Le 16 juillet sur Arte, "GOOD MORNING ENGLAND", la saga des radios pirates

Publié le par Daniel LESUEUR

De 1964 à 1967, une dizaine de radios pirates émettaient depuis la haute mer qui existent encore aujourd'hui grâce à l'internet. C'est leur histoire, certes un peu romancée, que vous proposera Arte le dimanche 16 juillet à 21h. Quant à l'histoire complète des radios pirates, elle est développée sur 400 pages dans le livre HISTOIRE DES RADIOS PIRATES, DE RADIO CAROLINE à LA BANDE FM (cliquer ICI).

L'avènement des Beatles, en 1963, avaient créé un vaste marché économique composé de millions de jeunes Britanniques de 8 à 25 ans. Les tubes du moment étaient écrits, composés et interprétés par et pour ces jeunes, qui disposaient d'ailleurs de leur propre presse, de leurs boutiques de vêtements, de leurs coiffeurs "pop"… et de leurs radios pirates. Cette vague créatrice, généralement assimilée, par facilité, au "Swinging London" (bien que née à Liverpool !), a déferlé, avec quelques mois de retard, sur le continent américain, prenant le nom de "British invasion". Impressionné par la réussite fulgurante de Radio Caroline et par l'important potentiel représenté par le marché radiophonique, un groupe de financiers nord-américains décide de se lancer dans la course…

Radio England / Britain Radio : un projet à risques

Les investisseurs américains considéraient, sans doute, que le gouvernement britannique ne prendrait pas le risque de condamner au silence des médias devenus aussi importants. Rétrospectivement, il serait facile de penser que l'entreprise était vouée à l'échec, ne serait-ce que du simple fait de son retard de deux ans sur la pionnière Radio Caroline et de l'imminence du vote du Marine Offences Act par le Parlement britannique. Mais, à l'époque, les promoteurs du projet Radio England / Britain Radio croyaient en lui. Sinon, pourquoi y auraient-ils investi un million et demi de livres sterling (soit environ deux milliards de nos centimes, somme colossale en 1966) ?

Le projet Radio England / Britain Radio est révélé le 20 avril 1966 aux Britanniques, au cours d'une conférence de presse durant laquelle les journalistes anglais se montrent particulièrement protectionnistes. Bien que les médias n'aient pas toujours été tendres avec les radios pirates, au Royaume-Uni, on préfère quand même les pirates anglais aux pirates américains ! Ainsi, le journaliste du Times n'hésite pas à demander à Vick et Nixon, les porte-paroles de la station, si, à leur avis, le public américain serait ravi d'accueillir une radio étrangère portant le nom de "Radio America" ! Il est vrai que la majeure partie des investisseurs sont américains ou canadiens ; cependant, certains, qui souhaitent conserver l'anonymat, sont britanniques. C'est le cas, notamment, de l'agence publicitaire Pearl and Dean.

Deux stations sur un seul navire

Swingin' Radio England diffuse de la pop music tandis que, s'adressant à un public plus âgé, Britain Radio cible une programmation essentiellement constituée de musique légère. Les programmes auraient dû commencer le 30 avril 1966 mais, à cette date, le M/S Olga-Patricia qui devait les héberger n'était pas encore arrivé de Miami où avait été effectuée sa transformation en navire émetteur.

Les émissions "test" ne commencent donc réellement que le 3 mai.

Britain Radio émet sur 227m et Radio England sur 355m.

En raison de plaintes déposées par le gouvernement italien, les deux stations permutent leurs longueurs d'onde ; Britain Radio, dont l'auditoire compte moins de "couche-tard" que Radio England, s'installe sur 355m, diminuant de trois-quarts, la nuit, sa puissance d'émission afin de ne pas interférer avec les programmes de la station italienne autorisée, Roma 2. 1000 bouteilles de champagne Le 19 juin 1966, une somptueuse réception est donnée au Hilton de Londres.

Mille bouteilles de champagne sont débouchées pour l'occasion.

La facture (qui ne sera pas payée !) s'élève à 10 000 livres. Chacune des deux stations étant dotée d'un émetteur de 55 kW, l'impact est immédiat dans toute l'Angleterre. Le M/S Olga Patricia étant ancré au large d'Harwich, seul le nord du pays ne reçoit pas convenablement les programmes de Radio England et Britain Radio. Mais un bon ancrage était-il suffisant pour assurer la réussite du projet ? Pour en savoir plus, cliquer ICI et pour écouter la station cliquer ICI.

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