La cathédrale Notre-Dame d' Anvers

Publié le par Daniel Hubinon

La cathédrale Notre-Dame d' Anvers

Symbole de la ville, merveille de l'architecture gothique, édifice exceptionnel mêlant styles baroque et néo-classique. Description, histoire, anecdotes.

Notre-Dame en chiffres

7 nefs, 125 piliers, 128 baies vitrées, 55 vitraux, 3 tours, celle au nord domine Antwerpen (1) du haut de ses 123 mètres, elle héberge un carillon de 49 cloches, dont la plus imposante "Carolus", datée de 1507, qui pèse 6500 Kg.

Longueur du transept 76 mètres.

Hauteur de la voûte, 43 mètres.

Longueur totale 117 mètres, largeur 65 mètres.

Hauteur intérieure 40 mètres.

Les orgues (du XIXe) comptent 5770 tuyaux et 90 registres.

En théorie elle pourrait accueillir 25 000 personnes, et reçoit environ 300 000 visiteurs par an.

L'entretien de l'édifice coute plus d'un millions €, chaque année.

Généralités

Eglise en forme de croix latine elle est du type spécifique de l'art gothique brabançon avec comme particularités :

La nef ne présente pas de colonnes cylindriques, avec chapiteaux à double rangée de feuilles de chou, mais des piliers complexes constitués de colonnettes qui vont d’un seul mouvement du sol aux voûtes d’ogives.

Les grandes arcades entre le vaisseau central et les bas-côtés, sont exceptionnellement larges.

Le triforium, passage étroit dans les murs au niveau des combles, est ici remplacé par une frise au niveau des grandes arcades.

Le bloc façade, avec trois portails et deux tours comme à la cathédrale de Bruxelles est de style français, mais sans rosaces.

La tour nord est de style gothique flamboyant, une partie du mobilier et des peintures intérieures sont néogothiques, de nombreuses pierres tombales sont intégrées dans le dallage.

Gothique fait penser de suite à : arc en ogive, élan vertical, ouverture à la lumière divine.

Le plus bel exemple en est bien "Onze-Lieve-Vrouw", joyau d'un art qualifié à tord de "barbare", elle fait partie des cinq édifices religieux remarquables de la cité avec Saint-Charles-Borromée, Saint-André, Saint-Jacques et Saint-Paul.

De l'église à la cathédrale

En 1352 les habitants d'Anvers décidèrent de remplacer l'église romane construite en 1124, à la création de la paroisse, par "Onze-Lieve-Vrouw"(2) qui deviendra la plus grande église gothique des Pays-Bas. Erigée entre 1352 et 1521 par : Appelmans (Jean Amel de Boulogne), Van Thienen, et De Waghemakere (entres autres). Bâtie sur un terrain marécageux, les architectes doivent stabiliser les fondations par des centaines de peaux de vaches (technique originale et d'avant garde).

On imagine que la chair des bovidés aura amélioré agréablement la pitance quotidienne des nombreux ouvriers présents dès le début des travaux.

La construction de l'édifice mobilisera des cohortes d'artisans : tailleurs de pierres, charpentiers, sculpteurs, verriers, et une intendance à la mesure du gigantesque chantier.

Des milliers de blocs de pierre (d'environ 1m3 pour un peu moins d'une tonne), seront acheminées par voie terrestre et maritime sur l'Escaut en provenance des carrières de Zottegem (à environ 60 km), et de Lessines, et Maffle, pour la pierre bleue (à plus de 100 km).

Le chœur et la nef datent de 1352, les tours et la flèche, au nord, sont de 1508 à 1518.

A l’apogée de la gloire de la ville, l’empereur Charles V imagina de tripler la taille de Notre Dame, mais en 1533 un incendie dans la nef détruit le plafond et les meubles gothiques, la mégalomanie de l'empereur ne se réalisera jamais.

En 1559, à la naissance du diocèse d’Anvers l'église est consacrée cathédrale.

Vers 1566, lors de révoltes calvinistes l'intérieur sera sérieusement endommagé.

Pendant l'occupation française une partie de l'intérieur est vendue.

Le seul vestige restant du Moyen-Age est le tombeau, en bronze, d'Isabelle de Bourbon.

Elle perd son statut en 1801, à la disparition du diocèse d'Anvers, pour redevenir cathédrale en 1961.

Au XIXe l'édifice sera en partie restauré de son contenu intérieur. De nos jours elle abrite des œuvres remarquables, pierres tombales et peintures dont la fameuse "Descente de croix" de Pieter Paul Rubens.

Anvers, rivale de Bruges

Dès le XIVe la métropole marchande va connaître un essor qui rayonnera dans l'Europe entière.

Son port à l'embouchure du fleuve profitera de l'ensablement du bras de mer qui pénalise l'avant port de la "Venise du Nord", il restera pendant des siècles le plus important du vieux continent, de nos jours il est un des premiers dans le "top ten" mondial.

L'origine du nom de la ville fait référence à la légende d'un géant, Druon Antigone, qui exigeait un droit de passage des bateliers sur "de Schelde" (3).

Aux récalcitrants et mauvais payeurs, il coupait une main avant de la jeter dans le fleuve.

Silvius Brabo, un soldat romain tua Druon, et une main du géant finit elle aussi dans l'Escaut.

Main jetée, en néerlandais se dit "hand werpen" d'ou cette plaisante explication du nom de la ville.

Légende avec un fond de vérité près du "Steen"(4), ancien château fortifié sur la rive droite, on a découvert les vestiges d'une présence romaine au premier siècle.

La réalité est plus étymologique, Antwerpen viendrait plus vraisemblablement de "aan het werpen" qui se traduit par "près de la jetée".

Visite guidée :

http://www.Dekathedraal.be/fr/

(1) Anvers en néerlandais.

(2) Notre Dame en néerlandais.

(3) Escaut en néerlandais.

(4) Het Steen (La pierre, en néerlandais)

Le porche

Le porche

La cathédrale Notre-Dame d' Anvers
La ville

La ville

Tour

Tour

Le "steen" de la légende

Le "steen" de la légende

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