Nina Van Horn, artiste hors-normes

Publié le par Daniel LESUEUR

Nina Van Horn, artiste hors-normes

Dans un livre à paraître courant 2015 ("Hexagone blues" par David Baerst) nous remonterons l'histoire du blues dans notre pays et irons à la rencontre de 130 bluesmen et blueswomen... dont l'ahurissante Nina Van Horn. Un personnage si riche, si diversifié qu'il est indispensable de lui consacrer une large place sur notre site via des extraits des interviews réalisées par David qui nous a en outre fourni un beau cliché de l'artiste live on stage... Elle est probablement la plus américaine des chanteuses françaises de blues. Son ouverture d'esprit fait qu'elle n'est pas QUE performer...

"Travaillant comme danseuse, j'ai beaucoup voyagé et, ayant rencontré un danseur, les choses ne se sont pas améliorées. Nous avons eu notre compagnie de chant et de danse. Nous avons fait de la danse russe aussi, tournant durant des années au Moyen Orient, en Extrême Orient, en Afrique et dans pas mal de pays d'Europe. Ensuite nous avons décidé de rester aux USA, voyageant dans tous les États pour faire des spectacles aussi bien dans des écoles, des Universités, des prisons (notamment la célèbre prison de Folsom, rendue célèbre par un concert de Johnny Cash qui s'y est déroulé, Nda), des Veterans Homes qui sont des grandes villes faites pour les anciens combattants du Vietnam et des autres guerres…

La route fait partie intégrante de ma vie et de ma mentalité. J'aime être sur la route car cela me permet de rencontrer des gens et de rester dans différents pays afin de les connaître autrement. La route c'est ma vie"….

Quel est ton souvenir le plus marquant ?

"La rencontre avec les anciens combattants du Vietnam, pour l'ancienne militante anti-guerre que je suis, a été très touchante. Rencontrer des gens qui ont votre âge et qui sont pour toujours en total décalage avec la vie normale, qui sont incapables de se réinsérer, de recommencer à vivre, tout simplement, avec leurs femmes et enfants car toutes les nuits ils se réveillent en criant…c'est terrible. Là on a vraiment senti qu'on leur apportait du bonheur… Au même endroit quand nous faisions nos danses et chants russes, des vétérans de la guerre de 45 sont venus nous voir, nous disant que cela leur rappelait le moment où ils avaient fait la jonction avec l'armée russe et qu'ils avaient passé une nuit formidable à chanter, danser, à mélanger le whisky et la vodka… C'est un homme brisé dans son regard et son allure qui m'a raconté cela et l'espace d'un moment il avait, à nouveau, un regard vivant, il revivait

Parfois la musique et le chant ce n'est pas simplement vouloir être connu et célèbre mais aussi apporter du bonheur. J'ai l'air de Sœur Sourire lorsque je dis ça mais le fait de voir quelqu'un qui est au fond du trou et de lui apporter de la joie donne un grand sens à mon métier" (voir aussi cet article :CLIQUER ICI).

Publié dans musique

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