe par là, et Brown rechute.

Il vit n’importe comment, ne respecte rien ni personne…

Il est arrêté plusieurs fois pour port d'arme, usage de drogue et nombreuses infractions au code de la route. Il fait la Une, non plus du hit-parade, mais des journaux à scandale A la fin des années 80, son épouse d'alors est elle aussi incarcérée pour détention de stupéfiants. Le procès donne lieu à des anecdotes inédites : l’avocat d’Adrienne réclame l’immunité diplomatique pour sa cliente, puisqu’elle est épouse d’ambassadeur (Brown, depuis des lustres, est qualifié par les médias “d’ambassadeur de la soul !”).

James dépasse les limites une fois de trop

Visiblement sous l'emprise d'une substance illégale, il investit, fusil à la main, un bureau voisin du sien. Motif invoqué : quelqu'un aurait utilisé ses toilettes ! Par bonheur, il ne tue personne, et c'est un miracle vu son état d'excitation.

Il prend la fuite en voiture. La police le rattrape, tire dans les pneus. Il roule encore quelques kilomètres sur les jantes avant de verser dans un contrebas. Brown, bien sûr, conteste les faits et crie au complot raciste. Mais cette fois il a exagéré, et il n'est pas sur une scène de spectacle. Son reality-show s'achève derrière les barreaux

Condamné à six ans de prison, on le libère au bout de trois.

A sa sortie, il n'a plus rien, même plus de maison de disque, alors que se multiplient les hommages à son encontre. Courageusement, il reprend la route pour continuer de présenter dans le monde entier un des spectacles les plus mégalo de l’histoire du rhythm’n’blues… et meurt en 2006. Mais son histoire chaotique allait continuer après sa mort ! (à suivre en cliquant ICI)

Publié dans musique, PEOPLE

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