Internet fait exploser le prix des disques vinyle !

Publié le par Les auteurs libres

Internet fait exploser le prix des disques vinyle !

Pour certains amateurs éclairés, la traque des disques des années 60 a commencé… le 1er janvier 1970 ! Depuis, leur prix a été multiplié par cent

Est-ce un lieu commun de proclamer qu’il est plus prudent d’acheter un disque le disque de sa sortie ?

Aujourd’hui… c’est une évidence. Mais ce ne fut pas toujours le cas…

La pop music fait aujourd’hui partie de notre culture ; or il y a 40, 50 ans elle était méprisée par le plus grand nombre.

Retour sur les hauts et les bas d’une collection récente.

Années 60 : le mépris… le prix !

Face aux philatélistes, aux numismates, aux bibliophiles, les collectionneurs de disques ne pesaient pas bien lourd. Et… tant mieux : c’est entre le milieu des années 60 et le début des années 70 qu’on pouvait faire de bonnes affaires… de très bonnes affaires.

Au marché au puces, le vinyl était si méprisé qu’on ne l’exposait pas ! Il fallait se baisser, fouiller les « rougnes » ou s’agenouiller dans la poussière pour trouver des super 45 tours qui valent aujourd’hui une fortune.

Itinéraire d’un vinyle

Un super 45 tours, de Johnny Hallyday, des Beatles ou de n’importe qui était vendu, en magasin, 9,90 F (soit 1,60€). Mais qu’en faire lorsqu’on en avait marre ? L’amener au marché aux puces. Et comme personne n’en voulait, il était revendu 1F… soit au dixième de sa valeur initiale. Mais ça n’allait pas durer !

Nostalgie, quand tu nous tiens

Qu’est-ce donc que la nostalgie, sinon l’envie de posséder à nouveau ce dont on est séparé quelques années auparavant ? ça fonctionne parfois en amour, mais beaucoup plus souvent pour des objets plus matériels que charnels.

Et c’est là que le bât blessa : les nostalgiques des années 60 constatèrent bien amèrement qu’au début des années 70, hormis les Beatles, les Rolling Stones, Johnny Hallyday et –curieusement !- les Chaussettes Noires, rien d’autre n’était disponible chez les disquaires !

Or, le 1er janvier 1970, un certain …. Daniel Lesueur avait annoncé sur Europe 1 qu’il inaugurait le Club des Années 60 destiné aux nostalgiques. Un premier regroupement d’allumés qui, chaque week-end et parfois la semaine, écumaient les magasins de soldes (car les dépôts-vente n’existaient pas encore).

Mais lorsque cent personnes recherchent la même chose, ça met la puce à l’oreille des vendeurs et les prix montent !

Durant toutes les années 70 et jusqu’à l’apparition du CD en 1982 les collectionneurs avaient une tête d’avance sur les labels de disques qui rééditaient au compte-goutte. Des magasins spécialisés dans le disque ancien remplacèrent progressivement le disquaire « traditionnel », en voie de disparition en raison de l’arrivée de grandes surfaces du disque : FNAC, Virgin… et d’autres aujourd’hui disparues : Nuggets, Pygmalion, etc.

1980 : premiers salons du disque de collection

En dix ans, le prix des disques de vinyl n’a cessé de monter… mais de manière anarchique, « à la tête du client ». Cela devenait insupportable et les commerçants se regroupèrent pour tenter d’accorder une cotation à ces centaines, ces milliers de disques avidement recherchés. Et ils organisèrent des salons qui, hélas, n’eurent pas pour effet de faire baisser les prix car les emplacements étaient coûteux et les vendeurs devaient se « rembourser sur la bête ». Mais enfin, bon an mal an, on publiait des Argus du disque cohérents (Hallyday, Beatles, Dalida, Eddy Mitchell, etc.).

Cette fois, c’était sûr, les prix étaient stabilisés

Et non ! Personne n’avait imaginé l’internet ! Reflexe… irréfléchi, peut-être, mais bien humain : seul devant son ordinateur, face à une pièce rare convoitée et proposée en enchères, de nombreux collectionneurs craquent littéralement et payent certains disques jusqu’à dix fois leur cote.

Une folie qu’ils ne feraient dans un magasin, face à un vendeur malhonnête… malhonnête car il aurait l’impudence de vendre plus cher que la sacro-sainte cote.

Folies recensées

On évoque souvent le fameux disque des Beatles dit « aux sandwiches » : pas moyen de le trouver à moins de 6 000 € ; on se dit qu’il eut été raisonnable de l’acheter à 9,90 F à l’époque où personne n’en voulait. Mais les exemples sont légions : récemment est parti à 537 € un disque de la pianiste Geneviève Joy. Vous ne la connaissez pas ? Aucune honte, vous n’êtes pas le seul. Il est logique de penser que le fait que la dame venait de mourir à motivé un admirateur. Le même mois, un collectionneur monta jusqu’à 1910 € pour un vinyl d’Hallyday qui avait été mis à prix, au départ, à 1 € !

Publié dans COLLECTIONS

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