Aliments irradiés

Publié le par Daniel LESUEUR

Aliments irradiés

Le but de l'industrie agroalimentaire devrait être de produire des aliments toujours plus sains. Mais ce n'est pas assez rentable. Mettre en « circulation » (le terme s'impose lorsqu'on sait à quels voyages grotesques et démentiels ils sont soumis avant d'arriver dans nos assiettes) des produits gonflés aux engrais, pesticides, colorants et conservateurs est beaucoup plus juteux pour l'ensemble de la chaîne, de Monsanto jusqu'aux routiers qui font accomplir un voyage de la Scandinavie à l'Afrique du Nord pour décortiquer les crevettes... pour les ramener ensuite en Europe du Nord.

Mais ce n'était pas encore suffisant : que faire des aliments qui risquent de dépérir ?

La solution : les irradier

Le terme est banni : le mot ionisation fait moins peur mais le résultat est le même. Irradier les aliments leur donne un aspect de fraîcheur tout en permettant de les conserver des mois voire des années. L'irradiation empêche les signes typiques de l'altération des aliments de se manifester (odeur, apparence), induisant ainsi le consommateur en erreur. Les dockers peuvent bien se mettre en grève 3 semaines, ce sera de la rigolade !

En Europe, l'irradiation est autorisée dans huit pays. En France, sont régulièrement irradiés : les volailles, les fruits et légumes secs, les germes et flocons de céréales pour produits laitiers, les oignons, l'ail, l'échalote, la farine de riz, les cuisses de grenouilles et les crevettes. Cette liste dépasse de loin celle de l'Union Européenne, qui se limite aux herbes aromatiques séchées, épices et condiments alimentaires.

Combattre le mal par le mal

"Pourquoi ionise-t-on les aliments ?" se demande leFigaro.fr (cliquer ICI).

Le froid (réfrigération, congélation) ne fait que stabiliser les produits en «endormant» les germes susceptibles de reprendre leur activité au réchauffement. Pour les détruire, il faut apporter de l'énergie au cœur de l'aliment à protéger, soit sous forme de chaleur (pasteurisation pour une destruction partielle, stérilisation pour une destruction totale), soit sous forme de rayonnement, c'est l'irradiation ou ionisation des aliments, technique développée vers 1970.

Cela fait donc 50 ans que l'on irradie des aliments

Des scientifiques et des associations alertent régulièrement le public sur les risques de cette pratique. L'ionisation des aliments dégrade leur qualité notamment en détruisant les vitamines (A, B1, C, E...) et structures vivantes qu'ils contiennent, et en faisant apparaître de nouveaux composés chimiques dont certains sont cancérigènes. Les cyclobutanones, par exemple, qu'on ne trouve pas dans les aliments non ionisés, et qui causent cancers et dommages génétiques chez le rat. D'autres composés toxiques tels les radicaux libres, le benzène, le toluène ... apparaissent aussi lors de l'irradiation des aliments. D'autre part, l'équilibre microbiologique de l'aliment est fragilisé, et des agents pathogènes peuvent se développer plus rapidement et proliférer puisque leurs "concurrents" ont été éliminés. L'ionisation est aussi utilisée pour masquer des manquements aux bonnes méthodes sanitaires. Or, elle est inefficace face à des contaminations par toxines, virus ou prions, qui peuvent dès lors se propager dans un environnement propice.

Pour en savoir plus, consulter le site lesmotsontunsens.com (cliquer ICI).

Publié dans consommation, santé

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