Les chansons les plus stupides du 20è siècle

Publié le par Daniel LESUEUR

« J'ai la rate qui s'dilate... » Tout le monde connaît car ce sont les paroles les plus stupides qui s'ancrent le plus facilement dans nos mémoires

LE TROU DE MON QUAI

Un petit bijou de 1928 interprété par Dranem ; écoutez-le en lisant cet article, c'est sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=BWcTygNI-YE

Les chansons débiles existaient bien avant l’invention du disque (1877). Ne critiquons pas « Paris à 5 heures du matin », chanson de 1797 qui n’est pas sans évoquer « Il est 5 heures, Paris s’éveille » de 1968. Arrêtons-nous en revanche sur le texte complexe de « Les bottes à Bastien » :

- Ah il a des bottes / Il a des bott’s, bott’s, bott’s / Il a des bott’s, bott’s, bott’s / Il a des bott’s, Bastien ».

Le plus étonnant de l’histoire est que, de nombreuses années avant l’invention du disque, il se trouva 600 000 personnes pour acheter ce recueil de paroles qu’on connaît par cœur dès la première écoute !

En 1800, triomphe de « Compère Guilleri » Une perle :

« Il monta sur un arbre / Pour voir ses chiens couri’ / Carabi, la branche vint à rompre / Et Guilleri tombit ». L’auteur est inconnu, dit-on. Il avait bien intérêt à rester anonyme !

1931 : « Je n’suis pas bien portant » (Ouvrard)

Ce titre est sans doute le... premier rap en langue française ! Mais commençons par le commencement. Il y a Ouvrard et Ouvrard. Eloi Ouvrard, le père (mort en 1938) obtint un gros succès en 1895 avec "La Machtagouine (chansonnette auvergnate)".

C'est lui aussi qui imagina et inventa le style "comique troupier" dit encore "Tourlourou", à une époque ou le service militaire durait trois ans (le genre n'a pas acquis ses lettres de noblesse, mais c'est ainsi que le grand Raimu a commencé sa carrière). C'est surtout le fils, Gaston Ouvrard, qui est connu du grand public.

Ouvrard fils a suivi la voie tracée par le père.

L'on se souvient encore de "La caissière du Grand Café" et de "Si j'avais des ailes", mais c'est avec "Je n'suis pas bien portant" qu'Ouvrard est passé à la postérité. En partie grâce au talent de son complice occasionnel Vincent Scotto qui avait l'art de "pondre des tubes au kilomètre" et de tailler du "sur mesure" pour des interprètes aussi différents que Tino Rossi, Maurice Chevalier, Mayol ou Joséphine Baker. Et grâce à la plume de Géo Koger, complice de Scotto, le tandem a signé "J'ai deux amours" en 1930, et "Prosper (Yop-la-boum)" en 1935.

La trame de "Je n'suis pas bien portant" fut trouvée lors d'un voyage en train

Plus que de génie, il s'agit de parler d'opportunité : tout autre que Koger aurait pu écrire un texte similaire... il suffisait de coucher sur le papier (avec, tout de même, un certain sens du rythme et de la dérision) des propos que tout un chacun a entendu plus d'une fois dans sa vie : de retour de vacances, Koger, dans le train, doit subir le détail des souffrances endurées par une grosse dame montée dans son compartiment. C'est à quoi l'on s'expose lorsque, par politesse, on engage la conversation avec une personne inconnue.

Efforçons nous de croire que la grosse dame avait la rate qui se dilatait, et le foie pas bien droit !

Un talent génétique

Ce don de saisir au vol l'occasion de trousser un texte de chansonnette semble "être dans le sang", dans la famille Koger, puisque la fille deGéo Koger n'est autre que Vline Buggy, qui a signé plusieurs centaines de textes, pour des noms aussi illustres que Claude François, Michel Sardou, Hugues Aufray, Mireille Mathieu ou même Herbert Léonard qu'elle a repêché au creux de la vague. Et justement… Claude François, Michel Sardou, Mireille Mathieu font partie de ceux qui laisseront à la postérité des enregistrements dignes de celui de notre Johnny Hallyday si apprécié pour son « C’était fin Août, début Juillet” dans la chanson « Les Chiens de paille » sortie en 1976.

Les chansons les plus stupides du 20è siècle

Publié dans musique, Société et modes

Commenter cet article