La lamentable épopée de Sid Vicious (1957-1979)

Publié le par Daniel LESUEUR

Pas véritablement talentueux, il a quand même connu son heure de gloire... En particulier dans la rubrique "faits divers".

Certains vilains garçons du rock méritent un peu de compassion : Johnny Cash s’était repenti… Brian Jones était charismatique… Keith Moon était un batteur génial. Il y en a un qui mérite difficilement le pardon, c’est John Simon Ritchie dit Sid Vicious.

« C’est la faute aux parents » diront les débonnaires qui souhaitent ainsi le dédouaner de sa courte et lamentable épopée : il n’a pas connu son père, et sa mère, toxicomane, le laissa, livré à lui-même, traîner dans la rue dès l’âge de huit ans.

Sid Vicious et les Sex Pistols

Certainement le plus “météoritique” de tous les grands groupes de la pop music, les Sex Pistols, maîtres du punk rock, n’ont vraiment existé que 26 mois.

Si leur image est légendaire, leurs tubes se comptent sur les doigts d'une main : "Anarchy in the U.K" et "God Save The Queen", point. Ils sont nés du cerveau fertile et malin du couturier Malcolm McLaren qui les a pourvus de surnoms ad hoc : John Lydon, en raison de sa dentition délabrée, devient Johnny Rotten (Johnny Pourri) et John Simon Ritchie, qui, en 1977, remplace le bassiste Glen Matlock, trop « pop » pour le groupe, sera nommé Sid Vicious.

« Vicious »… pas besoin d’expliquer

Mais Sid ? « Sid » parce que c’est le nom du hamster de Johnny Rotten avec qui Le Vicieux partage un taudis qu’ils présentent comme un appartement. C’est ce type à faciès de hamster qui devient le leader des Pistols après le départ de Johnny Rotten en janvier 1978.

Mais son règne sera de courte durée…

Dès le départ les Sex Pistols sont du grand n’importe quoi. Vivienne Westwood rapporte une anecdote révélatrice : lorsque son mari McLaren cherchait des types pour son groupe, elle lui conseilla de prendre pour chanteur « John, ce type au look destroy qu’on voit tout le temps traîner dans le coin… ».

John…

Dans son esprit, il s’agissait de John Simon Ritchie. Or McLaren comprit de travers et engagea John Lydon. Bref, Sid Vicious aurait dû être leader des Pistols dès le début. A la place, il devint le batteur du groupe Siouxie and the Banshees. Musicien médiocre selon l’avis de tous, quelle importance qu’il soit batteur ou bassiste ?

L’important, c’est qu’il soit réputé comme défenseur de la cause punk, à savoir « Destroy… ! Destroy… ! ».

Notamment en crevant l’œil d’une spectatrice durant un concert. A la suite de quoi il est incarcéré une dizaine de jours et sort de taule aussi célèbre que Johnny Rotten.

Début 1977, Vicious tombe sous la coupe de Nancy Spungen

Cette jeune américaine dépressive est une prostituée droguée, dangereuse pour quiconque s'en approchait. Sid n’était pas un saint, mais son entourage s’accorde à dire que Nancy fut responsable de son addiction à l’héroïne et de son désintérêt au groupe. Ces mêmes témoins parlent carrément d’une « mission suicide »…

Nancy, qui ne voulait pas mourir seule, avait trouvé sa victime consentante.

Dans l’immédiat, le groupe se sépare et Sid entame une carrière en solo. Vêtu d’un T-shirt orné d’une croix gammée, il perpétue l’esprit punk. Il obtient un succès d’estime en reprenant « My Way » dans une version aussi déjantée que celle, tardive, de Nina Hagen. Il participe également à l’enregistrement et au tournage du film et du disque « The Great Rock’n’roll Swindle » (« La Grande Escroquerie du rock’n’roll »), retrouvant pour l’occasion Ronald Biggs, le cerveau du Casse du siècle, à savoir le braquage du train Glasgow-Londres en 1963.

Le 12 octobre 1978, Sid s’éveille dans sa chambre d’hôtel au côté de Nancy qui git dans une mare de sang. Sid est tellement défoncé qu’il ignore si c’est lui qui l’a poignardée à plusieurs reprises. Son manager McLaren paie la caution de 50 000 $ qui lui évite la prison dans l’immédiat. La police conclut à un règlement de comptes entre dealers. Sid emporte le mystère dans la tombe Victime d'overdose dans sa chambre d’hôtel new-yorkaise, il meurt le 2 février 1979, la veille de sa déposition en justice. Même mort, Sid sème le trouble…

Overdose accidentelle, suicide ou… meurtre ?

Peu avant de mourir, la mère de Sid s’accusa d’avoir elle-même administré sciemment à son fils une injection mortelle. Et comme si le mystère de sa mort ne suffisait pas, il existe un mystère sur sa dépouille.

On sait, certes, que Sid fut incinéré. Mais on ne sait pas avec certitude ce que sont devenues ses cendres. Trois hypothèses :

- ses cendres ont été répandues sur la tombe de Nancy

- ses cendres ont été éparpillées par mégarde à l’aéroport d’Heathrow à la descente du vol en provenance de New York

- Malcolm McLaren, toujours à l’affût d’une info qui peut créer le buzz, affirme qu’il a lui-même remis les cendres de Sid à sa mère, dans un bar, et celle-ci, ivre, aura laissé tomber l’urne.

Sid aurait donc définitivement terminé sa carrière dans un bistrot, sous une serpillère

La lamentable épopée de Sid Vicious (1957-1979)
La lamentable épopée de Sid Vicious (1957-1979)

Publié dans musique, PEOPLE

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