Françoise HARDY : Comparez les VO et les VF des sixties

Publié le par Daniel LESUEUR

Françoise HARDY : Comparez les VO et les VF des sixties

Françoise HARDY, comme la plupart des yé-yés, elle aussi, à ses débuts, participait (à titre personnel, sans doute sans grande conviction) à la chasse aux adaptations de tubes étrangers. Italiens vers le milieu des sixties, anglo-saxons auparavant. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle avait été engagée par Vogue : non pas pour « Tous les garçons et les filles », titre auquel personne ne croyait, mais pour enregistrer une version française de « Uh oh » que le chanteur de rockabilly Bobby Lee Trammel avait écrit en 1958 dans l'anonymat le plus complet. Comparez la VO américaine (cliquer ICI) et celle de Françoise (cliquer ICI).

Nous vous proposons de comparer VO et VF ; à chaque vous vous cliquerez sur le texte pour écouter...

Pour certaines adaptations, le choix peut sembler évident : «L'Amour D'Un Garçon » (« The Love Of A Boy » deTimi Yuro et Julie Rodgers) ou même « Qui Aime-T-Il Vraiment » (« Your Nose Is Gonna Grow » par la voix androgyne de Johnny Crawford) ou bien la version passée totalement inaperçue de l'Anglaise Christine Quaite étaient plus ou moins dans le registre romantique de la grande Françoise.

Le plus étonnant est certainement qu'on lui ait présenté la partition de « A Wonderful Dream » des Majors. Ce n'est pas que la chanson soit mauvaise (au contraire) mais a priori rien n'est plus éloigné du style Hardy que ce titre qui devint en français «Je Pense A Lui ».

«It's gonna take me some time » de Connie Francis devient « On dit de lui »... et personne n'y trouve à redire tant notre Frenchie sait adapter son chant à ce titre sexy, la grande fille timide sachant se montrer fort langoureuse.

«Bad Boy » de Marty Wilde (6è en Angleterre, 45è aux Etats-Unis) devient « Pas Gentille ».

Et le très médiocre «I still love him » des Joys devient le fort peu convaincant « Pourtant tu m'aimes ».

Il existe véritablement une patte, une griffe, un style Hardy au point qu'à la première écoute, si réussie soit-elle, on reconnaît lorsqu'il s'agit d'une adaptation. Faites le test avec « Quel mal y a-t-il à ça ? » (« When I get through with you » de Patsy Cline)... "Dis-lui non" est moins bluesy que la VO par Bobby SKEL, "Say it now".

... Ou « C'est la première fois », version hardiesque de « Your tender look » popularisé par l'Anglais Joe Brown deux ans avant que Françoise ne l'enregistre à sa manière.

Force est de constater que les VO qui ont bien marché dans les hit-parades anglo-saxons lui passent sous le nez : du côté de Dusty Springfield, elle récupère l'inconnu « Once upon a time » qui devient «C'est le passé » mais c'est Richard Anthony qui grappille « I only want to be with you » (« À présent tu peux t'en aller »). C'est sans doute la raison pour laquelle, bientôt, elle va ratisser large en compagnie d'un célèbre arrangeur britannique, également compositeur de son état. Ainsi elle n'aura plus à subir aucune concurrence, pouvant même se payer le luxe d'interpréter le même titre en français « Je veux qu'il revienne ») et simultanément ou tardivement en anglais (« Only you can do it ») qui n'avait pas fait beaucoup de vagues dans la version des Vernon Girls.

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