Coluche à la radio

Publié le par Daniel LESUEUR

Coluche à la radio

Sans Coluche, il n'y aurait pas eu de Ruquier.

Sans Coluche, Bouvard et ses Grosses Têtes ne seraient pas allés si loin dans la gaudriole.

Sans Coluche, pas toujours compris, Dieudonné, hélas, n'aurait peut-être pas dérapé.

Il se pose à Europe 1 en 1978

En hommage à Boris Vian, il reprend, pour titre de l'émission, celui de l'une de ses chansons, "On n'est pas là pour se faire engueuler".

Dès la première seconde, l'auditeur comprend que la planète a basculé :

"Vous qui écoutez Europe 1 parce que votre poste est cassé et que vous ne pouvez plus prendre RTL ou France Inter, bonjour !"

Dans Europe N°1, la grande Histoire dans une grande radio, Luc Bernard révèle que le trublion est payé 5 000 francs par émission, et demande autant pour son équipe. Une pige monumentale pour l'époque, mais justifiée : l'indice d'écoute est multiplié par trois ; en conséquence les recettes publicitaires affluent. C'est "un prêté pour un vomi", pour reprendre la formule de l'humoriste.

Difficile d'évaluer précisément son auditoire

La tranche horaire du milieu d'après-midi n'est pas la plus écoutée ; ils sont en tout cas plusieurs centaines de milliers de fidèles à boire ses paroles, et à en parler autour d'eux. Ca vaut une campagne d'affichage, pour lui qui a l'intention d'entrer en politique.

Rapidement lassé d'un exercice quotidien du micro, Coluche abandonne la station après huit mois de bons et loyaux services. Il y reviendra, après un court intermède sur RMC (deux semaines en 1980), un plus long sur RFM.

Fidèle en amitié, il assure, malgré le brouillage qui empêche la plupart des auditeurs de l'entendre, une émission régulière, "L'Humour continue pendant les travaux", sur la station de son ami Patrick Meyer qui avait, en partie à cause de lui, quitté Radio France ; malheureusement pour RFM, Coluche, à l'époque, n'est pas au meilleur de sa forme et la qualité de ses interventions s'en ressent amèrement.

Son grand retour sur les ondes d'Europe 1 s'effectuera en 1985 avec un titre prometteur : "Y'en aura pour tout le monde".

Choquer toujours davantage Sans rapport aucun entre les deux événements, il épouse Thierry Le Luron et fonde les Restos du Cœur : ancien pupille de la nation, il peut proclamer sans fausse honte "Je ne suis pas un nouveau riche, je suis un ancien pauvre".

Il est parrain de S.O.S. Racisme.

Passionné de moto (le seul truc qu'on ne lui pardonnera jamais), il fut détenteur du record de vitesse au kilomètre. Il s'apprêtait à déposer à l'Assemblée un texte de loi en faveur des plus défavorisés. Il n'était pas difficile de jeter le doute sur la véracité de son accident de juin 1986 : "Depuis sa candidature avortée à la Présidentielle, Coluche dérangeait", martèlent, depuis, ceux qui restent convaincus d'un complot.

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