Barbara Pittman, Sharon Sheeley, Janis Martin

Publié le par Daniel LESUEUR

Sharon SHEELEY et Eddie COCHRAN
Sharon SHEELEY et Eddie COCHRAN

Il y a plus de dix ans, la firme allemande Bear Family Records publia un plantureux coffret de 6 CD (six, oui ! soit au total six heures et demie de musique) intitulé « Memphis Belles » et sous-titré « The Women of Sun Records ».

Sun Records… la firme légendaire qui publia les premiers enregistrements d’Elvis Presley, Carl Perkins, Johnny Cash, Jerry Lee Lewis, Roy Orbison.

Visiblement Sun misait autant sur les femmes que sur les hommes

Parmi ces belles du rock, qui paraît-il furent toutes des copines plus ou moins proches du King, on trouve entre autres Linda Gail Lewis (la petite sœur de Jerry Lee), Patsy Holcomb, Bobbie Jean Barton, Maggie Sue Winberly, The Miller Sisters, The Kirby Sisters, Charlotte Smith, Wanda Ballman, Bonnie Turner… et Barbara Pittman.

Barbara Pittman connaissait bien Elvis : leurs parents étaient amis. Rien d’étonnant, dès lors, qu’elle ait enregistré dans la même boîte que lui. Elle a publié seulement quatre 45-tours (donc huit chansons) mais on a retrouvé, en plus, huit maquettes. Parmi ces dernières, « The Titles will tell » qu’Elvis était pressenti pour enregistrer. Lorsqu’il l’entendit, il déclara : « Mais pourquoi Barbara ne l’enregistre-t-elle pas elle-même ? Elle la chante mieux que je pourrais le faire ». Joli compliment ! Hélas, au bout du compte, ni l’un ni l’autre ne la sortit sur disque. Echec, donc, pour Sun, qui n’en était pas à son premier faux pas : jamais la firme ne parvint à faire connaître, à l’échelon national, les Miller Sisters auxquelles elle croyait beaucoup. Talentueuses, mais pimbêches : elles refusèrent d’avoir pour manager le même qu’Elvis, le fameux colonel Parker, de même que l’une d’elles refusa de tenir la guitare derrière le King un soir de concert à Saltillo, dans le Mississippi : « Je ne suis pas ta boniche », déclara-t-elle.

Janis Martin

Son disque « I love Elvis » s’est vendu à 750 000 exemplaires en 1956. Elle a vu quelques mois plus tard son contrat cassé et sa carrière ruinée parce que sa maison de disque avait découvert qu’elle était mariée et enceinte alors qu’elle n’avait que 16 ans.

Sharon Sheeley (1940-2002)

Pas sotte du tout, elle préféra emprunter les chemins de traverse : écrire, composer mais ne pas s’exposer. A 18 ans, alors qu’elle était mannequin, la jeune Américaine eut l’occasion de croiser Don Everly, l’un des Everly Brothers, avec qui elle eut une brève et douloureuse histoire d’amour dont le faix lui inspira la chanson « Poor Little Fool » (« Pauvre petite idiote ») qu’elle offrit à l’amoureux suivant, Rick Nelson, sans qu’elle lui cachât qu’elle aurait préféré la voir enregistrée par Elvis Presley. Il n’empêche que « Poor Little Fool » se retrouva à la première place des hit-parades de 1958 et fit de Sharon la première femme à avoir composé un n°1. Et c’est miracle qu’on le sache :

« Pour faire accepter son œuvre, elle est obligée de faire croire qu’un ami l’a écrite : on ne ferait pas confiance à une fille » écrit Jean-William Thoury dans Jukebox magazine n°290.

Elle passa ensuite entre les bras d’Eddie Cochran et ne les abandonna qu’à la mort de ce dernier : elle était à ses côtés, en avril 1960, dans le taxi londonien qui mena Eddie au tombeau ; elle passera d’ailleurs plusieurs semaines à l’hôpital pour soigner ses blessures. Pour lui, elle avait écrit « Cherished Memories » et cosigné « Somethin’ Else » (« Elle est terrible », par Johnny). Un CD est sorti deux ans avant sa mort, « Sharon Sheeley Songwriter »... mais il ne s’agit que des démos (maquettes) qu’elle avait enregistrées des 28 chansons qu’elle présenta entre 1959 et 1962 à des artistes tels que David Gates, Glen Campbell, Leon Russel, etc.

Pour en savoir plus sur le rockabilly, voir "ROCKABILLY FEVER " de Michel ROSE (386 pages), éditions camion Blanc, référence ECB 272, sortie janvier 2015.

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