Les méconnus du 20è siècle : Claude Louis Delair

Publié le par Daniel LESUEUR

Ce n’est pas sous ce nom que vous trouverez sa trace, mais sous le pseudonyme de Mac Norton.

Ce Lyonnais né en 1876 se rendit célèbre en ingurgitant et dégurgitant des poissons vivants, des tortues, des grenouilles et des couleuvres et, pour faire passer le tout, de phénoménales quantités d’eau d’où son surnom d’Homme-aquarium.

Il exerça cette « profession » toute sa vie ou presque, ne cessant de se produire qu’en 1950, trois ans avant sa mort.

Un numéro qui durait un bon quart d’heure comme le raconte son petit-fils sur le site de l’Université de Napierville (Québec) :

- Ce n'est pas tout d'être en mesure de faire tout cela, mais encore faut il savoir présenter un spectacle agréable, qui marquera les spectateurs. Mon grand-père avait une stature et un charisme évidents. Son numéro durait entre 17 et 20 minutes. Il se faisait apporter par des serveurs habillés en garçons de café une cinquantaine de bocks d'eau (15 litres) qu'il avalait devant les spectateurs. Après quoi il fumait tranquillement une cigarette pour démontrer que tout le liquide avait bien été avalé et ne le dérangeait pas. Il annonçait alors qu'il allait faire "la fontaine" ! Et il expulsait l'eau qu'il venait d'avaler soit en un délicat jet d'eau avec lequel il se lavait les mains ou bien faisait "la douche", l'eau jaillissant alors avec force.

D'un récipient, il retirait cinq grenouilles et six poissons rouges, tous vivants, et, un à un, les avalait. Puis il rallumait une autre cigarette pour bien démontrer que ce geste ne dérangeait pas ces petits animaux. Il les gardait ainsi quelques instants tout en devisant avec le public.

Puis, un à un, dans un ordre bien défini. il les dégurgitait, toujours vivants.

A cet exploit certes déjà curieux il ajoutait la faculté de pouvoir conserver les animaux dans son organisme jusqu’à deux heures durant selon l’animal qui devait pouvoir supporter sa température intérieure : un peu plus pour les grenouilles, un peu moins pour les poissons. Ce « virtuose de l’estomac », loin d’être méprisé par ses contemporains, eut l’honneur de figurer dans un épisode intitulé « L'homme aux Poissons » d’un livre de Colette, « La Paix des bêtes ». Pour d’autres, son activité représentait une forme de cruauté envers les animaux. Pour cette raison, il était interdit de séjour en Amérique du Nord. Dans le reste du monde, son spectacle eut un retentissant succès.

Les méconnus du 20è siècle : Claude Louis Delair

Commenter cet article

Josiane 16/05/2014 22:42

Edifiant article sur ce que certaines personnes peuvent faire... Il démontre bien que l'être humain manque parfois, voir souvent, de jugement: ce n'est peut-être pas de la cruauté, dans la tête de cet homme, à ce moment là. Il veut juste se rendre intéressant... sans réfléchir que les animaux, ainsi plongés dans des sucs digestifs, sont mortellement brûlés et que, bien que régurgités vivants, ils ne s'en remettront pas. Enfin j'ose espérer, qu'il n'en avait pas conscience, mais en fait on peut se poser la question...

JP Delair 06/06/2014 23:39

Bonjour, je suis le petit-fils de Mac-Norton ( celui dont il est fait référence dans l'article, à propos de l'Université de Napierville ,-qui je le signale est une entité virtuelle canadienne créée par leurs auteurs-). Tout ce que l'on trouve actuellement sur Internet concernant mon grand-père provient de ce que j'ai pu en dire, repris çà et là, soit sur des sites et même dans des ouvrages, à ma grande surprise !)
En ce qui concerne la réflexion pertinente de " Josiane", il est certain que Mac-Norton ne fut certainement conscient en départ de sa carrière de comment il pouvait faire ce qu'il faisait. Il le faisait car sans doute prédisposé en une sorte de mérycisme, il y adjoint une forte dose de volonté pour maîtriser son aptitude et en faire un numéro de spectacle; Chose pour laquelle il ne pensait pas en faire sa carrière, mais les circonstances firent que...° Il fut donc examiné par de nombreux professeurs, radiologues etc... et une des choses les plus étranges fut que les sucs gastriques n'agissaient pas sur ses " partenaires" puisque ceux-ci l'accompagnaient dans ces spectacles. Certaines de ces grenouilles, disait-il, l'on "suivit" pendant plusieurs années. Et donc s'en remettaient fort bien. Autrement, comment aurait-il fait pour assurer ces tournées à travers le monde. On ne trouvait certainement pas à cette époque ( entre 1910 et 1950) des marchands de poissons rouges ou de grenouilles à tous les coins de rue. Certes, il se fournissait quai de la mégisserie à Paris pour renouveler son "cheptel", mais ensuite gardaient précieusement ses animaux dans des goujonnières. De plus le volume d'eau ingurgité auparavant devait,j'imagine, diluer les sucs gastriques, si sucs gastriques il y avait.
Ces personnages ont eu le mérite d'exister, d'ébahir des milliers de personnes et d'en faire des spectacles dans les plus grands music-halls du monde pour la plus grande joie de tous.