AMADEO GIANNINI :

Publié le par Daniel LESUEUR

AMADEO GIANNINI :

Amadeo Pietro Giannini est le fondateur de la Banque d’Italie américaine.

Malin comme un singe, il est parvenu, grâce à un incroyable concours de circonstances, à faire de sa petite Bank of Italy la redoutable Bank of America qui, en septembre 2008, fit l’acquisition de Merril Lynch pour la somme de 50 milliards de dollars.

Ses parents italiens, Luigi et Virginia, étaient arrivés en Californie pour participer à la Ruée vers l’or.

C’était dans le sang !

Fortune faite, ils avaient fait l’acquisition d’une vaste exploitation agricole près de San José. A la suite d’un différend avec un employé, Luigi est mortellement blessé. Veuve et mère de trois enfants à seulement 21 ans, Virginie se retrouve à la tête de la ferme.

Elle se remarie en 1880 avec un certain Lorenzo Scatena qui vient tout juste de monter sa société de gestion de biens. A treize ans à peine (il est né en 1870), à regarder prospérer son beau-père, Amadeo juge qu’il sera bien mieux courtier en bourse qu’à l’école… et en fait vite la preuve.

A 22 ans il épouse Clorinda Cuneo, la fille d’un riche banquier. Neuf ans plus tard, il devient administrateur exclusif des biens de ce dernier, notamment la banque Columbus Savings & Loan dont son beau-père détenait des parts et dont Amadeo est immédiatement nommé directeur.

En cette fin de 19è siècle, les banques sont réservées aux gens qui ont de la fortune

Le petit peuple, lui, n’y a pas accès. Giannini l’a noté et souhaite modifier cet état de fait. Il fait part à ses associés de son souhait d’ouvrir la Columbus Savings & Loan aux pauvres immigrants. Devant l’hostilité du conseil d’administration de la banque, il claque la porte et fonde la sienne, Bank of Italy, en 1904 dont le siège est dans un saloon de San Francisco.

Dès l’ouverture, les petits épargnants lui font confiance

Le premier jour, il engrange près de 9 000 dollars dont il s’engage à prêter une large part aux humbles et modestes travailleurs en fonction de leur courage, de leur honnêteté et de leur capacité à rembourser leur emprunt. En 1905, les dépôts vont dépasser 700 000 $.

Le 18 avril 1906, San Francisco est ravagée par un tremblement de terre

La ville est la proie des flammes. Giannini jure qu’elle renaîtra de ses cendres… et c’est bien de cela dont il est question dans le monde de la finance : les coffres-forts et les chambres fortes des banques ayant été sévèrement endommagés par la chaleur des incendies, les ouvrir trop tôt réduirait en cendres tout ce qui est à l’intérieur.

Les usagers vont devoir attendre plusieurs jours voire plusieurs semaines avant de pouvoir disposer d’argent liquide. Giannini a la chance de n’être pas dans ce cas de figure. Lui peut vider ses coffres et décide de porter leur contenu à l’abri dans la zone protégée de San Mateo, à une vingtaine de kilomètres de son ancien siège. Mais comment protéger le pactole d’une très possible attaque de pillards durant le transfert ?

Il loue une benne à ordures et cache les biens sous des immondices !

Il est quasiment le seul banquier à pouvoir alimenter ses caisses. Dans l’urgence, sans les consigner par écrit, il accorde des prêts conclus à l’honneur par une poignée de mains… et la plupart lui seront remboursés.

Dix ans plus tard (1916), Giannini avait ouvert un demi-millier de succursales de la Bank of Italy à travers tous les États-Unis.

En 1928 il était assez puissant pour proposer une fusion de son établissement avec la Bank of America sise en Californie. La crise de 1929 n’ayant eu sur lui aucun effet, il commença à se diversifier, investissant dans les vins californiens et dans le cinéma. Sans lui, Walt Disney n’aurait jamais pu réaliser Blanche Neige et les sept nains. Giannini mourut en 1949 après un parcours exemplaire. Ce portrait, et 150 autres, figure dans le livre "150 Biographies INSOLITES du 20è Siècle" (cliquer ICI)

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