Emitt Rhodes, colosse de la pop music, sort un album aaprès 43 ans de silence

Publié le par Daniel LESUEUR

Emitt Rhodes, colosse de la pop music, sort un album aaprès 43 ans de silence

Une bien triste histoire, un type génial qui est passé à côté de la gloire qui aurait pu incarner les Beatles à lui tout seul...

Dans un style assez proche de celui de Paul McCartney, Emitt Lynn Rhodes, Américain né en 1950, est un artiste complet : auteur, compositeur, interprète, chanteur en solo et en groupe, multi-instrumentiste et producteur. Il a commencé en 1964 comme batteur du groupe The Emerals (et non pas Emeralds ; l'erreur vient de Rhodes lui-même : au moment de publier un CD, il avait un peu oublié son premier groupe... ça remontait à 35 ans !) puis des Palace Guard (premiers 45-tours en 1965) et ensuite comme « homme à tout faire », ou plus précisément leader du groupe Merry-Go- Round pour lequel il a appris à jouer de la guitare.

Un petit succès sur la côte ouest des États-Unis avec le titre « You're A Very lovely Woman » et son autre face, « Live », que parfois, au vu de la pochette et son titre en gros, on crut à tort enregistré en concert... mais Emitt reconnaît qu'il était presque live tant le groupe avait peu répété avant de l'enregistrer ! Idem pour le premier album sorti fin 1967 dont il admet que c'est davantage un assemblage de maquettes qu'un vrai album.

Mais les Merry-Go-Round au son très british se révèlent assez novateurs pour l'époque, notamment, de la part d'Emitt, avec des sons de guitare passés à l'envers (« Time Will Show The Wiser »,cliquer ICI). C'est pas du Beatles mais ça s'en approche un peu... On pense beaucoup à Macca, à George Harrison... et il y a un titre typiquement Lennonesque (« She Laughed Loud »).

Le groupe se sépare après deux années d'existence mais Emitt continue en solo. Pour ne plus connaître de mésentente avec les autres membres d'un groupe, il décide de TOUT faire lui-même et se construit un modeste home studio chez ses parents : un Ampex 4-pistes, plusieurs micros, une table de mixage, etc. et bien sûr des instruments de musique. Au même moment, Paul McCartney faisait exactement la même chose de l'autre côté de l'Atlantique.

Un premier album dont il va être coproducteur à 50 %, qui ne lui a presque pas coûté d'argent et pour lequel il trouve immédiatement un label : ABC / Dunhill ; il réalise un bénéfice de 5 000 $ à la signature du contrat.

Un premier album solo qui est considéré comme la plus grande injustice du monde du disque tant il aurait mérité d'être acheté en masse par des millions de fans : la critique fut dithyrambique mais le public n'a pas suivi, se trouvant confronté, chez les disquaires, à deux albums différents du jeune prodige : Rhodes était victime de ce qui ressemble plus ou moins à une arnaque... Voyant le succès que pouvait avoir Rhodes, le label de disques A & M, qui était devenu propriétaire de l'album des Merry-Go-Round, le réédita sous le nom seul d'Emitt Rhodes et avec un titre bidon « The American Dream ». Du fait, le vrai premier album d'Emitt ne monta pas plus haut que la 29è place du hit-parade.

Fin du premier épisode d'un Tour qui ne fut, ni Magical, ni mystérieux (à suivre, deuxième partie : Adieu au paradis)

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