Nos stars vues de l'étranger : Sheila aux U.S.A.

Publié le par Daniel LESUEUR

A partir du moment où le disque rapporte de l'argent, autour de chaque star, une équipe gère son image et son répertoire. Johnny Hallyday, qui ne jurait que par le rock'n'roll, n'a-t-il pas enregistré, des twists et des madison ?

Sheila fut un produit fabriqué, ce qui explique en partie les critiques qu'elle a dû essuyer tout au long de sa carrière. Fabriqué par Claude Carrère, comme Mireille Mathieu sera fabriquée par Johnny Stark. Et Sheila, comme ensuite Mireille Mathieu, devint une cible privilégiée des médias. Il faut bien une tête de Turque, et vend-on des journaux en critiquant des inconnus ?

Où se situe la limite entre fabriquer et modeler ?

Edith Piaf fut-elle fabriquée ou modelée par Louis Leplée ? Les Beatles furent-ils fabriqués ou modelés par leur manager Brian Epstein ? Sheila c'est l'archétype de la chanson industrielle dont les thèmes sont volontairement anodins pour plaire au plus grand nombre, et surtout ne déranger personne. Elle représentait la France profonde, évoquée avec "L’Ecole est finie" et "L’Heure de la sortie".

En 1967, Sheila est la chanteuse préférée de 32% des Français

Elle n’avait fait que grandir en popularité depuis 1963, à raison d'un hit par trimestre. Ensuite ses tubes seront plus espacés : "Les Rois Mages" en 1971, "Les Gondoles à Venise" en 1973 jusqu’à son retour en force, en pleine période disco, avec des titres en anglais : "Singin’ In The Rain", "Spacer" et "Love Me Baby". Cette chanson marque non seulement un véritable tournant dans sa carrière, mais également... le début d’une seconde carrière, sous le pseudonyme de groupe “Sheila B. Devotion”. Pour parvenir à ses fins, Sheila, qui n’avait jusqu’alors jamais chanté en anglais, dut prendre des cours intensifs, son but avoué étant, surtout, de ne pas passer pour une Française, et donc ainsi ne pas risquer d’être reconnue par ceux qui, durant des années, rechignaient à écouter la modeste interprète de "L’Ecole est finie".

Sa reconquête du public se fit par le truchement des discothèques et des night clubs

Pour cette raison, les premiers exemplaires du disque passèrent sous silence le nom de Sheila, au profit du pseudonyme “S. Black Devotion”. Pour la première fois de sa vie, Sheila vendit plus de disques à l’étranger que dans son propre pays. Et le plus drôle est que le grand public ne fut pas dupe, car, dès les premiers jours, les auditeurs des radios téléphonèrent en masse pour demander si la chanteuse de ce groupe américain n’était pas, justement, Sheila... que les Américains avaient toujours appelée "Sheila Chancel", ce qui est son véritable patronyme, Annie Chancel.

Nos stars vues de l'étranger : Sheila aux U.S.A.

Publié dans musique, PEOPLE, MEDIAS

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