Otis Redding en 7 chansons indispensables

Publié le par Daniel LESUEUR

Authentique Prince de la Black Music, il fut le premier à avoir concilié les publics blanc et noir avant même Jimi Hendrix, Prince et Michael Jackson...

Début 1967, « Mister Pitiful » (repris en France par Dick Rivers), « I’ve been loving you too long » (repris par Tina Turner) et « Try a little tenderness » avaient conquis la planète. Durant l'été 1967, sa firme discographique Stax élabora l'idée de la compilation "Story Of Otis Redding" : le chanteur, en effet, devait se faire ôter des polypes sur les cordes vocales, et serait dans l'impossibilité de chanter pendant au moins deux mois.

Le festival de Monterey

Ce n’est pas un hasard si l’édition originale du 33 tours « Monterey Festival » est constituée d’une face Jimi, d’une face Otis, lui qui avait su toucher, sans être ridicule, à l'œuvre des Beatles (« Day Tripper ») et des Rolling Stones (« Satisfaction ») pour en délivrer des versions soul impeccables ; la reconnaissance de son talent, il l'avait obtenue, justement, lors de ce fameux Festival de Monterey, le premier du genre, devant un public hippie et pop.

Il ne lui manquait plus qu'un tube planétaire.

Ce serait « (Sittin' On) The Dock Of The Bay », la première chanson de son répertoire que l'on peut qualifier de pop, et non plus de soul. Ce fut hélas un hit posthume. Deux fils d'Otis et un neveu le réenregistrèrent sous le nom de groupe The Reddings

Passer en revue toutes les réussites d’Otis prendrait du temps ! Sélectionnons quelques titres emblématiques…

Knock On Wood

La version originale d’Eddie Floyd lui apporte le succès en 1967 (19e en Angleterre, 28e aux U.S.A.). Otis Redding l’avait publié en 1966, soit un an avant la version de Eddie Floyd, que l’on considère à tort comme “version originale”. Et vingt-deux ans plus tard, Amii Stewart... Johnny Hallyday lui-même interprétait "Knock On Wood" (vingt ans avant Amii) sous le titre "Aussi dur que du bois". David Bowie en a lui aussi délivré une solide version… aussi dure que du bois !

Respect

Il s'agit à l'origine d'un titre d'Otis à l'impact mineur (35e aux Etats-Unis en 1965, non classé en Europe). Cette première version est relativement macho : l'homme, qui a travaillé dur toute la journée, réclame à sa femme, lorsqu'il rentre le soir, le respect qui lui semble dû. Aretha Franklin, The Lady Soul, s'en empare deux ans plus tard, et bouleverse le texte, en faisant un hymne féministe (n°1 aux States, n°10 en Grande-Bretagne). On est en mai 67... la chanson préfigure les mouvements de libération de la femme (Women's Lib là-bas, M.L.F. ici). Chez nous, c'est encore Johnny Hallyday qui l'interprète ("Du respect").

Day Tripper

Otis a repris un grand nombre de tubes pop "blancs" : "Satisfaction" des Stones... "Day Tripper" des Beatles. Bob Dylan, qui n'avait pas encore publié "Blonde On Blonde" alla lui faire écouter sur acétate "Just Like A Woman" ; Otis la refusa : il y avait trop de gros mots, selon lui !

Try A Little Tenderness

Certains ne jurent que par la version de Frank Sinatra ; c'est néanmoins un des (innombrables) chef-d'œuvres interprétés par Otis (particulièrement sur la version live)... Un titre déjà ancien car c'était un hit avant la guerre : Harry Woods (1896-1970) l'avait co-écrit en 1932. Woods n'avait pas de doigt à une main ; il était pourtant pianiste de bar. Otis s'est permis une coquetterie en modifiant très légèrement le texte original, "the same old shabby dress" devenant "the same old shaggy dress". Pain In My Heart « Satisfaction » des Rolling Stones repris par Otis… “Pain In My Heart" d’Otis repris par les Stones... Juste retour de politesse. « Pain In My Heart » ne rapporta pas un cent à Otis, car plagié sur "Ruler Of My Heart" d'Irma Thomas.

Fa, Fa, Fa, Fa

Quel rapport entre Otis et le Jeu des 1 000 francs ? Aucun, évidemment. Cependant ce "Fa Fa etc. (Sad Song)" est une variation sur le thème générique de l'émission américaine La Question à 64 000 dollars.

To Love Somebody

Ca c’est notre information bonus : c’est l'un des titres qui a rapporté le plus de royalties aux Bee Gees. Son impact, pourtant, n'est pas immédiat : n°17 aux Etats-Unis, non classé en Grande-Bretagne. En juillet 1967, les Bee Gees, qui accomplissent leur premier voyage aux States, rencontrent leur idole Otis Redding qui promet d'enregistrer " To Love Somebody", mais il mourra avant d'avoir pu le faire. Les reprises se succèdèrent : Janis Joplin, P. P. Arnold, Eric Burdon, Lulu et bien plus tard Bonnie Tyler et Jimmy Sommerville. Entre-temps, Nina Simone en avait fait l'un des tubes de 1969. Regrettons qu’Otis n’ait pas enregistré cette merveille.

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