Une invention française accaparée par les Américains : l'Hypergonar

Publié le par Daniel LESUEUR

Le brevet de l'Hypergonar fut déposé en 1926 par le Français Henri Chrétien. Il était conçu à l'origine pour le cinéma en couleur et le cinéma en relief. Le cinéma, à l'époque, ne disposait que de films noir et blanc, il fallait donc trois pellicules distinctes pour créer la couleur, chaque image étant colorée par un filtre. L'Hypergonar permettait de placer les trois images sur le même photogramme ; cela résolvait les problèmes de synchronisation des trois pellicules. Quant à l'effet de relief, il était obtenu en mettant deux images sur la même pellicule.

Claude autant-Lara fut l'un des rares cinéastes à utiliser le procédé (en 1929, pour son film "Construire un feu"). Bref, bien qu'astucieux, le procédé n'avait séduit personne et il était condamné à l'oubli...

à l'oubli ?

L'oubli, jusqu'à 1952 : les Américains de la Fox, conscients du danger que représentait la télé pour le grand écran, cherchaient à faire revenir les masses en... masse, dans les salles de cinéma. Pour les séduire, il fallait du neuf et du clinquant. Les ingénieurs de la Fox se souvinrent en 1953 de l'invention d'Henri Chrétien, boudée en son temps... et comme, depuis 1926, elle était tombée dans le domaine public, la Fox se contenta d'acheter des Hypergonars fabriqués avant la guerre, et profita du savoir-faire du professeur Chrétien pour pas bien cher, rebaptisant le procédé CinémaScope.

Une invention française accaparée par les Américains : l'Hypergonar

Publié dans CINEMA

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