Miles Davis (1926-1991), le gentleman du jazz

Publié le par Daniel LESUEUR

Miles Davis (1926-1991), le gentleman du jazz

Il respectait toutes les formes de musique, de la pop music au rap

Il vivait pour la musique mais il était également concerné par les problèmes raciaux et prit position contre l’apartheid

Les difficiles débuts de Miles Davis

Jazz, drogue et racisme font mauvais ménage

Il avait failli finir junkie. Un ascenseur lui sauva la vie. Et pourtant c’était un « Ascenseur pour l’échafaud » !

Précoce, Miles Dewey Davis III commença à jouer de la trompette à l’âge de dix ans.

Travaillant son instrument d’arrache-pied, il deviendra professionnel en 1942… donc à 16 ans. C’est la même année qu’il rencontre Irene Birth, sa première véritable petite amie qu’il épousera et dont il aura trois enfants.

Le « Laboratoire Davis »

Lorsqu’on établit la liste des grands talents qui ont été révélés par Miles Davis, on réalise que ses différents orchestres furent de véritables laboratoires. Pour mémoire, rappelons que Miles a découvert Cannonball Adderley, Sonny Rollins, Bill Evans, John Coltrane, Herbie Hancock, John McLaughlin, Wayne Shorter, Chick Corea, Tony Williams, Keith Jarrett… Tous ces musiciens ont ensuite monté leur propre formation. La liste serait trop longue à énumérer mais on ne peut pas passer sous silence Weather Report, Mahavishnu Orchestra, Return To Forever…

L’ouverture d’esprit de Miles Davis a créé la fusion des genres

Avant que Miles Davis s’emballe pour le courant pop vers 1968, un terme comme « jazz rock » était impensable. Les rockers ne s’intéressaient pas particulièrement au jazz, et surtout les jazzmen méprisaient le rock qu’ils considéraient comme un rythme bâtard ; d’ailleurs, lorsqu’il s’embarqua pour le Vieux Continent, il n’était pas question de lui parler d’autre chose que de jazz. Mais à Paris son esprit va grandement s’ouvrir.

Miles Davis et la France

Miles connaît bien notre pays puisque c’est en France qu’il a effectué en 1949 son premier voyage en dehors des USA afin de participer au Festival International de Jazz de Paris. Un voyage doublement culturel puisqu’il fait la connaissance de Sartre, Picasso… Boris Vian, évidemment, passionné de jazz. Et Juliette Greco dont il tombe amoureux. Elle va bientôt le retrouver aux Etats-Unis car le cinéma lui propose la conquête d'Hollywood. Ils envisagent de se marier (Miles aurait dû divorcer) mais elle décide de mettre fin à leur relation, non pas faute d’amour, mais pour ne pas briser leurs carrières respectives : la société américaine n’accepte pas de voir une femme blanche avec un homme noir.

Le racisme

De ce séjour en France, Miles retient que notre pays est moins raciste que le sien. C’est le début de sa lutte pour l’obtention des droits pour les Noirs.

La dépression

Il avait déjà touché à l’héroïne. De retour aux States, sa séparation avec Greco et son éloignement du milieu culturel qui l’avait fasciné à Paris le font replonger dans la drogue. Et cette fois c’est la descente en enfer.

Il abandonne sa femme et ses enfants, sa maison est saisie, il fait le proxénète pour se payer ses doses de drogues… Faut-il préciser qu’il se retrouve en prison ? Retrouvant la liberté, il continue encore à se défoncer pendant deux à trois ans… Il se ressaisit lorsqu’il rencontre en 1953 la nouvelle femme de sa vie, la danseuse Frances Taylor, qui va devenir sa seconde épouse et qui l’aide à se débarrasser de son addiction.

Le jazz ? Oui, toujours…

Certes Miles joue toujours, mais en cet instant on pourrait croire qu’il n’est plus qu’un has been. D’ailleurs une opération à la gorge l’oblige à s’éloigner de sa trompette. Oui, vraiment, Miles Davis est un type fini… Or, contre toute attente, sa carrière va rebondir d’incroyable manière. Rebondir grâce à un ascenseur… mais pas n’importe lequel : en 1957, « Ascenseur pour l’échafaud » est le film qui va jouer la carrière de Miles Davis à quitte ou double…

Publié dans musique

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