James Brown : une mort hors-normes (3e partie)

Publié le par Daniel LESUEUR

James Brown : une mort hors-normes (3e partie)

Repos éternel ? Même mort, il continuait à faire jaser... à défaut de faire jazzer ! Décidément, rien ne pouvait calmer l'enfant terrible de la soul et du rhythm'n'blues, même pas de passer de vie à trépas. Mais de là à imaginer un tel pataquès après sa mort !

Retour sur les dernières années, peu brillantes, de James Brown…

1988-1991 : la case prison

A sa levée d’écrous, il reprend son bâton de pèlerin de la soul, portant la bonne parole soul sur scène aux quatre coins du monde sans pour autant décrocher de la drogue. Un parcours en zigzag, donc, entre périodes de concerts et cures de désintoxication. Avec évidemment, entre deux, de courtes incarcérations pour les motifs habituels, souvent conjugués : violences conjugales et détention de substances illicites.

Le show business ne l’a pas oublié En 2003 il enregistre un duo avec Michael Jackson (voir notre photo) et en 2005 avec les Black Eyed Peas. Cela constituera son testament artistique. Car…

Peu avant Noël 2006…

C’est son dentiste qui, le premier, s’alarme de l’état de santé du chanteur venu se faire poser un implant. Plutôt que l’opération programmée, le dentiste l’invite à consulter dare-dare un généraliste.

On est au soir du 23 décembre

Le 24, à l’hôpital, c’est une pneumonie qui est diagnostiquée. Et elle devait traîner depuis belle lurette : Brown toussait comme un perdu depuis son retour d’Europe en novembre.

Une fin banale pour une vie peu banale

Mourir d’une pneumonie, pour une star aussi déjantée, c’est à peine croyable. Brown doit toujours regretter d’être allé se faire soigner : alité, son état empire.

Il meurt le 25, juste après le passage du père Noël (1h45 heure locale).

Mais en cadeau il laisse à ses héritiers un sacré imbroglio : un testament rédigé prématurément

C’est en effet un an avant son dernier mariage et dix mois avant la naissance de son dernier enfant prénommé « James 2 » que Brown avait signé le document. Du coup, le rejeton n’hériterait pas, pas plus que son ultime épouse Tomi Rae Hynie… à moins qu’un coup de force soit tenté sous forme d’une plainte pour contester la validité du testament. Mais de leur côté les héritiers dans le document n’entendaient pas se faire dessaisir d’une part du gâteau et à leur tour portaient plainte contre les avocats du défunt chanteur.

Pendant ce temps-là, Brown n’était toujours pas inhumé !

Le cercueil resta plusieurs semaines dans une pièce à température fixe

Des échantillons ADN, en effet, devaient être prélevés afin de vérifier des paternités supposées. Brown fut finalement enterré le 10 mars 2007, près de trois mois après son décès. Mais la question de l’héritage n’était toujours pas réglée. Le dernier en date, en effet, faisait la part belle à des œuvres caritatives dont semblaient tirer parti ses avocats conseils. Or, en fouillant dans les affaires du défunt, ses enfants avaient retrouvé des testaments antérieurs dans lesquels il leur léguait toute sa fortune.

De là à suggérer que ses avocats avaient influencé Brown, il n’y avait qu’un pas…

Pas qui fut rapidement franchi : en décembre 2007 cinq des enfants de James Brown exigèrent l'invalidation de son testament. Néanmoins leur action fut sans effet et une très grosse part de l’héritage de leur père fut versée à l’organisation I Feel Good pour la scolarisation d'enfants défavorisés. Ce qui, somme toute, n’est pas si mal : juste retour des choses pour un gamin qui avait été abandonné et laissé à la mauvaise influence de la rue (pour en savoir plus sur tous les frapadingues de la musique populaire, cliquer ICI).

Publié dans musique, PEOPLE

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