MARY WELLS, STAR QUI ACCUMULA LES GAFFES

Publié le par Daniel LESUEUR

Mary Wells (1943-1992) n’eut qu’un hit, « My Guy », n°1 en 1964, un seul hit : l’artiste, qui avait eu un terrible départ dans la vie, était finie à 22 ans ; elle avait pourtant été surnommée « The Queen Of Motown ».

Avait-elle pris la grosse tête après un succès monumental, ou bien fut-elle poussée vers la porte de sortie par Berry Gordy qui ne jurait plus que par Diana Ross ?

Toujours est-il qu’elle prit la décision –catastrophique - de quitter Motown au profit de labels de disques rivaux qui n’offraient que de vagues promesses de cachets monumentaux.

Promesses jamais tenues…

Elle allait se débattre toute sa vie pour reconquérir sa couronne de « Queen of Tamla Motown ». Hélas en vain !

A l’âge de deux ans elle souffre de méningite cérébrospinale, affection qui la laisse, au moins provisoirement, partiellement aveugle, sourde et paralysée.

A douze ans, en raison de la misère dans laquelle vit sa famille, elle aide sa mère à faire des ménages. Pour oublier, elle chante. D’abord à l’église dès l’âge de dix ans, puis dans les night clubs de Detroit. Elle décroche une audition auprès de Berry Gordy, Pdg du label Tamla Motown qui, emballé, publie un premier 45-tours fin 1960, « Bye Bye Baby » qui obtient un certain succès début 1961 (n°8 dans les classements r’n’b puis n°45 au classement « toutes catégories »). Dans la foulée, un album sort fin 1961.

Les succès en 45-tours s’enchaînent, même si aucun de la période 1961-1963 n’atteindra l’ampleur de « My Guy » en 1964. N°1 international grâce à cette composition de Smokey Robinson, Mary se voit proposer d’enregistrer un album en duo avec lui (« Together »). Les Beatles décrètent que Mary est leur chanteuse préférée, en conséquence de quoi elle sera la première vedette féminine de Tamla à se produire en Europe, notamment en première partie des Quatre de Liverpool. Mais pendant son séjour hors des Etats-Unis, de drôles de choses se tramaient : elle était mineure lorsqu’elle avait signé un contrat qui ne lui était guère favorable.

A 17 ans elle n’avait rien d’une business woman !

Elle ne put rien contester lorsqu’elle découvrit que tout le fric gagné grâce à « My Guy » avait été investi dans le lancement des Supremes, trio conduit par Diana Ross. Une procédure pénible : d’un côté Mary voulait quitter Motown, de l’autre Gordy cherchait à la retenir. Une situation qui tint la chanteuse éloignée du micro durant de longs mois, d’autant qu’entre-temps elle avait contracté la tuberculose.

Epuisée et déprimée, à cran, au bout du rouleau, l’artiste, heureusement, retrouva la liberté fin 1965 : la Cour reconnut que son contrat signé avec Motown était sans valeur. Financièrement parlant, Mary s’en tire provisoirement, acceptant de signer avec la firme 20th Century Fox contre une avance de 500 000 $. Hélas ce label ne saura ni la conseiller, ni la diriger intelligemment. Son nouvel album, éponyme, pas plus que le suivant constitué de reprises de chansons de Beatles, ne font impression sur le public. La chanteuse entre en conflit avec 20th Century Fox et quitte le label au bout d’un an. En 1966 elle signe avec Atco, subdivision d’Atlantic Records.

Elle s’essaye au cinéma –sans succès- apparaissant en 1967 dans « Catapila Caper ».

En 1968, après un tout petit, tout petit succès (qui d’ailleurs sera le « vrai » dernier) elle change encore de label de disques, cette fois au profit ( !) de la firme Jubilee… sur laquelle elle restera deux ans seulement pour passer sur Reprise, le label de Frank Sinatra. Entre-temps elle avait épousé, en secondes noces, Cecil Womack, artiste certes moins connu que son frère Bobby, réputé pour son talent mais aussi pour le scandale qu’avait engendré son mariage avec la veuve du chanteur Sam Cooke à peine trois mois après l’assassinat de la star. Cecil ne fut pas en reste puisqu’après son divorce avec Mary, il épousa la… fille de Sam Cooke, Linda.

En 1972, Mary retourne au hit-parade… mais avec la réédition, par Tamla, de « My Guy ». La chanson reste éternelle, pas son interprète : vieillie, elle l’interprète à nouveau à la télévision, mais cela n’a aucun impact sur sa carrière. Découragée, elle annonce qu’elle se retire du showbiz… décision sur laquelle elle revient rapidement (1977).

En 1978 elle signe avec les disques CBS… qu’elle quitte en 1983 !

En 1990, durant l’enregistrement d’un énième album, sa voix lui pose problème et elle doit se rendre à l’hôpital où l’on décèle un cancer du larynx. Cette fois c’en est bien fini de sa carrière de chanteuse. Pire, n’ayant pas d’assurance maladie, les soins de santé la ruinent totalement, même après avoir dû vendre sa maison. Il devient urgent que Tamla lui verse les sommes qui lui sont dues depuis 1964 (on parle d’une somme à six chiffres). Mais l’argent ne suffit pas à guérir le cancer.

Elle meurt à l’âge de 49 ans, entourée des artistes, amis ou admirateurs, dont la générosité l’avait aidée à traverser les années les plus sombres : Stevie Wonder, Diana Ross, Bruce Springsteen, Aretha Franklin, Rod Stewart, Dionne Warwick

Pour en savoir plus sur les femmes qui ont marqué la musique populaire :

http://www.camionblanc.com/?p=detail_livre&ID=348

MARY WELLS, STAR QUI ACCUMULA LES GAFFES

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