1900... L'Exposition Universelle présente le phono-cinéma-théâtre, ancêtre du vidéo-clip

Publié le par Daniel LESUEUR

1900... L'Exposition Universelle de 1900 permet aux badauds, pour une modeste pièce de dix centimes, d'assister aux premières séances de Phono-Cinéma-Théâtre. Le succès est tel qu'après la fermeture de l'Exposition, le Phono-Cinéma-Théâtre continue sa carrière en plein Paris, boulevard Bonne-Nouvelle, puis entame une tournée de plusieurs mois à travers l'Europe.

L'idée sera ensuite perfectionnée par Léon Gaumont qui, en 1905, invente les phonoscènes, d'une durée maximum de trois minutes (ancêtres des vidéo clips) et d'un principe à la fois simple et astucieux : l'artiste est filmé une première fois lorsqu'il interprète sa chanson, puis il la chante une seconde fois dans le but de post-synchroniser le film déjà réalisé. Certains sont même déjà en couleurs: regardez ce petit reportage : https://www.youtube.com/watch?v=Yochox_YOVo

Le procédé est amélioré trois ans plus tard (1908) par les Frères Pathé dans leurs ateliers de Vincennes ; c’est le phonocinématographe.

Les Américains de Columbia ne sont pas en reste ; ils ont même, sans doute, organisé la première séance publique du 20ème siècle de “musique en relief” (l’aviateur Clément Ader réalisa les premières démonstrations stéréophoniques en 1881 et 1889, à l'occasion d'expositions de renom). Le but est d’associer le nom de Columbia à une invention de prestige. C'est chose faite avec le Multiplex, présenté comme “une machine sonore dont le volume est celui de plusieurs grands instruments reproduits à l’unisson”.

Les termes de la publicité du Multiplex précisent que comparer son volume sonore, par rapport aux machines déjà existant, reviendrait à comparer le bruit des chutes du Niagara au gargouillement d’une petite source !

Le Multiplex utilise un cylindre de grand diamètre (13cm) et trois têtes de lecture distantes de 10cm qui lisent simultanément trois sillons parallèles portant le même enregistrement. Par conséquent la machine est munie de trois pavillons, et le cylindre est d’une taille trois fois supérieure à celui d’une machine ordinaire.

Le résultat est à mi-chemin entre la stéréophonie et la quadriphonie, les pavillons de droite et de gauche enregistrant, du fait de leur emplacement, des signaux sonores sensiblement différents de celui diffusé par le pavillon frontal. A tous points de vue, le Multiplex Columbia est hors normes. Son prix, d’abord : à $ 1 000, il trouve fort peu d’acquéreurs (le shah d’Iran et une poignée d’autres nantis)... Ses performances, ensuite : avec ses trois pavillons et son triple cylindre, Columbia peut offrir des enregistrements d’une durée exceptionnelle de dix minutes.

Pour briller lors de cet évènement exceptionnel qu’est l’Exposition Universelle, chaque fabricant rivalise d’ingéniosité. Même Pathé, qui jusqu’alors s’était contenté de copier ce qui existait déjà, met au moins une splendide machine destinée à rivaliser avec le Multiplex Columbia, et nommée Le Céleste, dont les prouesses sonores n’ont d’égale que la beauté de la ligne (son prix, malheureusement, est lui aussi prohibitif : 1 000 francs or). Pour en savoir plus, cliquer sur http://www.editionsalternatives.com/site.php?type=P&id=460

1900... L'Exposition Universelle présente le phono-cinéma-théâtre, ancêtre du vidéo-clip
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Annuaire suisse 14/08/2014 11:04

Quel parcours extraordinaire jusqu'à aujourd'hui, c'est vraiment génial de penser à cette évolution qui nous a amener aux effets des vidéo-clips actuelles.