Pierre Perret, des tubes rabâchés et des bijoux insoupçonnés

Publié le par Daniel LESUEUR

Pierre Perret, des tubes rabâchés et des bijoux insoupçonnés

L'inoubliable auteur du Tord Boyaux est né à Castel-Sarrasin en 1934. Après son BEPC, se destinant à la musique et à la comédie, il s'inscrit au Conservatoire de Toulouse. Parallèlement, il apprend à jouer du saxophone. Grâce à un rôle comique, il sort premier du Conservatoire. Chemin faisant, il est révélé au grand public par une émission de télé en 1959.

Son premier succès s'intitule Moi j'attends Adèle. Mais la renommée, indiscutable, n’est pas encore au rendez-vous. Pour une fois, Eddie Barclay n’avait pas eu le… talent de reconnaître son talent. Il faudra attendre que Pierre change de maisons de disques pour que le succès éclate.

Il signe pour la firme Vogue en 1964, date à partir de laquelle toute la France se plie de rire en écoutant ses couplets ravageurs. On le classe rapidement "Georges Brassens comique". Au moment où tout semble bien parti pour lui, des problèmes de santé le court-circuitent deux longues années. Il met dans le mille avec quelques titres que vous n'avez sûrement pas oubliés : La Bérésina, Le Tord Boyaux et surtout les fameuses Colonies de vacances.

En ce début d'années 60, Pierre Perret a su conquérir un vaste public d'enfants et d'adultes avec des textes rigolos ou coquins. Il a trouvé son style. Ses chansons poétiques ou nostalgiques ne seront plus que des tubes de "remplissage", pourtant souvent splendides : Lily, Blanche ou La Cage aux oiseaux valent largement la gaudriole des Postières, des Baisers ou du Zizi. Passons en revue quelques-unes de ses chansons...

1962 : La Bérésina

Après cinq ans de publications infructueuses chez Barclay (dont deux albums 25cm rarissimes), Pierre obtient enfin son premier succès populaire. Mais celui-ci n'est rien comparé au prochain, "Le Tord-Boyaux", qui, comme tous les suivants, sera publié chez Vogue.

1966 : Les Jolies Colonies de vacances

Celle-là, on ne la présente plus ! En revanche, le grand public ignore que Suzanne Gabriello publia au même moment une parodie intitulée « Les Jolies Colonies De La France » et qui, comme son titre l’indique, évoque les relations entre la France et de nombreux territoires d’outre-mer.

1968 : « Tonton Cristobal » et « Les postières »

Aussi étonnant que cela puisse paraître, mai 68 n’a pas eu d’impact immédiat sur la chanson française. Pierre Perret, tout comme Sheila et Claude François n’ont pas dévié de la ligne qui était la leur depuis leurs débuts. N’empêche que quelques mois plus tard « Pierrot » dévoilait son côté obscur. On peut d’ailleurs s’interroger : lui déconseillait-on de chanter des chansons graves ? car il faut constater qu’il a attendu d’avoir monté son propre label de disques (Adèle) pour oser s’éloigner par instants du registre comique.

« Lili » et « Blanche »

Pour une fois, pas de gaudriole. On sait, à l’écoute de ces deux merveilles, que Pierre Perret peut se montrer tendre et même émouvant. « Lili » n'est pas Blanche, ni même blanche. L'artiste aborde le sujet du racisme, et ça ne prête pas à sourire. Un texte superbe, une musique à la hauteur. Lili, on aimerait bien la marier à Mamadou ("Mamadou m'a dit", de Béranger).

1971 : « Ouvrez la cage aux oiseaux »

Ce succès de Pierre Perret sera repris (à notre grand étonnement) en duo, par Julien Clerc et Maxime Le Forestier, à l’occasion des enregistrements bénévoles au profit des “Restos du Coeur”. Mais dès sa première publication, la chanson connut un vaste succès dans tous les pays francophones... sauf en Belgique : en cet instant, une loi y était à l'étude pour interdire le piégeage d'oiseaux, fort répandu sur tout le territoire. Un soir de concert, une bagarre éclate entre les admirateurs de Pierrot et ceux qui croyaient mordicus que sa chanson était à l'origine de cette future loi très impopulaire

1974 : « Le Zizi »

Ce cours d’éducation sexuelle en musique reste jusqu’à aujourd’hui sont plus gros succès : il en a vendu 5 millions d’exemplaires.

1976 : « Vaisselle cassée »

Une chanson véritablement destinée aux enfants (pas comme la précédente !)

Pour terminer, une anecdote…

Les admirateurs de Johnny Hallyday ne sont pas nécessairement fans de Pierre Perret. Et vice versa. C’est la raison pour laquelle les fans de Johnny se sont toujours demandé pourquoi le titre de 1984 de notre idole nationale portait un deuxième titre entre parenthèses : « Mon p'tit loup (ça va faire mal)”. Ce titre est l’adaptation d’un tube américain, “Betty Lou is goin’ out tonight”, par Bob Seger. Simplement parce que, à la SACEM, il existait déjà une chanson déposée sous le titre “Mon p’tit loup”. Elle était due à la plume de Pierre Perret.

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