Happy birthday rock'n'roll

Publié le par Daniel LESUEUR

Ca y est, le rock'n'roll est sexagénaire : "ROCK AROUND THE CLOCK " de Bill Haley a commencé son ascension du hit-parade américain au printemps 1954. Apothéose : il restera trois semaines N°1 en Angleterre en décembre 1955.

1926 : l’anecdote qui décoiffe !

Incroyable mais vrai, l’onomatopée rock du type A wop bop a lu bop, a wop bam boom a été inventée par… Louis Armstrong, et de manière fortuite : il était en train d’enregistrer la chanson « Heebie jeebies » lorsque la partition tomba à terre. Plutôt que d’arrêter la séance pour la reprendre à son début, il préféra improviser, le temps de ramasser la feuille, dans un style qui s’apparente au scat : des sons, des syllabes… qui ne veulent rien dire mais qui swinguent à mort.

Le mot rock’n’roll a été inventé un soir de 1952

Une trouvaille de l'animateur de radio américain Alan Freed. Sans grand mérite, d'ailleurs, puisque les termes "rock" et "roll" étaient déjà utilisés séparément dans des chansons. Origine du mot... et connotations

La formule rock'n'roll jaillit dans la chanson Rock the Joint de Bill Haley and the Comets. Les paroles disent exactement "We're gonna rock, we're gonna roll". Bill Haley se trouvait avec Alan Freed dans une station de radio de Cleveland, dans l'Ohio, et Alan cria "Rock'n'roll everybody" au micro.

C'était parti !

Les coups de fil à la station se mirent à pleuvoir, demandant de repasser ce "disque de rock'n'roll". C'est ainsi que "Rock the Joint" fut joué douze fois de suite, donnant officiellement naissance au rock’n’roll, terme aux connotations coquines que Boris Vian, spécialiste ès-Rock'n'roll traduisait habilement par "braiser" et "brander" ! Toutefois l'hymne du rock'n'roll, c'est "Rock around the clock", du même Bill Haley (dont le nom de groupe, the Comets, est un clin d'oeil à celle de Halley). Le 12 avril 1954... Haley et ses musiciens entrent en studio pour enregistrer ce qui deviendra l'hymne éternel de ce rythme nouveau et révolutionnaire : Rock Around the Clock.

Le succès, néanmoins, n'est pas au rendez-vous

Le rock'n'roll est soupçonné de participer à un vaste complot communiste visant à déstabiliser le régime et dégrader la morale avec sa musique décadente. Cette inquiétude envers les bonnes mœurs est tout à fait dans l'air du temps. Guerre planétaire autour du rock'n'roll Au même moment, l'Union soviétique et ses voisins communistes se ferment au rock'n'roll, considéré par le pouvoir comme musique de dépravés (alors que les jeunes tentent désespérement d'écouter les stations de radio occidentales pour s'en abreuver). Chez eux aussi, le rock semble destiné à corrompre la société.

Elvis Presley / Bill Haley, même combat

Aux Etats-Unis, il faut attendre 1955 pour que la chanson Rock Around the Clock accroche réellement le grand public. Durant quelques mois Bill Haley est plus célèbre qu'Elvis lui-même, grâce à son apparition au sein de la bande sonore du film de Richard Brooks : Blackboard Jungle (Graine de violence). Une scène est hautement symbolique : un professeur voit sa collection de disques rares de swing et de jazz totalement massacrée par des adolescents qui méprisent ces musiques de vieux.

La querelle des Modernes et des Anciens !

Quelle qu'en fût le résultat, le rock, de toute façon, n'avait pas encore totalement gagné sa croisade : certains artistes restaient au ban de la société. Car dans les années 50, certains Etats américains étaient encore ouvertement racistes et les disques d’interprètes noirs ne parvenaient pas dans les bacs des disquaires. Artiste noir... et de surcroît homosexuel, le premier visé était Little Richard, dont les versions de ses deux plus énormes succès, Tutti Frutti et Long Tall Sally, ne furent connues que bien plus tard : pendant de longs mois, on ne pouvait trouver, sur disque ou à la radio, que celles du chanteur blanc Pat Boone.

Et chez nous ?

En France aussi, la pilule eut du mal à passer, au moins au début : les médias firent rapidement l'amalgame entre rock'n'roll et Blousons noirs. D'autres, comme Henri Salvador et Boris Vian, tous deux fous de jazz, prirent le sujet à la rigolade. En fin de compte, la grande réconciliation fut organisée par Daniel Filipacchi qui appréciait les deux rythmes : avec l'arrivée, en 1959, de l'émission Salut les copains, on parlera bientôt de yéyés... nettement plus acceptables, socialement parlant, depuis l'avènement des Beatles en 1963. C’est d’ailleurs un ex-Beatles qui fera pénétrer officiellement le rock de l’autre côté du Mur de Berlin.

Culturellement, l'Est et l'Ouest se réconcilieront en 1987

Capitalistes et communistes se détestaient... mais ils détestaient encore plus le rock, chacun accusant l'autre d'être à l'origine de cette musique de dégénérés ! Le conflit culturel prit fin avec la publication en 1987 de l'album CHOBA B CCCP de Paul McCartney, l'ex-Beatle. Strictement destiné aux pays du monde communiste, l'album était constitué d'une bonne douzaine de standards du rock'n'roll des années 50. Symbole de réconciliation ou de revanche ? Pendant des mois, les jeunes occidentaux payèrent à prix d'or ce 33 tours qu'ils eurent un mal fou à trouver tant que n'était pas tombé le mur de Berlin !

Happy birthday rock'n'roll

Publié dans musique

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