Les méconnues du 20è siècle : Gypsy Rose Lee, première ecdysiaste

Publié le par Daniel LESUEUR

Il y a peu de chance que vous trouviez le mot dans le dictionnaire. Il désigne les strip-teaseuses et fut employé pour la première fois au milieu du 20è siècle

Le mot « strip tease », selon wikipedia, n’est entré au dictionnaire qu’en 1938. Mais l’action, pour une femme, de se dévêtir en public pour exciter les mâles est beaucoup plus ancienne. Au musée du Louvre on peut voir un vase orné d’une gravure de la déesse Inanna qui, paraît-il, aurait inspiré Salomé et ses Sept Voiles évoqués dans la Bible. Bref, c’est pas jeune ! Etait-ce si réprouvé par la morale qu’on n’osât le nommer ?

Gypsy Rose Lee : portrait

Elle se nommait en réalité Rose Louise Hovick et naquit en 1911 ou 1914 selon les sources. Sa mère de se nommait Rose Hovick et était une danseuse burlesque. Rose a fait sa première performance à l’âge de 4 ans dans "Madame Rose's Dancing Daughters", une pièce de théâtre dans laquelle elle est accompagnée par sa sœur June Havoc, qui sera elle aussi très connue. Déjà, très jeune… À l’âge de 16 ans, elle adopte le pseudonyme « Gypsy Rose Lee » (gypsy = gitane) et débute une carrière de strip-teaseuse là où l’on veut bien l’engager notamment au célèbre bar Minsky's burlesque house, où elle se vit un soir coincée par la police à qui elle déclara «Je n’étais pas nue, j’étais complètement couverte par une lumière bleue !». En tout cas, au cinéma, il fallait qu’elle se dépêche car ce serait bientôt proscrit.

Burlesque

Le terme n’a pas la même signification aux Etats-Unis qu’en France. Les burlesque pictures sont des spectacles de music-hall filmés incluant des strip-teases reglémentés : les réalisateurs imposaient aux filles de se coller des pasties sur la pointe des seins. Coquetterie suprême, un pompon y est parfois relié par un cordon. On nomme tassel twirling le mouvement qui consiste à faire virevolter le pompon par le mouvement de la poitrine.

Les strip-teaseuses conservent une culotte ou un cache-sexe (G-string) ; dans ce second cas, il doit être d'une superficie conforme à la législation de l'Etat concerné. Jenna, pour mieux exciter les mecs sans enfreindre la loi, portait un cache-sexe de taille légale, mais le mouillait avant sa prestation pour le faire rétrécir. Au cinéma, lorsque les filles ne portent rien, le film est désigné du terme de beaver movie, c'est-à-dire film de castors (film avec du poil !)

Une effeuilleuse bavarde

On se souvient surtout de Gypsy Rose Lee pour sa curieuse habitude de parler au public tout en se déshabillant… ce qui ajoutait un effet comique à la performance. De fil en aiguille, remarquée par Hollywood et le studio 20th Century Fox, elle se voit proposer, au cinéma, des rôles comiques. Seul bémol : la 20th Century Fox l’oblige à tourner sous son véritable patronyme. Gypsy Rose Lee a poursuivi sa carrière de strip-teaseuse et elle a donné des cours de strip-tease. Sa renommée grandissante la conduit en 1936 dans la troupe de « Ziegfeld Follies », le spectacle le plus populaire de l’époque. Elle a ensuite fondé le premier syndicat des artistes burlesques aux États-Unis en 1951.

Gypsy fut également écrivaine.

Elle a écrit « The G-string Murders » un roman de fiction qui a connu un grand succès, et « Mother Finds a Body » en 1944. Et puis surtout elle entama la rédaction de son autobiographie, « Gypsy », un best-seller en 1957. S’autoproclamant « strip teaseuse uintellectuelle », elle inventa un mot rien que pour elle : ecdysiast.

Vie privée

Mariée à l’âge de 28 ans, elle s’installe à Hollywood alors qu’elle était enceinte. Le père de l’enfant n’était hélas pas son époux mais Otto Preminger. Pour couper cors aux rumeurs, elle fit croire que son époux était le père de son enfant… mais lorsque naquit son fils, elle entreprit des démarches de divorce. En 1956, elle prit sa retraite de sa carrière de strip-teaseuse. Gypsy a eu sa propre émission de télévision en 1965, « The Gypsy Rose Lee Show. » En 1966, retour sur les planches dans la pièce « Pruitts of Southampton » et au cinéma dans « Batman » en 1967.

La fin

Atteinte d’un cancer incurable à l’âge de 55 ans, elle mourut le 26 avril 1970.

Les méconnues du 20è siècle : Gypsy Rose Lee, première ecdysiaste

Publié dans PEOPLE

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