Les méconnues du 20è siècle : Jean Harlow (2)

Publié le par Daniel LESUEUR

Elle est morte de n'avoir pas voulu se soigner, à seulement 26 ans...

Juin 1932…

La nuit de noce Jean avait tourné au drame : en découvrant que son mari Paul Bern était affublé d’un sexe de petit enfant, l’actrice la plus sexy de tout Hollywood avait éclaté de dire. On serait humilié à moins, et Bern se mit à frapper violemment sa jeune épouse… Tragique nuit de noce

Cette même nuit, recouverte de morsures et d’ecchymoses (elle avait été frappée très violemment, notamment dans les reins, et c’est des suites des coups reçus qu'elle mourrait cinq ans plus tard), Jean allait se réfugier, hystérique, tremblant et pleurant, chez son impresario. Ce même impresario qui fera tout pour essayer de rabibocher le couple.

Un travail de diplomate, car Jean, à la suite des coups qu’elle avait reçus, était bien décidée à demander le divorce.

Réconciliation sur l’oreiller ? Pas vraiment !

Leur seconde nuit fut plus tragique encore

Paul mit un énorme faux phallus autour de sa taille et commença à faire le pitre, " dansant, faisant la roue "… Jean se mit à rire. Quelques heures plus tard, à l'aube, Paul se suicide, nu dans la salle de bains : baignant dans une mare de sang, il s’était tiré une balle dans la tête. Jean fut suspectée d’avoir assassiné son mari mais put être disculpée grâce au mot d’adieu que lui avait laissé Paul : « " Dearest, unfortunately this is the only way to make good the frightful wrong I have done you and to wipe out my abject humiliation. I love you. Paul;" En gros, Paul explique que son suicide est la seule façon pour lui d’effacer tout le mal qu’il a fait à Jean.

Hélas ce n’est pas le cas, comme on va le voir…

On ne pardonne pas à Jean

Certains, à tort, la jugent responsable du suicide de son mari. Et notamment le grand patron de la MGM, Louis B. Mayer, qui fait réécrire le scénario de son prochain film, « Reckless » (« Imprudente jeunesse », 1935) afin de l’humilier en lui collant le rôle d’une pauvre fille qui a poussé son mari au suicide. Et sa réputation ne s’arrangea pas lorsque Jean se mit à sortir avec un chef de la mafia : on la qualifia alors ouvertement de prostituée.

Elle, elle ne pouvait rien faire pour empêcher son étoile de ternir : Mayer lui avait fait jurer de ne jamais expliquer la cause réelle du suicide de Paul : il avait été un grand ponte de la firme, Mayer ne voulait pas courir le risque qu’on dise que la MGM avait été codirigée par un « pédéraste » (sic).

Les films s’enchaînent

On commence enfin à lui reconnaître un certain talent grâce aux films « La Belle de Saïgon », « Dans tes bras » (avec Clark Gable), « Les Invités de 8 heures ». Et puis elle tombe amoureuse d’un cameraman, Harold Rosson, qu’elle épouse en 1935… Hélas elle divorce rapidement. Enfin elle craque pour un acteur déjà vieux, William Powell, vedette du cinéma muet né en 1892.

Encore et toujours la quête du père qu’elle n’a presque pas connu.

Elle semble enfin heureuse en amour… et son talent enfin reconnu : « La Malle de Singapour » avec Spencer Tracy est une pure réussite.

Retour de manivelle

Après les réussites de 1935, les échecs de 1936 : les trois films tournés cette année-là n’attirent pas grand monde dans les salles obscures. Pourtant elle s’accroche… au point, début 1937, de refuser de se soigner, de s’aliter pour se soigner : pas question de retarder d’un seul jour le tournage de « Personal property » (« Valet de cœur ») et de « Saratoga », à nouveau avec Clark Gable. Mal lui en prend…

Le 4 janvier 1937, elle tombe malade

« Elle contracte la grippe et doit rester au lit jusqu'à la fois du mois de mars. Peu après, les premiers symptômes de la maladie qui va l'emporter apparaissent. Elle refuse de se soigner malgré les conseils des médecins. Elle souffre horriblement, les médecins doivent lui arracher les dents infectées qui la font souffrir » (wikipedia). Malgré son état, elle reprend le tournage de « Saratoga ». Un véritable enfer : l'infection rénale dont elle souffre à la suite des coups que lui avait portés Paul Bern provoque des ravages de plus en plus importants sur sa santé. La douleur est telle qu'elle doit quitter le plateau toutes les dix minutes. Au pire de la douleur… Ce n’est qu’après s’être évanouie dans les bras de Clark Gable durant le tournage, qu’elle consent à se soigner.

Mais c’est trop tard !

D’autant que sa mère, Témoin de Jéhovah, considère que le recours aux médicaments est un péché : selon elle, seules de longues prières peuvent sauver Jean. Elle ne laisse entrer personne dans la chambre de sa fille. Son manager et les médecins la kidnappent Jean est enfin hospitalisée. Peine perdue : elle meurt le 7 juin 1937 d’une crise d’urémie. Son dernier film, inachevé, sortira de manière posthume, un bric-à-brac constitué des scènes déjà filmées.

Les méconnues du 20è siècle : Jean Harlow (2)

Publié dans CINEMA

Commenter cet article