Les méconnus du 20è siècle : Brian Epstein

Publié le par Daniel LESUEUR

Manager des Beatles Il avait transformé quatre garçons presque ordinaires et multimillionnaires du disque

Il était mal dans sa peau mais il avait le sens des affaires.

L’un compensant l’autre, après avoir fait ses preuves dans le magasin de disques de ses parents, il osa cornaquer les Beatles… qui ne manquèrent pas de lui faire comprendre sèchement qu’il n’était pas toujours à la hauteur. La période de tension fut de courte durée. Tout comme les célèbres Quatre, Epstein est natif de Liverpool. Il est donc normal qu’on s’adresse à lui, disquaire, pour un jour demander un disque des Beatles. Epstein ignorait jusqu’à l'existence du groupe. Et on lui en dit tant de bien qu’il souhaita savoir à quoi correspondait ce "phénomène".

La suite, tout le monde la connaît

Epstein "craque" pour le groupe et surtout sur John Lennon (Epstein est homosexuel), les prend en main et les conduit vers la gloire. En quelques mois, Brian est devenu millionnaire Il a également rendus millionnaires les quatre Beatles. Avant d’y parvenir, il a dû tisser sa toile. D’abord, fournir les fans en disques. Ensuite, décrocher un contrat d’enregistrement pour les jeunes gars, non plus en Allemagne mais dans leur pays. Et enfin en faire des stars.

Une mince affaire !

Avant de devenir officiellement manager des Beatles, en effet, Brian Epstein doit faire ses preuves. Dans un premier temps, au moment où des jeunes gens lui réclament le disque en question, sa mission est modeste : responsable d'une chaîne de magasins de disques, il doit satisfaire la demande, et donc importer ce disque fabriqué uniquement en Allemagne en août 1961 (le disque ne sortira en pressage britannique que le 5 janvier 1962).

Le 1er janvier 1962, grâce à son insistance et à sa force de persuasion (ce n’est pas dans l’intérêt d’un label de disque de snober un type qui valait le poids de disques vendus dans ses magasins), les Beatles obtiennent une audition dans les studios de la firme Decca.

Le voyage depuis Liverpool dans une vieille camionnette a été épuisant

Pris dans une tempête de neige, ils ont failli perdre leur chemin. Sans oublier le trac ! Bref, nos quatre futurs héros ne sont guère au meilleur de leur forme. Les titres interprétés n’est pas représentatif de leur talent et les présente sous un mauvais jour. La sélection, quelque peu calamiteuse, en incombe à Brian Epstein… qui n’a pas fini d’entendre que c’est de sa faute s’ils se sont plantés. Lennon et McCartney feront savoir à Epstein que, malgré ses évidentes qualités de manager, c'est à eux-mêmes, et non à lui, de veiller à leurs décisions d'ordre purement artistique.

Six mois après l'échec chez Decca

Les Beatles se voient à nouveau offrir la chance d'être écoutés (entre-temps, Brian Epstein n'avait pas chômé, tirant les sonnettes de toutes les maisons de disques en vain jusqu’au jour où il était parvenu à convaincre Parlophone, une firme sur le déclin qui n’avait pas grande chose à perdre à les auditionner).

"Love me do" sort le 5 octobre 1962

Le 45 tours connaît incontestablement le succès, puisqu'il monte à la 17ème place du hit-parade britannique. La rumeur prétend que Brian Epstein, afin d'assurer l'entrée du disque dans les charts, acheta un stock de 10 000 exemplaires pour les dispatcher dans ses magasins. Pour comprendre les relations entre le groupe et son manager, il faut les avoir vu travailler, ensemble ou séparément.

Epstein était soupe au lait

Hystérique, il avait la désagréable habitude de pousser d'excessifs "coups de gueule" qu'il oubliait immédiatement ; secrétaires ou collaborateurs devaient se faire une raison !

Chez les Beatles, c'est McCartney qui avait le plus fréquemment des points de divergence avec Epstein, mais cela restait sur le plan artistique.

Lennon, en revanche, n'était pas très courtois envers Brian, se montrait parfois très désagréable. Sans doute faut-il y voir un rapport de force, un choc de personnalités complexes et pas très bien dans leur peau. Lennon avait beaucoup de mal à s'exprimer en dehors des textes de ses chansons, et admirait (jalousait ?) Brian dont l'aisance à discuter était admirable.

Mais Brian, bien qu’il le cachât admirablement bien, était lui aussi complexé.

Etre juif et homosexuel, c’était pas tous les jours léger à porter.

Il était en outre un artiste refoulé. Talentueux ? On ne le saura jamais. Eut-il l’impression de perdre de son influence ? Lui qui mettait un point d’honneur à peaufiner dans ses moindres détail l’organisation d’un concert, ressentit certainement comme un pas vers son déclin le fait que les Beatles aient choisi de ne plus jouer en public.

Un an plus tard (le 27 août 1967) Brian Epstein meurt d'une overdose. Il n'avait que 32 ans. Ce n’est pas un hasard si sa mort d'Epstein marque la fin de la cohésion du groupe. Après son décès c’est son frère cadet Clive qui reprit provisoirement la direction de NEMS Enterprises avant que les Beatles décident de se débrouiller tout seuls. C'est enfin Paul qui prendra plus ou moins la place de leader, puisqu'il faut bien que quelqu'un prenne des décisions, ou tout au moins coordonne les aspirations de chacun.

Et John était alors trop à côté de la plaque pour pouvoir s’y coller ! 

Les méconnus du 20è siècle : Brian Epstein

Publié dans musique, PEOPLE

Commenter cet article