Billie Davis, mini-star des sixties

Publié le par Daniel LESUEUR

Billie Davis, mini-star des sixties

L'Anglaise Carol Hedges choisit pour pseudonyme Billie Davis en hommage à ses idoles Sammy Davis Jr. et Billie Holiday. Elle n’a eu qu’un seul tube dans sa vie ; ce n’est pas, comme on pourrait le penser, son adaptation de « L’Ecole est finie » (« School is over » à écouter en cliquant ICI. C'est aussi épouvantable que la version de Sheila) mais « Tell Him”, en 1963 (cliquer ICI), dont on connaît mieux la version des Exciters et surtout en France celle de Claude François, “Dis-lui”.

Son bonheur fut de courte durée : en tournée promotionnelle pour son disque suivant, Billie est victime d’un grave accident de voiture. Un accident lourd de conséquence : Billie dut rester hospitalisée tout un semestre, ce qui détruisit sa carrière jusqu’alors prometteuse. La mâchoire brisée, elle aurait été incapable de chanter. Et, pendant des mois, manger à la paille de la bouillie pour bébé c’est pas le rêve !

Plus grave –si c’est possible !- elle était, au moment de l’accident, dans la voiture de Jet Harris, le bassiste des Shadows, avait qui elle avait une relation cachée (Jet était marié). Mise au pilori sans pour autant le mériter : Harris était en instance de divorce.

A l’époque, on ne rigolait pas avec les mœurs. Billie, qui faisait la Une des tabloïds avec cet amour que réprouvait la morale, avait intérêt à se faire oublier dans son pays.

Elle s’embarqua donc dans des tournées internationales ; elle obtiendra notamment beaucoup de succès en Espagne avec sa version publiée fin 1969 en Grande-Bretagne du "Night In White satin" des Moody Blues (1967). Elle faillit renouer avec le succès en publiant le superbe « Angel of the Morning ». Une merveilleuse interprétation (cliquer ICI) mais le public n’était pas prêt et puis surtout les versions, toutes aussi réussies les unes que les autres, étaient trop nombreuses (P. P. Arnold, Merrilee Rush et Evie Sands). Encore que Connie Francis avait refusé de l’enregistrer, sinon c’est sans doute elle qui aurait gagné la partie.

A l’automne 1968, Billie ravive un tube des années 50, « I Want You To Be My Baby” (cliquer ICI) qui avait déjà porté chance aux Etats-Unis à Louis Jourdan, Lilian Briggs, Georgia Gibbs et Ellie Greenwhich. Inconnu en Europe, le titre pouvait y marcher. En effet, le 45-tours de Billie commence immédiatement une belle carrière en Angleterre... jusqu’au moment où l’usine de pressage de la firme de disques Decca se met en grève. Du coup, le public fut dans l’impossibilité de trouver le vinyl dans les magasins, et il ne monta pas plus haut que la 33e place du hit-parade.

Que reste-t-il aujourd'hui de la carrière de Billie Davis ?

Deux CD offrent un excellent survol de ses années sixties : "TELL HIM : THE DECCA YEARS" (20 chansons) et "WHATCHA GONNA DO : COMPLETE SINGLES 1963-1966" (28 chansons). Avec 48 chansons, le tour est complet de ses années 60. Reste à trouver ses enregistrements des années 70 et 80. Pour vous donner envie de découvrir cette chanteuse inconnue en France, cliquez ICI ; attention, il faut l'écouter 3 ou 4 fois pour réaliser qu'il s'agit d'une pure merveille. Après, plus moyen de l'enlever de la platine !

Publié dans musique

Commenter cet article