Il y a 30 ans naissait le Top 50

Publié le par Daniel LESUEUR

Durant longtemps le hit-parade le plus populaire auprès du grand public était celui de R.T.L. (diffusé depuis le 3 juillet 1972), présenté chaque jour par le sympathique André Torrent, qui déclarait, en 1979 (Magazine de la Discothèque, N°2) :

"C'est un classement quotidien ; nous recevons chaque jour 6 000 appels téléphoniques, et presque autant de cartes postales. Des sondages indiquent que 2,4 millions d'auditeurs, en moyenne, nous écoutent régulièrement. Certains soirs nous dépassons le cap des 3 millions ; c'est un auditoire très large. Pas du tout celui auquel on serait en droit de s'attendre. Si les jeunes de 12 à 20 ans en constituent la majorité, de nombreuses familles complètes se réunissent pour l'écouter. Il y a, par ailleurs, ceux qui l'écoutent dans leur voiture...et ils sont nombreux à ce moment de la journée".

On a vu ensuite fleurir des revues sobrement nommées Top 50, Hit Parade, Numéro Un ou autre, strictement dévolues à ceux qui connaissent la gloire et les honneurs, le point d'orgue étant LE seul et unique Top 50 officiel présenté à partir de 1984 par Didier Barbelivien (mission prémonitoire pour ce compositeur omniprésent dans les charts) puis par Marc Toesca ; un classement officiel s'avère indispensable, en effet, dès 1981 / 1982, la multiplication des radios dite "libres" puis "locales privées" conduisant inévitablement à la prolifération de hit-parades aussi différents les uns des autres.

Un exemple type : "Si j'étais un homme", par Diane Tell, est indiscutablement le "N°1" du printemps et de l'été 1982 sur N.R.J. alors que le titre n'est même pas parvenu à pénétrer dans le Top 10 d'Europe N°1. En théorie, on ne pouvait pas passer à côté du "Top 50" car il était diffusé à la télévision (6 jours sur 7 sur Canal +), à la radio (6 jours sur 7 sur Europe 1) et dans Télé 7 Jours.

Une institution bien pépère à la fin, qui fut témoin d'un évènement ô combien historique : la disparition du 45 tours, objet aujourd'hui certes obsolète, mais sans qui le hit-parade n'aurait sans doute jamais existé. A partir du mois de mai 1993, donc, on ne tint plus compte que des ventes de CDS (compact disc singles) et des K7S (cassettes audio simples). Parallèlement au "Top 50" qu'on aurait pu estimer unique, puisque "officiel", il exista aussi le "Multitop", orchestré par Radio Monte-Carlo, M6 et la chaîne de disquaires Nuggetts... et, (encore plus fort que le "Top 50"!) diffusé sept jours sur sept par les médias concernés, avec un petit décalage de moins d'une demie-heure par rapport au concurrent ! Toute association n'étant jamais éternelle, on put consulter, en son temps, les "Tubes en Flèche", conjointement proposés par France-Soir Magazine, T.F.1 et les magasins Nuggetts, présentés par Patrick Poivre d'Arvor dans le cadre de l'émission "A la folie pas du tout". Le Top 50 disparut le 2 septembre de la même année, après 462 semaines de bons et loyaux services officialisés par les instituts de sondages IPSOS / NIELSEN.

Depuis, on peut consulter les "Top" établis par Europe 2 et les instituts IFOP, TITE LIVE et SNEP, comprenant un Top 50 singles, un Top 50 albums, et, époque oblige, un Top 25 compils. Pour les gourmands, signalons en outre l'existence des hit-parades établis par l'agence Media Control France consistant en un top discothèques, établi sur un panel de deux cents clubs... un top radios périphériques, établi à partir des renseignements communiqués par France-Inter, Europe 1, R.T.L. et Radio Monte Carlo... et enfin un top radios FM. La synthèse de plus de soixante ans de classements est aujourd’hui visible sur le site www.infodisc.fr.

Il y a 30 ans naissait le Top 50

Publié dans musique, MEDIAS

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article