Chantal Goya et Dorothée

Publié le par Daniel LESUEUR

Chantal Goya et Dorothée

Leurs fans de la première heure sont aujourd’hui quinquagénaires

Toutes deux ont consacré l’essentiel de leur carrière à chanter pour les enfants

Pendant longtemps la chanson pour enfants se résumait à la réédition chaque année du « Petit papa Noël » de Tino Rossi. Lorsque de nombreux Français commencèrent à disposer d’un tourne-disque, Anne Sylvestre et Annie Cordy enregistrèrent des disques spécialement à destination du jeune public.

Dernière étape : la télévision, qui fit de deux jeunes filles timides des stars du petit écran.

Chantal Goya

Chantal Deguerre est née au Viêt-nam en 1946, elle sort un premier 45 tours en 1965, "C'est bien Bernard" et passe à la télé pour l'interpréter... Miracle, elle attire l'attention de Jean-Luc Godard qui l'engage pour tourner dans Masculin-Féminin au côté de Jean-Pierre Léaud, mais également de Françoise Hardy, Marlène Jobert et Brigitte Bardot. C'est du cinéma-réalité, sans scénario véritable, et ça tombe bien car Chantal n'est pas une véritable actrice... ce qui ne l'empêche pas d'obtenir un prix d'interprétation. Elle n'est pas chanteuse non plus... ce qui ne l'empêche pas de faire toute sa carrière dans la chanson. A l'origine, elle voulait devenir journaliste : elle parlait parfaitement l'anglais, elle se voyait bien correspondante à Londres pour un journal de mode ou pour les teenagers, comme Mademoiselle âge tendre ou Salut les copains. Elle s'en ouvre à Daniel Filipacchi, patron des deux revues citées, qui voit plutôt en elle une future idole des jeunes. Idole des très jeunes, elle sera : sa rencontre avec Jean-Jacques Debout fut déterminante. Il est devenu son mari et son mentor, allant jusqu'à occulter sa propre carrière au profit de celle de son épouse pour qui il écrit et règle jusqu'au moindre détail ces contes à grand spectacle qui firent le bonheur des enfants dès le milieu des années 70.

En 2001, elle réenregistrait en anglais Bécassine c'est ma cousine, retournant au hit-parade vingt ans après la première version. Cette parfaite maîtrise de la langue de Shakespeare lui avait permis, alors qu'elle n'avait que seize ans, de tourner dans Charade avec Cary Grant et Audrey Hepburn, et faillit obtenir un rôle dans L'Etau de Hitchcock ; hélas, au moment du tournage, elle était enceinte.

Elle figure également au générique de L'Amour c'est gai, l'amour c'est triste de Jean-Daniel Pollet, et à celui des Gaspards de Pierre Tchernia.

Dorothée

Frédérique Hoschede est née à Paris en 1953. Enfant prodige, elle a dix ans lorsqu'elle se voit décerner le Grand Prix du Jury. Où ça, direz-vous... A l'Eurovision ? Que nenni. C'est beaucoup plus modestement à la fête de fin d'année de son école.

L'événement n'aurait pas eu la moindre incidence sur sa vie si, dans le public, ne s'était trouvée Jacqueline Joubert, la célèbre productrice d'émissions de télé. Ce n'est pas pour autant que Dorothée devient du jour au lendemain star du petit écran : il lui faut attendre trois ans avant que madame Joubert lui confie l'animation des Visiteurs du mercredi et de Réponse à tout. Sans tapage mais avec beaucoup de brio, Dorothée poursuit son chemin : elle a grandi, et en mars 1977 devient speakerine. Un an plus tard, elle prend les rênes du très populaire Récré A2. Et enregistre son premier disque, Dorothée au pays des chansons. Artiste complète, elle joue dans L'Amour en fuite de François Truffaut, où elle incarne l'une des nombreuses fiancées de Jean-Pierre Léaud. Elle décroche même un rôle important dans Pile ou face : Michel Serrault, amoureux de la jeune animatrice de télé (c'est elle) a-t-il poussé son épouse par la fenêtre ? L'impact de Dorothée sur le plus jeune public est sans cesse grandissant, et elle remplira aisément les fauteuils et les strapontins de l'Olympia en 1981. La grande fille espiègle vendra au total plus de dix millions de disques.

Publié dans musique, PEOPLE

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