Helen Shapiro et Louise Cordet

Publié le par Daniel LESUEUR

Ces deux chanteuses anglaises du tout début des années soixante sont aujourd'hui totalement oubliées...

Helen Shapiro

Née à Londres en 1946, elle grandit dans une famille de juifs russes émigrés. Gamine, elle a déjà le rythme dans la peau, jouant du banjo et accompagnant son frère dans des clubs de jazz. Elle a une voix très grave et, précoce, monte son premier groupe à douze ans, Suzie and the Hoops, qui compte dans ses rangs le futur Marc Bolan, un camarade d’école qui s’appelle encore Marc Felds.

L’argent fait cruellement défaut : lorsqu’à l’âge de 14 ans elle publiera son premier 45-tours, Helen devra emprunter un tourne-disque à ses voisins pour pouvoir l’écouter ! Un premier 45-tours qui en dit long sur sa volonté d’être considérée autrement que comme un enfant prodige : « Don’t treat me like a child ».

Le succès est immédiat : en 1961, elle est deux fois n°1 du hit-parade britannique avec « You Don't Know » et « Walkin' Back To Happiness », dont la version française, « Je reviens vers le bonheur », profite à sa rivale Gillian Hills. En 1962, elle enregistre quatre titres en français, dont « Tout ce qu'il voudra », adaptation de son troisième tube, « Tell Me What He Said »... mais se fait "griller la politesse" par les Chats Sauvages dont la version « Tout ce qu'elle voudra » remporte tous les suffrages.

Elle sait jouer à merveille de sa voix chaude pour séduire le public et la critique : en 1962, elle est élue Meilleure Chanteuse de l’année en Grande-Bretagne. Dans la foulée, elle part en tournée avec les Beatles qui, paraît-il, écrivent à son intention « Misery » qui figurera sur leur premier album. Or, bien longtemps après, Helen révèlera que jamais on ne la lui fit écouter et qu’elle regrette amèrement de ne pas avoir été la première à enregistrer une chanson signée Lennon-McCartney : à partir de 1964, en effet, Helen est victime de la vague pop générée par le groupe de Liverpool.

Elle n’a que 18 ans, mais elle est déjà passée de mode. Sa dernière apparition au hit-parade remonte à 1964 et encore n’était-elle pas montée plus haut que la 34è place. Mais sa carrière n’était pas totalement enterrée. Elle continua de se produire sur de nombreuses scènes, passant avec aisance du jazz au gospel car en 1987 elle devint Témoin de Jéhovah et, en conséquence, ne chante plus que les louanges de Jésus.

Louise Cordet

Filleule du prince Philip, duc d’Edinbourg, fin 1962, elle obtenait un succès prometteur avec « I'm Just A Baby ». Elle aussi compta parmi les premières à chanter les Beatles : en 1963, sa version de « From me to you » est contemporaine de celle des Fab Four. On peut la voir, la même année, dans le film Just For You (cliquer ICI).

De parents français, elle n’eut aucune peine à enregistrer neuf chansons dans notre langue (C’est elle qui, en 1965, coachera Marianne Faithfull au moment d’enregistrer son premier disque en français), dont son hit (« Je n’suis qu’un baby »)… ce qui n’eut toute fois aucune incidence positive sur sa renommée en chute libre. Que pouvait-elle faire, face à Cilla Black, Lulu, Sandie Shaw, Dusty Springfield… sans oublier, très au-dessus de la mêlée, Petula Clark (voir notre article : cliquer ICI)

Voir tous les succès en France de ces artistes sur le site

http://www.infodisc.fr : Historique des Succès Musicaux en France depuis 1900

Helen Shapiro et Louise Cordet

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