Il y a presque 30 ans disparaissait BALAVOINE

Publié le par Daniel LESUEUR

Des stars de la chanson, il n’était pas la plus discrète. C’était un artiste bougon au cœur d’or. Le 14 janvier 2016 cela fera 30 ANS qu’il est parti...

Une grande gueule mais avant tout un très grand artiste : Daniel Balavoine.

Dès sa naissance (1952), ses parents décident qu'il sera "quelqu'un" et le destinent à la politique. Mais il préfère la musique ; tant mieux pour nous qui avons gagné un chanteur et perdu un député : en politique, sûr qu’il aurait crié haut et fort. Il est le bravache qui avait osé provoquer Mitterrand à la télé !

Sa voix était aiguë, mais ses paroles étaient graves...

Balavoine avait commencé comme chanteur d’un petit groupe inconnu, Présence... il avait été, avec son frère, choriste de Patrick Juvet. Celui-ci avait remarqué Daniel, qui était déjà fort en gueule. Sur scène, par moment, bien que simple choriste, on l'entendait plus que Juvet lui-même.

Il ne se cherche même pas un pseudonyme pour démarcher les maisons de disques... et obtient un contrat d'enregistrement auprès de la firme Barclay. Daniel avait enregistré huit albums dont certains méritent une revue-express…

1975 : De vous à elle en passant par moi

Un échec total. Pas artistique, mais commercial. L’album, qui ne s’est pas vendu à l’époque, fut longtemps recherché par les collectionneurs qui le payaient une fortune. La naissance –discrète !- d’un géant de la chanson.

1977 : Les Aventures Simon & Gunther

Encore un échec commercial, malgré un frémissement, quelques passages radio du superbe « Lady Marlene ». L’album est entièrement consacré au déchirement de l’Allemagne coupée en deux par le mur de Berlin.

1978 : Le Chanteur

Son plus grand succès populaire, jusqu’à, sept ans plus tard, « L’Aziza ». Viennent ensuite en 1979 « Face amour face amère » et en 1980 « Un autre monde », vendu à 500 000 exemplaires, et qui propose deux titres majeurs, «Je ne suis pas un héros » et « Mon fils, ma bataille ».

« Un autre monde »

Sur son album “A partir de maintenant”, Johnny Hallyday interprète «Je ne suis pas un héros » qui figure, la même année, sur celui de Balavoine.

A l’époque, la chanson place plutôt inaperçue mais connaîtra une résonnance, à la fin de l’année 90, nul ne pouvant s’empêcher d’y voir une allusion, avec pas mal de provoc’, à la Guerre du Golfe (le titre, à l’époque, sera d’ailleurs interdit de diffusion sur certaines antennes). « Mon fils, ma bataille », quant à lui, est largement inspiré par une histoire de couple qui concernait un ami de Balavoine, mais également suggéré par le film « Kramer contre Kramer » sorti quelques mois auparavant, avec Dustin Hoffman et Meryl Streep Viennent ensuite, en 1982 « Vendeurs de larmes » et en 1983 « Loin des yeux de l'occident »

1985 : « Sauver l'amour », ultime album

Quelques jours seulement avant son accident, Balavoine avait reçu, des mains de Harlem Désir, le “Prix S.O.S. Racisme” pour son ultime 45 tours, "L’Aziza", mot qui signifie “chérie” en arabe. La chanson serait très certainement devenue n°1 du hit-parade avant son retour d'Afrique. Jusqu’alors, le grand public avait choisi "Le Chanteur" (1978) comme plus grand succès de Balavoine. Avec "L’Aziza", dédiée à Corinne, sa compagne juive marocaine, il battit ce record... Mais ce fut aussi son dernier témoignage. Car le Paris-Dakar ne lui a jamais porté chance : il y participe une première fois, en 1983, en tant que co-pilote de Thierry Deschamps sur Datsun. Mais le véhicule tombe rapidement en panne...

Son deuxième “Pa-Dak”, en 1985, il le court avec Jean-Luc Roy ; leur voiture termine 30e après des tas d’incidents. Une troisième et hélas dernière fois, il part pour servir de caution humanitaire à son ami Thierry Sabine. Le 14 janvier 1986, Thierry Sabine en personne, propose à Balavoine un baptême de l’air en hélicoptère. Une tempête de sable fait rage. Les passagers de l’hélico sont condamnés.

Il y a presque 30 ans disparaissait BALAVOINE

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