Mary Millington, star du X suicidée à moins de 34 ans

Publié le par Daniel LESUEUR

Les Anglais jurent qu’elle fut l’actrice de cinéma pornographique la plus «chaude» des années 70. A l’inverse de ses consœurs américaines Jenna Jameson et Traci Lords qui sont devenues des femmes d’affaires réputées, l’Anglaise Mary Millington, elle, n’a pas eu la force de remonter la pente. La déchéance et puis la mort, jeune, très jeune (30.11.1945-19.08.1979) …

Du gâchis !

Née Mary Ruth Quilter, elle était « née dans une famille fort respectable, mais avait rapidement décidé que cette tare n’allait pas longtemps lui gâcher la vie », expliquait-elle fièrement à l’occasion d’une interview. Mais ça, c’était la légende.

Sa légende…

Elle croyait être née de père inconnu ; en fait, il s’était barré du foyer. Elle aurait pu s’inventer un père mort à la guerre ; elle préféra dire la vérité et le paya dès son plus jeune âge : ses copines de classe se moquaient de la « fille sans papa ». Mary en ressentit une sorte de mépris d’elle-même qu’elle porta durant toute son adolescence. Il n’est pas impossible que ce soit cette espèce de complexe d’infériorité qui la poussa à s’exposer puis à s’exhiber. Et c’est peut-être également l’absence du père qui la poussa à se marier fort jeune, à 18 ans, à un certain Bob Maxted dont elle restera l’épouse (pour l’état civil) jusqu’à sa mort. Mais revenons à ses premiers pas dans la vie active…

Le lycée l’ennuie… tout autant que l’ennuient ses études d’arts plastiques

Etudes qu’elle abandonne pour tenter de devenir vétérinaire. Cette envie de soigner les animaux est de courte durée. Elle devient alors modèle nu et pose dans d'innombrables revues de charme, ce qui ne manque pas d’attirer sur elle l’attention de nombreux hommes. L’un d’entre eux lui propose un job de gérante de magasin, qu’elle accepte, mais qui, financièrement, ne l’enchante guère. Toutefois ce job aura une heureuse conséquence : sortie déjeuner dans la coffee shop la plus proche, elle est abordée par le célèbre photographe de charme John Lindsay qui a immédiatement repéré ses rondeurs

Il devient son amant et va présenter Mary à David Sullivan, le magnat de l’industrie pornographique britannique… qui lui aussi lie avec elle une relation amoureuse. Dès lors, mariée, avec deux amants, elle se sent assez forte pour affronter la caméra, voire se prostituer. Au diable ses vieux complexes, elle arrondit ses fins de mois en tournant dans des petits films X. Elle doit choisir un pseudonyme, ne serait-ce que pour laisser ignorer à son mari sa nouvelle activité.

Au début elle n’a aucun talent d’actrice et ses débuts sont un peu minables ; d'une durée moyenne de douze minutes, ce sont des loops qui tournent en boucle dans les machines de projection des sex shops)

Certains de ces courts métrages obtiennent du succès : en 1970 « Miss Borehole » (« Mademoiselle Trou d’Ennui » !) remporte le Phallus d’Or ; « Sex is my business » en 1974, gros succès également, fut tourné à l’économie, dans le magasin dont Mary était toujours gérante. Son premier long métrage, « Come Play With Me », sort en 1977 (y joue également Anna Bergman, fille d’Ingmar Bergman). Le film connaît un succès ahurissant, au point d’être, après sa sortie en salle, publié sur vidéo en 1979 et aujourd’hui sur DVD. Mais malgré un confortable cachet, Mary a toujours besoin de plus en plus d’argent car elle a plongé dans la drogue.

Les tournages de films X étant à l’époque encore peu nombreux, Mary, pour se payer ses doses quotidiennes d’héroïne, n’hésite pas à coucher avec des clients fortunés (on prétend, sans que cela ait été prouvé, qu’elle fut la maîtresse d’un soir d’Harold Wilson, l’ex-Premier ministre britannique).

Elle exhiba ses seins devant le 10 Downing Street

Pour se débarrasser de cette femme encombrante (comme l’avait été Marilyn Monroe pour John Kennedy), le ministère des finances s'intéresse à son cas, lui réclamant un impôt d’un million de livres sterling. Même si elle avait gagné une telle somme (ce qui reste à prouver) elle l’avait depuis longtemps dépensée. Les réalisateurs de films X, déjà en situation délicate, n’ont pas intérêt à engager cette actrice compromettante.

Ruinée, psychologiquement fragilisée par la drogue et par les menaces (les flics l’avaient coincée dans sa boutique, lui racontant les histoires les plus horribles sur ce qu’il risquait de lui arriver en prison), elle n’est plus qu’une épave réduite à voler dans les magasins.

Après le vol d’un collier, elle est placée en garde à vue le 18 août 1979. Rentrée chez elle la nuit tombée, elle absorbe une dose massive de paracétamol. Au matin, son mari trouvera un mot qui ne laisse aucun doute sur le fait qu’il s’agit d’un suicide :

« La police vient à nouveau de m’arrêter. Ils m’ont fait très peur… Ce nazi de contrôleur des impôts aura eu ma peau »…

Mary Millington, star du X suicidée à moins de 34 ans
Mary Millington, star du X suicidée à moins de 34 ans

Publié dans CINEMA, PEOPLE

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