L'avenir de la chanson française passe par les îles

Publié le par Daniel LESUEUR

L'avenir de la chanson française passe par les îles

En ce début de troisième millénaire, la chanson française que nous qualifierons de « traditionnelle » semble s’ennuyer (franchement, quelqu'un attend-il vraiment le prochain disque de Renaud qu'on essaye de nous vendre avant qu'il soit sorti, peut-être par peur du résultat ?) tout autant que le rock et le rap, courants musicaux qui, par essence, se doivent pourtant d’être enthousiastes sinon hargneux. En contrepartie, l’avenir de la chanson française semble bien devoir passer par le zouk qui s’est aujourd’hui élevé à un niveau de production remarquable, à la hauteur des meilleurs singles anglo-saxons.

Perle Lama, dont Jocelyne Beroard, de Kassav’, dit d’elle qu’elle est sa fille spirituelle, tire son épingle du jeu avec des CD passionnants (Perle etc en 2003 et Mizikasoleil en 2006). Sublime dans Emmène-moi avec toi, cette jeune Antillaise a déjà du métier à revendre : sa première apparition en public, à l’âge de quatorze ans, la conduisit à gagner l’enregistrement d’un premier album, Challenger, qui se vendit à 20 000 exemplaires malgré une distribution restreinte. Un extrait (Akwarel la tsé taw) obtint le Prix SACEM du meilleur zouk de l’année 2000.

Après Perle Lama c’est l’embarras du choix entre rap, charme, r’n’b et reggae :

- Rap (en 1999 Lady Laistee publia l'album Black mama duquel est extrait le single Et si...? une pure merveille susceptible de faire apprécier le rap français aux plus réfractaires)

- Charme (Les Déesses, qui méritent pleinement leur pseudonyme-générique)

- R’n’b (Shy'm, Mes fantaisies, Si tu savais...)

- Reggae (Louisy Joseph et son excellent Mes insomnies).

Nos sœurs de couleur sont prêtes à prendre la relève : Tina (Je t’aime quand même), Imélie Monteiro (Notre amour sonne faux) et surtout Jocelyne Labylle. Née en Guadeloupe en 1973, elle se retrouva n°1 en 2003 avec Laisse parler les gens. Il y a fort à parier, à l’écoute de ses dernières publications, que Jocelyne laissera une forte empreinte dans l’histoire de la chanson française. Elle a par ailleurs publié l’une des meilleures chansons de ce début de millénaire accompagnée d’un clip très émouvant, Je reconnais, tourné dans un cimetière (à regarder en cliquant ICI. Une grande dame, Jocelyne !

Publié dans musique

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