Les méconnus du 20è siècle : Nikolaï Kobelkoff

Publié le par Daniel LESUEUR

Il est né en Russie en 1851 de parents normaux dont il est le quatorzième enfant, tous ses frères et sœurs étant eux aussi normalement constitués. Nikolaï étant né sans bras ni jambes, ses parents, qui en avaient honte, le cachaient. Dans ce petit village de Sibérie tout le monde aurait pris peur à sa vue. Fort heureusement un maître d’école prit en charge son éducation et lui apprit à lire et à écrire en tenant un crayon entre son torse et un moignon. Bientôt il aurait le plaisir de peindre de la même manière. A dix-huit ans celui qu’on allait surnommer l’Homme-tronc obtint un emploi rémunéré de comptable mais le destin allait bientôt frapper à sa porte : il venait d’avoir vingt ans lorsqu’un directeur de théâtre de Saint Petersburg lui offrit se s’exhiber moyennant finances.

Durant deux ans, le jeune homme va divertir les foules, les étonner par sa dextérité à charger un pistolet ou tenir une aiguille à tricoter, monter ou descendre des escaliers ; une fois même il parvint à entrer et sortir de la cage aux lions.

Il devint bientôt vedette à la renommée internationale, se produisant sur de nombreuses scènes européennes (et, plus tard, américaines, à l’occasion d’une tournée en 1882). A Vienne il fit la connaissance d’Anna Wilfert –on prétend qu’elle lui fut présentée par le roi Albert 1er.

Leur mariage fut rendu public à Budapest en 1875

Pour une fois c’est la mariée qui portait le marié dans ses bras pour passer le seuil de leur demeure. Ils eurent leur premier bébé en juin 1876 et dix autres suivirent ; onze enfants dont six survécurent au moins jusqu’à leur majorité. Mais leur ménage n’était pas des plus calmes. Si l’on ne peut douter de la dévotion d’Anna qui lui restera fidèle jusqu’à sa mort, Nikolai, lui, était d’un caractère violent et frappait son épouse. Il est probable qu’il avait un problème d’alcoolisme. Le cinéma étant un media naissant en pleine expansion, Kobelkoff l’utilisa dans son propre intérêt; rassemblant sa propre troupe d’artistes dès1898 (le court métrage muet simplement intitulé Kobelkoff est toujours visible). D’une nature économe, il eut bientôt suffisamment d’argent pour pouvoir ouvrir un parc d’attractions à Prater en Autriche et y mourut en 1933, riche et en bonne santé.

Les méconnus du 20è siècle : Nikolaï Kobelkoff

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