Les méconnus du 20è siècle : Jack Ruby

Publié le par Daniel LESUEUR

Il fut « l’assassin de l’assassin » de Kennedy.

En 1930, on arrêta à Chicago le jeune Jack Rubenstein (il n'avait que 19 ans), qui organisait, pour le compte de la Mafia, un trafic de partitions musicales copiées illégalement. Il fut condamné à trente jours de prison, peine qu'il accomplit intégralement car, respectant la loi du Milieu, il refusa d'indiquer au juge qui se cachait derrière cette affaire.

Trente-trois ans plus tard, Rubenstein, qui n'a jamais trahi la Mafia, a changé de patronyme ; il se fait désormais appeler Jack Ruby. Il restera célèbre dans l'histoire des Etats-Unis comme l'homme qui abattit Lee Harvey Oswald, le présumé assassin du président Kennedy.

Cinquième enfant d’une famille de huit, Jacob Leon Rubenstein est né à Chicago en 1911. Sa famille est d’origine juive polonaise. C’est un môme turbulent, délinquant précoce : il est pour la première fois arrêté à l’âge de onze ans après avoir été longuement recherché pour absentéisme à l’école.

Comme il préfère gagner du fric facilement plutôt que de se crever à étudier, il est d’abord vendeur à la sauvette sur les champs de course puis agent recruteur pour un syndicat de conducteurs routiers dont le plus célèbre président fut le mafiosi Jimmy Hoffa.

En 1943 Rubenstein est enrôlé dans l’armée de l’air américaine mais il reste rampant ; démobilisé en 1946, il monte une affaire de vente par correspondance avec l’un de ses frères et adopte le nom Ruby de crainte que les clients potentiels rechignent à faire confiance à des Juifs. En parallèle, il prend la gérance de boîtes de nuit où il reçoit et arrose copieusement d’alcool toute la flicaille de Dallas ; ce sont ces liens privilégiés avec la police locale qui lui permettront d’approcher suffisamment près de Lee Harvey Oswald au moment de son transfert, le 24 novembre 1963.

Proche d’Edgar Hoover, lui-même en manche avec la mafia, Ruby était tout désigné pour accomplir la besogne. Ruby tenait également des clubs de strip tease ; dans l’un d’entre eux, il fit la connaissance de sa bonne amie l’effeuilleuse Candy Barr (1935-2005) dont toute la vie fut parsemée d'arrestations, dont certaines d’assez longue durée (cette beauté peu farouche avait débuté sa carrière dans Smart Alec, que l'on qualifie de «tout premier film pornographique underground»).

En 1959 Ruby se rend à Cuba, officiellement pour rencontrer Lewis McWillie, un joueur professionnel associé avec le célèbre chef de la mafia Santo Traficante.

De quoi parlèrent-ils ?

De cartes, jureront-ils. Il n’empêche que le nom de Lewis McWillie apparaîtra quatre ans plus tard dans la liste de ceux soupçonnés d’avoir été impliqués dans l’assassinat de Kennedy : on l’avait vu à Las Vegas en compagnie de Ruby le 17 novembre, soit cinq jours avant l’assassinat du président, et l’on sait qu’à son retour de Vegas, Ruby était bourré de fric en liquide.

Pour quelle tâche McWillie aurait-il grassement payé Ruby ?

On se posa très sérieusement la question en 1964 : certes Ruby était « l’assassin de l’assassin » de Kennedy, mais n’avait-il pas également sa part de responsabilité dans la mort du président ?

Ruby avait été condamné à mort pour le meurtre d’Oswald mais, en appel, il écopa à la place d’une peine d’emprisonnement à vie. Il mourut en prison en 1967 au moment de faire « d’importantes révélations ». Certains pensent qu’on l’a un peu aidé à passer l’arme à gauche.

Les méconnus du 20è siècle : Jack Ruby

Publié dans Histoire

Commenter cet article