Lundi sur Arte, Lilian HARVEY dans "LAISSEZ FAIRE LES FEMMES" (1936)

Publié le par Daniel LESUEUR

Sac de nœuds ! Ce film, dont le titre allemand est GLUCKSKINDER, serait sorti à l'époque sous le titre LES ENFANTS DE LA CHANCE, et il en exista une version en français (avec d'autres acteurs?) intitulée LES GAIS LURONS. Bon, on verra bien lundi de quoi il retourne ! Quoi qu'il en soit, une occasion de voir Lilian HARVEY ne se refuse jamais... d'autant que la copie qui circule sur YouTube est dégueulasse et non sous-titrée !

Helene Lilian Muriel Pape, actrice allemande née à Londres et connue sous le nom de Lilian Harvey (1907-1968), est la brillante interprète de Serait-ce un rêve. Reine de l'opérette viennoise, Lilian était polyglotte

Sa mère est anglaise, son père est allemand ; ils divorcent lorsqu’elle a deux ans. Le destin veut que tous trois soient en séjour à Magdebourg au moment où éclate la Guerre de 14. Les Pape se trouvent alors dans l’impossibilité de regagner la Grande-Bretagne. D’ailleurs, comment auraient-ils été accueillis ? Ils s’installent provisoirement en Suisse, puis à Berlin. En raison de son jeune âge, Lilian, bien qu’anglaise, est autorisée à fréquenter une école berlinoise ; elle s’inscrit à des cours de chant qui vont s’avérer profitables.

Sa filmographie est impressionnante

Nous en retiendrons, tournés à Berlin en 1930-1931, Der Kongress tanzt (Le Congrès s'amuse) et Die Drei von der Tankstelle (Le Chemin du paradis), qualifié par la critique de "conte de fées moderne" et dans lequel elle chante en français Tout est permis quand on rêve, un chef-d'œuvre, surtout si on peut l'entendre en regardant le film (Lilian y est resplendissante). Elle tombe amoureuse du réalisateur allemand Paul Martin ce qui, à l’époque, doit être tenu secret car il est marié.

En 1933 l’Amérique l’invite à tourner quatre films au succès finalement assez modeste, dont « Stamboul Train » tiré d’un roman de Graham Greene qui dira que c’est un des plus mauvais films qu’il ait jamais vus. On prête à Lilian une liaison avec Gary Cooper, ce qui exaspère Paul Martin qui insiste pour revenir en Europe.

Par dépit, Lilian fait construire à Antibes un bungalow qui est l’exacte réplique, en plus petit, de la villa qu’elle avait à Hollywood.

Le couple retourne à Londres où il tourne « Invitation à la valse » puis retourne à Berlin pour que Paul puisse divorcer. De la part de Lilian, en revanche, ce n’était pas véritablement une bonne idée : à peine arrivée, elle comme tous ses amis et collègues juifs sont mis sous surveillance par la Gestapo.

Elle fait l’acquisition en Hongrie du domaine de Tetetlen qui avait appartenu au comte Zichy, protecteur de Liszt. Un domaine de deux mille hectares avec son château de vingt-huit pièces. Elle y était avec sa mère lorsque Radio Budapest, le 23 août 1939, avait annoncé la conclusion du pacte germano-soviétique. Tous ses biens sont alors confisqués par les nazis : « Dans la nuit, ils firent leurs valises, ils entassèrent l’argenterie dans des caisses que le majordome enterrerait (…). Le dernier car qui put franchir la frontière italo-française la ramena à Antibes » (à suivre en CLIQUANT ICI).

Lundi sur Arte, Lilian HARVEY dans "LAISSEZ FAIRE LES FEMMES" (1936)

Publié dans musique, CINEMA

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