Années soixante : Chanteuses étrangères ayant enregistré en français (2)

Publié le par Daniel LESUEUR

Années soixante : Chanteuses étrangères ayant enregistré en français (2)

Le disque, en 1960, est devenu une industrie florissante. Les marchés étrangers sont des espaces à conquérir. Nos artistes enregistrent en langue étrangère. En contrepartie, dans l'Hexagone, on presse des disques d'étrangers chantant en français. C'est de bonne guerre !

Pays-Bas

Anne Vanderlove, interprète de Ballade en novembre (1967), est née à La Haye en 1943, elle découvre la Bretagne à l’âge de huit ans, et compose ses premières chansons à douze ans. Passionnée de langue française, elle obtient une licence de lettres. A dix-huit ans, elle est professeur auxiliaire. Elle découvre le charme de l’Espagne, de la vie des beatnicks et des hippies auxquels elle se joint. Un guitariste de rue lui offre son instrument, c’est le déclic.

A la fin des années 90, elle se lie avec un brigand et se retrouve au banc des accusés pour complicité dans l’attaque d’une banque. L’artiste put prouver son innocence et évita la prison. Un bienfait pour la chanson d'expression française : Anne peut continuer à enregistrer des CD, souvent teintés de musique celtique : Bleus (1997), Escales (2000) ; l'esprit général de ses œuvres est la "mélancolitude" (c'est le titre d'une de ses chansons).

Anne Vanderlove n’a jamais plus retrouvé le chemin du hit-parade mais son talent est reconnu : elle est présente sur La Mort d'Orion, album de Gérard Manset.

Italie

Les interprètes italiennes sont nombreuses à faire l'effort de nous séduire ; celles qui recueillent le moins de succès s'abstiennent de s'acharner (Milva enregistre Milord, Mon Dieu, Et maintenant... Mina propose T'aimer follement... Rita Pavone n’enregistre qu’un seul 45 tours en français, Cœur, adaptation de son principal succès, Cuore) mais d'autres mènent une véritable carrière française en parallèle avec celle de leur pays d'origine. C'est le cas de Ornella Vanoni qui enregistre une douzaine de chansons dans notre langue. Plus fort encore, Gigliola Cinquetti publie un nombre impressionnant de disques en français dont certains s'inscrivent au hit-parade (L'Orage, 1969). Patty Pravo, troublante Italienne venue en France tourner un show télévisé pour Jean-Christophe Averty, enregistre à cette occasion une poignée de chansons en français (La Ville est ma prison, Le Poète, Nos jours gris, nos jours noirs, Détache-moi les bras et Non, je ne regrette rien).

Printemps 1963...

Les disquaires sont débordés de demandes. Qui chante donc Arrête, arrête, ne me touche pas ? C'est Patricia Carli. Il s'agit, non pas du titre, mais de la première phrase du seul et unique tube de sa carrière (en tant qu'interprète), Demain tu te maries. Patricia se nomme en réalité Rosetta Ardito ; elle est née à Toronto... pas au Canada mais en Italie. En janvier 1964, au festival de San Remo, elle gagne devant Paul Anka, Frankie Laine, Ben E.King, Gene Pitney et Milva. Hélas, le grand public, au lieu de plébisciter sa chanson Je suis à toi, préférera la version italienne de Gigliola Cinquetti. Après l'échec successif de ses 45 tours suivants, Patricia signera deux énormes hits : Oh lady Mary pour David-Alexandre Winter, et La Tendresse pour Daniel Guichard.

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