Concerts de rock et festivals qui ont mal tourné

Publié le par Daniel LESUEUR

Bien que fort rare, le phénomène ne doit pas pour autant être passé sous silence : les salles de concerts sont parfois des lieux dangereux.

Tout a commencé avec les blousons noirs : à la fin des années 50 et au début des années 60, des bandes de rockers saccagent tout sur leur passage, et principalement les salles de concerts et leurs abords. Puisqu’à l’Olympia on cassait les fauteuils, le plus simple ne consistait-il pas à ne plus mettre de fauteuils dans les salles qui s’apprêtaient à recevoir des hordes de blousons noirs ?

Etape suivante !

Puisque le public fonce les yeux fermés quelles que soient les conditions d'accès à un concert, les organisateurs purent trouver des lieux de plus en plus vastes pour pouvoir entasser, entasser, entasser. Ensuite faire attendre, avant l’ouverture des portes, une masse déjà conditionnée au maximum. Qu’importe qu’une bousculade s’ensuive, comme ce fut le cas fin 1979 à Cincinnati lors d’un concert des Who : onze morts parmi les spectateurs… Ces mêmes Who qui abrutissaient leurs fans avec un volume sonore excessif d’ailleurs homologué par le Guinness (Livres des records) en 1976 : 126 décibels (6 décibels de plus que le seuil de tolérance de l’oreille humaine).

Onze morts à l’issue d’un concert

C’est également le nombre atteint au Maroc, à Rabat, en décembre 2009, au cours d’un festival dont Stevie Wonder était la vedette. Les victimes sont mortes asphyxiées, écrasées contre des barrières disposées dans le stade ; des barrières « de sécurité », on appelle ça. Mais Stevie Wonder n’est pas particulièrement en cause. Tous les styles musicaux peuvent engendrer ce genre de drame : en 1991, à la City University de New York, neuf gamins furent piétinés ou moururent étouffés lors d’un concert de rap mal préparé (pas assez de personnel d’encadrement et une foule trop nombreuse).

David Cassidy

Ce chanteur américain aujourd’hui acteur, né en 1950, fut une immense idole au début des années 1970. N°1 au hit parade au sein du groupe Partridge Family avec la chanson « I think I love you », il se produisit en 1974 en Grande-Bretagne, là où ses admiratrices se comptaient quasiment par millions. A Londres, le 26 mai, les barrières de protection autour de la salle de concert ne résistèrent pas à la pression des fans. 650 furent piétinés par la foule en délire, 30 se retrouvèrent à l’hôpital et une jeune fille de 14 ans en mourut quatre jours plus tard.

A Paris, également…

« On tue aux Abattoirs » titra le mensuel Rock’n’roll musique : on relève un mort fin 1977 en marge d’un concert de Peter Gabriel. Le lieu, certes, s’y prêtait à merveille puisqu’il s’agissait des anciens abattoirs de La Villette. On se souvient encore, en France, de la première venue des Rolling Stones en 1964 : des dizaines d’arrestations après la mise à sac de tout un quartier. Ces mêmes Rolling Stones qui seraient, cinq ans plus tard, involontairement responsables de la première mort violente au cours d’un festival de rock le 6 décembre 1969.

Le rocker est destroy. Et c’est normal : le rock est par essence une musique violente.

A-t-on déjà assisté à des morts violentes durant un concert de musique classique ? Non ! Pendant un concert de rock, oui, comme pour des matches de foot !

A Altamont, précisément, en 1969. Il faut dire qu’il n’était pas bien malin de la part des Stones d’avoir demandé à des hell’s angels (ces « Anges de l’Enfer » sont de violents motards) d’assurer le service d’ordre. D’autant que leur salaire de la peur était effectué en caisses de bière. Les brutes avinées firent régner la peur. Durant la troisième chanson interprétée par les Stones une bagarre éclata dans la foule, à quelques mètres du chanteur. Mick Jagger, qui a tout vu, continue de chanter car sinon ça aurait été l'émeute. Puis, durant "Under my thumb", la bagarre reprend de plus belle. A partir de cette date, « Sympathy for the Devil » sera ôté du tour de chant des Stones pour plusieurs années. Catastrophe avant un concert de Radiohead

Le groupe britannique Radiohead a dû annuler un concert à Toronto après l'effondrement, d'une partie de la scène en plein air où il devait se produire. Une personne a été tuée et trois autres blessées.

Great White

Le groupe fait parler de lui en 2003, à l’occasion d’une tournée de son chanteur Jack Russell, qui utilise le nom Great White ; lors d’un concert, les effets pyrotechniques nécessaires à la prestation provoquent un dramatique incendie causant la mort d’une centaine de personnes dont celle aussi du guitariste du groupe, Ty Longley.

Concerts de rock et festivals qui ont mal tourné
Concerts de rock et festivals qui ont mal tourné

Publié dans PEOPLE, musique

Commenter cet article