Faut-il souhaiter la disparition de nombreux médias audio-visuels?

Publié le par Daniel LESUEUR

Suis-je le seul, lorsqu'il branche son récepteur (télé, radio et maintenant internet) à tomber systématiquement sur un interminable écran de publicité et non sur le programme attendu ? "Non, nous écrit Jean-Louis, moi quand je regarde Touche pas à mon poste, j'ai l'impression de regarder des pubs interrompues par des bouts d'émission !"

Les recettes publicitaires des médias français ont continué à décroître au premier trimestre, avec un repli de 4,5%, a indiqué l'Institut de recherches et d'études publicitaires (Irep) qui maintient sa prévision de recul du marché de 1,5% sur l'année. Ces recettes publicitaires nettes (hors internet) se sont établies à 2,087 milliards d'euros, soit une baisse de 4,5% sur un an, moins marquée que celle de 9% observée au premier trimestre 2013. Mais quand même, le cumul des deux est énorme.

NRJ Group a annoncé un chiffre d'affaires en baisse de plus de 12% au 1er trimestre 2014.

Au premier trimestre 2014, Lagardère a vu son chiffre d'affaires reculer de 6,2%

M6 : Le groupe de télévision invoque un contexte économique toujours difficile et affiche un repli de 2% de son chiffre d'affaires publicitaire.

Pourquoi ?

C'est un cercle vicieux : plus il y a de médias, plus la recherche de pub' s'avère difficile, et plus les dits médias seront enclins à casser les prix. En Italie, certaines radios de quartier échangent un encart publicitaire contre des pizzas !

Moins les encarts publicitaires sont chers et plus il y en a.

Plus il y en a et plus l'auditeur est dérangé.

Plus l'auditeur est dérangé et plus il se détourne des médias...

Plus l'auditeur se détourne, et moins le média aura d'annonceurs.

En clair, à vouloir PLUS de pub, les médias en auront moins... et vont en crever. C'est, d'ailleurs, ce que doivent souhaiter la plupart d'entre eux : plus il y a de radios et de télés et plus la part de chacun du gâteau publicitaire s'amenuise.

Les subventions

Dans les années 80, tout le monde montait une radio. Les plus nuls, conscients qu'ils plongeraient à brève échéance, optèrent pour la version "bouée de sauvetage pour ceux qui se noient" : la subvention. Sans talent et sans moyens, les radios associatives vivent sans le mériter des deniers publics et leurs directeurs espèrent aller jusqu'à la retraite dans un pays en faillite, dixit Fillon. Ces radios proposent, comme des andouilles, du sous-NRJ, du sous-FUN, du sous-RMC. Le public a-t-il besoin de sous-produits lorsqu'il a accès directement à NRJ, FUN, RMC ?

Ce n'est pas de la radio...

Il y a une quinzaine d'années, une station (RTL 2 si mon souvenir est bon, avait choisi pour slogan "Ce n'est pas de la radio, c'est de la musique". Aujourd'hui de nombreuses stations pourraient dire "Ce n'est pas de la radio, c'est de la publicité entrelardée de musique". Comment peuvent-elles avoir perdu de vue que pour fidéliser le lecteur, l'auditeur ou le téléspectateur, il faut avant tout un contenu original et de qualité. Et, de surcroît pour les chaînes de télé, respecter les horaires. Le Canard enchaîné n'a pas de pub, Arte en a très peu mais leurs qualités respectives leur assurent réussite. Au contraire, lorsque, par miracle ou par erreur, France 3, le dimanche soir tard, diffuse un bon film, il ne faut surtout pas risquer de le regarder en direct ; il faut régler son magnétoscope et prévoir que le film peut commencer et se terminer avec jusqu'à une heure de non-respect du contribuable (ce sont nos sous qui paient, via la redevance).

Emplois fictifs ?

France 4 a-t-elle des salariés alors que cette chaîne est la poubelle du service public ? On parle beaucoup du recyclage des déchets. France 4 le pratique, en diffusant à profusion des séries étrangères et les pires cochonneries déjà hyper-rediffusées du service public français. L'existence d'une chaîne de rediffusion de rebuts est-elle justifiée à une époque où la plupart des téléspectateurs possède un magnétoscope ou internet (podcast, VOD, etc.) ? France 4, détournement de fonds publics ?

Boycott

Pourquoi s'énerver devant un écran de télé ou derrière un "transistor" alors que sur internet il existe 15 000 radios gratuites, sans publicité, dont plusieurs correspondent aux souhaits de chacun ? Il suffit de chercher...

Contrairement à la presse papier dont on peut tourner les pages sans les regarder, la radio et la télé nous imposent les publicités. Il faut être maso pour continuer à les suivre !

Beaucoup de radios et de télévisions vont mourir : "C'est bien fait!", pourrait-on presque dire. A vouloir jouer la carte du profit, elles ne s'intéressent plus qu'à l'annonceur, et méprisent totalement l'auditeur ou le téléspectateur. Qui les regrettera ? PERSONNE !

Faut-il souhaiter la disparition de nombreux médias audio-visuels?

Publié dans MEDIAS, Société et modes

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