Les méconnues du 20è siècle : Virginia Hall, l’espionne à la jambe de bois

Publié le par Daniel LESUEUR

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Virginia Hall, l’espionne à la jambe de bois

Klaus Barbie, le Bourreau de Lyon qui avait torturé Jean Moulin, était à sa recherche.

A la fois chef de commando, agent de liaison, opératrice radio, convoyeuse de fonds secrets, elle eut la vie sauve après une périlleuse traversée des Pyrénées à pied.

A pied, sans S : cette jeune et jolie Américaine, amputée à la suite d’un accident de chasse en Turquie en 1932 (elle s’était tiré une balle dans le pied) marchait avec une jambe de bois qu’elle avait baptisée Cuthbert. Le documentariste Thierry Bourcy écrit qu’elle est « une des héroïnes injustement oubliées de la Seconde Guerre mondiale. Casse-cou et dangereusement intelligente », Virginia Hall (1906-1982) usa de six noms de code (Marie Monin, Germaine, Marie de Lyon, Camille et Nicolas) mais les nazis utilisaient un sixième, Artemis, le nom de la Déesse de la chasse. On peut donc en déduire qu’ils savaient parfaitement qui elle était. Sans doute par dérision en réponse à l’ennemi, pour ses dernières missions, elle prit enfin le nom de code Diane, tout aussi évocateur, histoire de dire « Me revoilà ».

Dans sa ville native de Baltimore, elle avait étudié le français, l’allemand et l’italien puis s’était envolée pour la Pologne, ayant trouvé un emploi à l’ambassade américaine de Varsovie, avant de reprendre ses études en Autriche, en Allemagne et en France.

Elle est à Paris lorsque la guerre éclate ; elle propose ses services comme ambulancière puis file à Londres s’enrôler dans la SOE fraîchement constituée (Special Operations Executive, que l’on pourrait traduire par « Direction des opérations spéciales »).

Le Service secret britannique l’expédie à Vichy où elle restera quinze mois sous couverture de correspondante du New York Post avant d’être identifiée par la Gestapo. En novembre 1942, son réseau ayant été infiltré par un agent double au service des Allemands, elle file en Espagne mais prévient le SOE que « Cuthbert » risque de lui causer du tort. Croyant qu’il s’agit, non pas de sa jambe de bois, mais d’un ennemi encombrant, le SOE lui conseille de… s’en débarrasser en l’éliminant !

Elle va poursuivre la lutte quelques mois à Madrid avant de retourner une nouvelle fois à Londres où elle sera en 1943 faite membre de l’Ordre de l’Empire britannique.

En 1944 elle rejoint l’OSS (Bureau des Services stratégiques américains) créé moins de deux ans plus tôt et demande à être renvoyée en France… ce qui posait problème car sa jambe de bois l’empêchait d’être parachutée.

Elle prit place à bord d’une vedette-torpilleur, fut débarquée en Bretagne et reprit la lutte contre l’Occupant.

Fin 1944, elle rejoint Paris, puis Londres avant d'être affectée près de Naples à la préparation d'une mission périlleuse d'infiltration en Autriche, qui sera finalement annulée au dernier moment, le jour de l'armistice, le 8 mai 1945. En 1946 elle est recrutée par la C.I.A. et y restera vingt ans, jusqu’à sa retraite, dont elle jouira paisiblement dans une ferme du Maryland, l’Etat où elle avait vu le jour.

Les méconnues du 20è siècle : Virginia Hall, l’espionne à la jambe de bois
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