Bernard Cazeneuve chantant La Marseillaise... Surréaliste !

Publié le par Daniel LESUEUR

"Aux armes citoyens ".

Le 13 novembre à 10h49, soit douze heures avant les attentats de Paris, le site du Point écrivait (cliquer ICI) : Le ministre de l'Intérieur dévoile un plan en vingt mesures pour lutter contre le trafic d'armes permettant aux enquêteurs d'infiltrer les trafiquants et incitant les "citoyens" à déposer celles cachées sous l'oreiller.

Alors qu'est-ce qu'on fait ? On rend les armes pour obéir à Cazeneuve, ou on les empoigne pour obéir à La Marseillaise ?

Autopsie d'un chant glacial et guerrier

Le 7ème couplet est dit "couplet des enfants". Nos "chères têtes blondes", comme on dit en France, n'ont peut-être pas véritablement besoin qu'on leur rappelle que leurs grands-parents s'étaient, par le passé, affrontés aux "chères têtes blondes" des Aryens.

L'idée de faire chanter La Marseillaise dès le plus jeune âge est paradoxale : raviver le souvenir des conflits des XIXe et XXe siècles, au moment du rapprochement entre ces deux pays si souvent antagonistes. Il serait donc raisonnable, si l'idée dépasse le cap de la "brève de comptoir", de limiter l'apprentissage de la chanson au septième couplet qui donnera un peu d'espoir à ceux qui se considèrent aujourd'hui comme de futurs demandeurs d'emploi :

"Nous entrerons dans la carrière / Quand nos aînés n'y seront plus" ! Et vive la retraite anticipée pour faire de la place : travailler MOINS par solidarité, c'est tout de même mieux que "Travailler plus pour gagner pareil, voire moins".

Naissance de l'hymne

Lorsque la France déclara la guerre à l'Autriche en avril 1792, le maire de Strasbourg, dînant avec un groupe de soldats, se plaignit que notre pays ne disposât point d'un chant reconnu par tous et destiné à exalter les passions. L’un des militaires réunis à sa table fut pressenti pour composer l'hymne qui faisait défaut. Claude Joseph Rouget de Lisle écrivit le Chant de Guerre pour l'Armée du Rhin ; plusieurs milliers d'exemplaires de sa partition furent imprimés à Marseille.

La chanson connut alors un vif succès auprès de bataillons en route pour Paris.

C'est ainsi que leur chant, en arrivant dans la capitale, fut surnommé par les Parisiens le Chant des Marseillais. Il fut interprété pour la première fois pendant la Révolution au Caveau des Aveugles qui, 150 ans plus tard, s'appelait le Milord l'Arsouille, cabaret où Serge Gainsbourg fit ses débuts.

Exaltation des passions ou sentiments xénophobes ?

Le soldat d'outre-Rhin fut, certes, fréquemment l'ennemi à abattre ; aujourd'hui, il est "l'exemple allemand". Mais, justement, en sachant pertinemment de qui il est question, peut-on demander à des enfants de vociférer "Quoi ces cohortes étrangères feraient la loi dans nos foyers" ou encore "qu'un sang impur abreuve nos sillons ?".

Le mot "impur" n'est-il pas... impur, puisqu'il niait le fait que les pauvres gars d'en face, envoyés au front par leur ministres de tutelle, étaient tout aussi persuadés du bien fondé de leur action que les soldats français ?

Bernard Cazeneuve chantant La Marseillaise... Surréaliste !

Publié dans Histoire

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article